CHAPITRE III
Lft Seigneurie de la Lye à Boubeeque. — ïttiire et momiioe de oe flef. — Hention de oheTilien du Bom de la Lys aux Zn« et Zin« sièdee. — Les Seigneuries de Bonsbeoqne et de la Lys apiMitlennent snoeessiTement aox funilles de la Pontenerie et de Eingettes. ^ Le flef de Bnme à Bonsbeeqne.
Le fief de la Lys, en Flamand « de Leye » à Bousbecque, tenu de la seigneurie de la Croix, en Wervicq, à la charge de plein relief de dix livres parisis de cambrelaige, à la mort de Théritier, et du dixième denier à la Tente, don ou transport, contenait 21 bonniers environ, comprenant demeure seigneuriale, motte, maisons, prés, bois, eaux et terres labourables.
Son revenu féodal consistait en : V XIII sous de rentes justiciables par an, un chapon et une corvée ; 2^ Deux montées venant hors de la Lys, vers le bosquet et la cour du seigneur, avec le droit d^y pêcher et d'y fiedre pêcher avec tels instruments qu'il lui plaît ; 3® Le droit de pêche, en ladite rivière, aussi loin que s'étend ce fief, et sur une burgeur de huit pieds, dans la Lys ; 4^ Enfin, le droit de moudre le premier, avant tout autre, au moulin du Prince, à Menin.
Les seigneurs de la Lys, à cause de ce fief, avaient droit de justice et de prison. Us pouvaient commettre un bailly et emprunter au bailly de Wervicq ou à son lieutenant, ses sergents et échevins, afin de faire œuvre de loi, quand ils en seraient requis; il leur revenait le double relief à
la mort, le dixième denier à la vente, Tavoir de bâtard et Textrayer, et Tamende de trois livres parisis et en-dessous. (1)
Nous trouvons les noms de plusieurs seigneurs de la Lys dans une charte de 1135, par laquelle Théoderic, comte de Flandre, confirme certaines donations à l'Abbaye d'Afileghem. Parmi les témoins, qui y ont apposés leur scel, nous voyons les noms de Godefroid de la Lys et de son frère Bauduin. (2)
Dans une charte de Poperinghe de 1138, Thierry d'Alsace, pour le salut de son âme et de celle de ses parents, accorde la mutation de terres, dépendantes de son fief, faite entre les religieux de Bas-Warnêton et Bauduin de Comines. Parmi les témoins mentionnés dans cet act«, nous trouvons : BoU dinm de Leia, Evcrand de la Lys et Hugues son frère. (3)
En 1190, Bauduin de Comines et Beatrix son épouse, exemptent les religieuses de Nonnebossche, à Ypres, de tout droit de tonlieu à Comines. Nous y trouvons, entre autres témoins, les noms de Bauduin de Wartenbecke, Gillebert son frère, Adam de Wennehin et William de la Lys {de Leyé). (4)
En 1199, Balduinus de Lisa signe une charte, par laquelle le comte Bauduin IX, et sa femme, ratifient la vente faite par Radulf de Passchendaele, en faveur de leur chapelain, de 28 rasières de Blé : (5) et en 1207, une charte de Philippe, comte de Namur, approuvant la donation d'un fief, à Waereghem, faite par Olivier Manghevaen, à l'église de Haerlebeke. (0)
(1) Archives du département du Nord. — Dénombrements.
(2) Duchesnesp maison de Gand, preuves, page 72.
(3) D'hoop, chartes de Poperinghe, no 15.
(4) Sandenis, Flandria lUustrata, 2* édition, tome 11 page 315.
(5) Annalss de la société d'émulation do Bruges, tomç XXVII, p. 32.
(6) Archives de Haerlebeke. tome 2, série II,
Un acte de vente de Fabbaye de Wevelghem, qui était encore alors à Moorseele, par JSîÂStache Van der Leye et Aley^ sa femme, d'un fief situé à Wevelghem, de la contenance de 21 bonniers et demi, ainsi que du droit de pêche dans la Lys, dans retendue de ce fief, est confirmé par le comte Thomas, en 1241, et certifié par Tofficial de Tournai en 1253. (1)
Nous lisons le nom de William de la Lys, chevalier^ dans une charte de 1237, par laquelle la comtesse Beatrix déboute de ses prétentions Wulkins Donnars, se prétendant héritier dW fief situé à Courtrai, vendu trente ans auparavant, par son père, Guillaume, à Tabbaye de Groeninghe. (2)
Des extraits (3) d'un registre « aux comparants, » conservé autrefois dans les archives de Lille, mentionnent en 1298, William de la Lys, sire de BousheTîe, fitis monseigneur William de la Lis Ici fu sire de BousleTce. Ce William de la Lys, fils de William est cité aux livres de la chambre des comptes, à cause de certains contrats, passés devant les échevins de Lille, en 1301, pour achats faits à Maroie Destailleurs et à Badoux dou Casteel.
