‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 2 sur 63 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Introduction.

ans des tems très-reculés, avant l'invasion des Romains, Bruine (Bibrax) faisait parlic du nord de la Gaule, appelée Gaule belgique. Pour servir d'introduction à l'histoire de cette ville, qui a* tenu une place importante sous les rois de la première race, nous allons parler des

mœurs et coutumes de ce pays, dont une portion seulement fait partie de la France actuelle.

La Gaule belgique, qui, du teins de César, était comprise entre l'Océan, le Hbin, la Marne et la Seine, fut primitivement envahie par la mer, qui la recouvrait presque entièrement. Les bancs de sable et les coquilles marines qui se présentent constamment, nous indiquent (pie les eaux séjournèrent long-tems dans les terres que nous labourons aujourd'hui. Plusieurs personnes ont .il Iri hué au déluge tous ces objets pélritiés que l'on rencontre presque à chaque pas; mais il est impossible qu'un déluge momentané, eùt-il duré plusieurs années, puisse donner raison de tous ces phénomènes élonnans que nous offre le sein de la terre.

Bel ou Belus, Hls de Chus, donna son nom à la Belgique, qui le regardait comme un dieu et l'adorait sous l'emblème du veau d'or. Des colonies grecques étant venues habiter ce pays, il se forma une religion mixte, dont les prêtres furent appelés Druides. Ces prêtres gouvernèrent la Belgique pendant plusieurs siècles. 11 y avait un collège de druides, dont le chef portait le litre «le souverain. Sa place était héréditaire : le fds aîné succédait à son père, et portait de môme le titre de roi. Ce collège était formé à l'instar des corporations religieuses. On s'y présentait comme postulant à la candidature, puis pour recevoir les grades, et être initié aux mystères d'Apollon Belenus et Mythra, qu'ils adoraient, il fallait

su ppor 1er des épreuves pénibles, telles que la faim, la soif, la nudité, le feu, le froid, etc., etc.

Pendant la consécration , le souverain druide était vêtu d'un habit long, large et resserré sur le corps par une ceinture. On lui posait sur la tête un bonnet à cornes qui pendaient parallèlement à ses oreilles. 11 portait au doigt un anneau orné de pierreries, et l'on croit qu'il avait des sonnettes au bas de sa robe.

Les doctrines des Belges reconnaissaient pour principe fondamental un dieu suprême et des dieux subalternes. Hs croyaient à l'immortalité de l'ame et à la métempsycose. Les prêtres jouissaient de toutes sortes de prérogatives. Ils étaient exempts de charges et de contributions. On avait pour eux^un très-grand respect. Tous ces avantages augmentèrent beaucoup le nombre des candidats. L'autorité des druides était telle qu'on ne pouvait élire de magistrats ni tenir d'assemblées sans eux. Us étaient juges de presque toutes les controverses publiques ou particulières, civiles ou religieuses.

La cérémonie la plus sacrée de leur religion était la récolle du gui de chêne. Us regardaient celte production comme un don de Dieu. Quand ils avaient découvert le gui , les druides allaient le cueillir avec le plus grand respect. Ils préparaient sous l'arbre tout l'appareil d'un sacrifice : ils amenaient deux taureaux blancs, qu'ils immolaient; ensuite le prêtre, revêtu d une robe blanche, monlait sur le chêne, et coupait le gui avec une faucille d'or.

10 HISTOIRE DE BKAINE

Outre cette cérémonie, il y avait de grandes célébralions qui se faisaient ordinairement la nuit, et à la lueur des flambeaux , pour donner un aspect plus lugubre à ce spectacle imposant, et dans lesquelles on immolait des victimes humaines : sacrifices barbares et cruels qui servaient, suivant eux, à préserver le pays des dangers qui pouvaient le menacer. Les victimes étaient prises parmi les criminels, et, s'il ne se trouvait pas de condamnés, on prenait des captifs de guerre; à défaut de ces derniers, le sang innocent était répandu.

Quant à leurs mœurs et à leur caractère, les Belges étaient superstitieux, légers, querelleurs, mais braves et hospitaliers. Ils ne connurent la culture de la terre qu'après l'invasion des Romains. Ils trouvaient leur nourriture dans les produits de leur pêche et de leur chasse. L'hydromel ou la bière, qu'ils appelaient zytus, était leur boisson. La culture de la vigne était alors inconnue.

Les pères de famille avaient droit de vie et de mort sur leurs femmes et sur leurs enfans; mais leur tendresse conjugale et paternelle mettait un frein à cette puissance.

Dans l'origine, les Belges allaient presque nus; leurs seuls vètemens étaient des peaux à longs poils qu'ils attachaient sur leur poitrine, et qu'ils appelaient Une. Plus tard, ils empruntèrent la fabrication des étoffes aux Méridionaux, et ils se firent des espèces de tuniques qui descendaient jusqu'aux genoux, el qui ressemblaient

beaucoup aux blouses que l'on porte dans les campagnes.

On distinguait les différentes classes de citoyens par la variété de leurs vêtemens. Le peuple se couvrait de peaux, comme nous venons de le dire; les nobles avaient des tuniques sur lesquelles étaient des bandes verticales de diverses couleurs; les druides avaient des vétemens blancs qui descendaient presque à terre. Quant aux bardes*, ils portaient des tuniques de couleur brune.

Les Beiges avaient pour coiffure des bonnets longs et pointus. Leur chaussure consistait en des semelles de bois flxées à leurs pieds avec des courroies. Les nobles, les chefs militaires et les druides se distinguaient par de longues barbes, des colliers et des boucles en or.

Plus tard, les Romains, n'admettant point dans leur religion des rites contraires à leurs principes, expulsèrent les druides, qui étaient établis depuis long-tems dans les Gaules, et y propagèrent leur religion, dont nous parlerons dans un de nos chapitres suivans.

* Les bardes étaient une classe de citoyens, en assez grand nombre, qui composaient des hymnes qu'ils publiaient eux-mêmes , en les chantant pour célébrer le? actions héroïques.

Page 1