CHAPITRE XX
Robert et Agite» de Bruine.
mmédiatement après son mariage avec Agnès de Braine, veuve du eomle Milon, Robert 1 er prit les litres de comte de Dreux et de seigneur de Braine. Ce prince qui , par son alliance avec Agnès, était devenu héritier des immenses domaines de Braine, n'imita pas ses prédécesseurs à l'égard des monastères et des églises. Il chercha, au contraire, tous les moyens d'agrandir ses riches possessions, au préjudice même des communautés religieuses qui environnaient son château do Braine. De tous les moines de ces communautés, ceux de Coincv seulement osèrent lui résister. D'abord ils se récrièrent
contre lui, puis ils portèrent plainte à Rome. Le pape, voyant que Kobert ne voulait rien restituer des biens qu'il avait spoliés, résolut de l'excommunier.
Cependant le seigneur de Braine , se voyant frappé d'anathème, revint à des sentimens plus équitables. 11 offrit à l'évèquc de Soissons, Ancoul de Pierrefonds, de restituer les biens dont il s'était emparé,' si toutefois on le déchargeait de l'excommunication. L'éveque ayant accédé à cette proposition, Robert exécuta immédiatement cette restitution, qui fut rendue publique par un édit de 1158.
Robert lit peu d'actes dignes de remarque à Braine. 11 fonda, en 1479, dans l'église de Saint-Yved, quelques prières pour le repos de l'ame de son frère, le prince Henri , archevêque de Reims. L'acte de la fondation indique qu'elle a été faite du consentement d'Agnès, son épouse, de Guillaume, son fils aîné, et de ses autres enfans.
En 4180, le comte Robert donna à la ville de Dreux une charte de commune et de franchise commençant ainsi : « Robert, par la patience de Dieu, comte de Dreux et de Braine....» Quatre ans plus tard, il maria son lils aîné avec Yolande de Coucy, et lui céda ses domaines de Dreux. C'est en cette année (1184) qu'il adopta les armes d'Agnès, sa femme, et garda seulement le titre de comte de Braine. Ces armes, dont nous donnerons plus loin une copie fidèle, étaient échiquetées d'or et d'azur, à ta bordure de gueules.