« L'an de grâce MCCG quarante et wyt, le Mardi après le jour de Saint André apostele » Louis de Mâle se rapprocha du parti des communes, dont Henri de Flandre, seigneur de Ninove, était le plus illustre chef, et il accorda son approbation, plus ou moins sincère, à une négociation, qui devait, grâce à l'appui du roi d'Angleterre, rendre à la Flandre, ses anciennes frontières,
Le document le plus important qui le rappelle est le traité de Dunkerque, du 4 Décembre 1348, publié par Rymer. Nous trouvons parmi les pièces qui se rapportent à cette période,
(1) Gartulaire de Wevelghem.
(2) Cartulaire de Tabbaye de Groeninghe, page 32.
(3) Bibliothèque de Lille — fonds Godefrov.
les pouvoirs donnés par « les advoeit, eschevin et conselgnexirs, doyen, capitain et toute la communalté de la ville dTpres n aux dix députés qui allaient traiter, avec les comtes de Lancastre et de Suffolk et avec Gauthier de Mauny, « afin de sauver eu tous poins toutes nos franchises, liberteis, coustumes et usages, nos vies, membres pais et avoir. » Parmi ces dix délégués figurent les personnages les plus notables du pays, à cette époque, et nous y trouvons le nom de Jehan de la Lys, (1)
Les privilèges de la draperie de Bousbecque, en 1352, ont été obtenus à la demande de Marie de la Lys, dame de Bousbecque, veuve de Monseigneur de la Pontenerie, chevalier. La seigneurie de Bousbecque était donc dévolue, par alliance, au milieu du XIV® siècle dans la famille de Pontelerie ou Pontenerie dit de la Lys. (2)
William (Guillaume) de la Pontenerie de son mariage avec Marie de la Lys, eut trois enfants :
V Guillaume de la Pontenerie dit de la Lys qui fit rapport de la seigneurie de Bousbecque le 6 Mars 1372 ;
2^ Jeanne de la Pontenerie dit de la Lys, épouse de Guillaume de Courteville, Ecuyer, avec lequel elle demeurait à Steenworde.
(1) Œuvres de Froiasart. — Edition Kervyn de Lettenhove. — Pièces justificatÎTes, tome XVIII page 318.
(2) La Pontenerie^ fief tenu des seigneurs de Roubaix, k causa de leur seigneurie de Wasquehal, en justice vicozntière et à dix livres de relief, comprenait en manoir, maison de plaisance, censé, jardin, fosses, rejets, prés, pâturages et terres labourables 26 bonniers 525 verges ou environ. Son revenu féodal consistait en 6 havots 3 quareaux de froment, 3 havots et demi quarel d*avoine, cinq chapons, une poule, 62 sous 8 deniers en argent, et sept hommages.
Jacques de la Pontenerie, chevalier, figure à cette époque (1350) parmi les gentilhommes qui s*élèvent contre le droit barbare d'Ârsin, dont jouissaient les bourgeois de Lille. — La Pontenerie portait : € D'or au chef d*asur, à la bande de gueules chargée de trois fleurs de Lys d^argent brochant sur le tout, > (Histoire de« seigneurs de Roubaix par Th. Leuridan).
3° Marie de la Pontenerie dit de la Lys, qai fit rapport de la seignenrie de Bonsbecqne le 1^ Mars 1389, sous le nom de Marie de la Pontelerie. Elle épousa Bauduin de Hingettes ou Ingette d^une très noble famille de Flandre, et Ini apporta la seigneurie de Bousbecque, à la condition de signer: « Hingettes dit de la Lys. » (1)
Leur fils, Jehan de Hingettes, dit de la Lys, Eouyer, seigneur de Bousbecque, fait rapport du fief de Smne en Bousbecque le 28 Août 1447, comme «< hiretier « et au nom de « demoiselle Jehahne de la Pontenerie, sa tante, Tefve de feu William Courtewille, viagère dudit fief, n (2) U épousa Marie d'Halluin dite de Lichtervelde, sœur de Jacques, veuve de William de Merséant, sieur Delcour, à Linselles, « fille bâtarde de Gérard de Halewin s^ de Liihervelde. » (3) Jean de Hingette mourut en 1466 : Il git avec sa femme au chœur de Téglise de Bousbecque. (4) Adrienne de Hingettes dit de la Lys, leur fille unique, eut de sa tante Jeanne de la Pontenerie, veuve de William de Courtewille, les seigneuries de Rume et de Belcamp, à Bousbecque et de Durement à Halluin. En rapportant cette donation, les registres de la chambre des comptes de la ville de Lille portent les mentions suivantes :
« Donation n Bhume à Boussebecque, — Jean de Hingette dit de Rodes, pour avoir paiement de la somme de 2500 écus d^or, dont son fief de Rhume était chargé, envers demoiselle Jeanne de la Pontenerie, sa tante, femme de Guillaume de Courtewille, Escuyer, qui furent donnez à ycelle damoiselle, au traité de son mariage, par William de la Pontenerie, son père, n
(1) Archives du département du Noixl. — Recueil de notes historiques attribué à Ferdinand de Maubus.
(2) Archives du département du Nord. — Dénombrements.
(3) Manuscrit de Marius Voet, à la bibliothèque royale de Bruxelles « fonds Gœthals, n» 735, folio 96.
(4) Archives du département du Nord. *- Becneil de notes histo^ riques attribué à Ferdinand de Maubu».
« De Jean de la Lys et damoiselle Jeanne de la Lys, sa tante, pour la donation faite à damoiselle Adrienne de la Lys, leur fille et nièce, et seule héritière, le fief de Rumes gisant à Bousbecque moyennant double relief de 20 livres, n (1)
Le fief de Rnme, (2) tenu de la salle de Lille a dix livres de relief à la mort, et à justice de vicomte, comprenait « panny le cimentière là où Téglise dudit Bou^sebecque est assize, la place, et en prez, bois, yauwes, hayes, régies et terres ahanables, quinze bonniers de hiretage ou environ, joignant tout ensemble, et tenant à la Lys. » (3)
Par son mariage avec Gilles Ghiselin, Adrienne de Hingettes dit de la Lys apporta la seigneurie de Bousbecque dans cette noble et illustre famille dont les membres, seigneurs de Bousbecque se sont distingués par de signalés services envers leurs souverains pendant les XV® et XVP siècles.
L'écu de Hingettes porte: « D'argent au chevron de gueules, chargé en pointe d'un écusson de gueules au lion d'argent, Vécu brisé en chef cTun lafnbel à trois pendants d'azur, » Ce blason est reproduit par Corneille Gaillard, héraut d'armes de Charles-Quint, dans son remarquable travail de 1557.
(1) Archives de la ville de Lille. — Mém. de la bibl. Godefroy.
(2) Diaprés les intéressantes études de M. Ghottln sur Tétymologie des noms des viUes et des villages de notre pays, Rume veut dire brotissailles, lieu inculte, désert. Devons-nous en conclure que la partie de notre territoire, qui formait le fief de Rume, était la moins productive, et qn*elle ne fut cultivée que longtemps après les autres seigneuries de la paroisse, dont elle devait former une des parties principales, comprenant Téglise et la place?
(3) Archives du département du Nord. — pénombrements.
On voit, d*après ces renseignements, que la paroisse de Bonsbeoque n a pas pris le nom du fief où Téglise a été établie. Le fiait s*est présenté plusieurs fois, dans la châtellenie de Lille, notanmient à Maroq-en-barœul et à Annappes.
A compter de cette époque nous trouvons toujours, dans les pièces officielles, les dénombrements et les plaids généraux, les noms de Rume et de Bousbecque unis, conmie s'ils ne formaient qu'une seule seigneurie, appelée: Bume en Bou^ecqu€j Rume dit Bùushecque et Rume ou Bou^ecque. Ce n'est qu'à la Un du XVII® siècle, que le mot Rume cesse d'être joint à celui de Bousbecque, piour en désigner le fief, le village ou la baronnie.