‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 39 sur 63 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Braine ioui le comte Charles-Robert

de la Marc II.

près la mort de Robert IV de la Marck, Charles-Robert , son second (ils, eut en partage le comté de Braine. Ce seigneur, qui avait été nommé capitaine des Cent- Suisse3 de la garde , fut blessé grièvement au siège de Rouen (1562). Il assista à l'entrée solennelle du roi Charles IX dans Paris (1571). Deux ans après, il combattit au siège de La Rochelle. 11 fut créé chevalier des ordres le 31 décembre 1578, et prit le titre de duc de Bouillon après la mort de sa nièce , Charlotte de la Marck. Quelques années plus lard, des gens sans aveu , tant de

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la religion prétendue réformée que quelques compagnies de misérables habitans du faubourg Saint-Demi de Draine, pillèrent celte ville et y commirent d'autres atrocités tandis que les habitans paisibles assistaient au service divin. Le comte, indigné de ces dévastations, sollicita le roi Henri 111 de lui permettre, par une lettrepatente, de faire entourer le faubourg Saint-Remi d'un large fossé et d'une haute muraille. Celte lettre ne se fit pas attendre; elle fut écrite sur parchemin, et avait un sceau attaché par un double lac de soie verte et cramoisie. En voici le texte :

« Henry , par la grâce de Dieu , roi de France et de » Pologne, à tous présens et à venir; salut.

» Nos chers et bien amés les manans habitans de. la • ville et faulxbourg Sainet-Remy de Draine , nous ont fait » remonstrer que l'église parochialle de ladite ville est » assise audit faulxbourg, et que tandis qu'ils sont à » leur messe de paroisse et service divin, les portes de la- » dite ville demeurent ouvertes, occasion pourquoi ils » sont non-seulement en danger d'estre surprins, tant » de ceux de la religion prétendue reformée, que des gens » de grand et autres personnes tenant les champs, le » plus souvent sans adveu, mais d'être tués, pillés, et » passer par la rigueur de tels gens, même des compai- » gnies qui logent audit faulxbourg, qui vivent à discré- >» lion, mangent et dissipent le bien substance des habi-

ET DE 8KS ENVIRONS

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» tans d'icelluy sans rien payer ; et si par divers fois la-

- dite Eglise a souffert plusieurs ruines et desgats,poures-

• tre hors les murailles et closture de ladite ville, comme -elle pourra encore ceuvoir, s'il n'y est pourveu et

• remédié, comme serait aisé et facile, s'il nous plaisait

• permettre auxdits supplians de faire clorre et fermer

- de murailles ledit faulxbourg de Sainct-Remy , de quoi » ils nous ont très-humblement supplié requis de leur

• faire expédier lettres de ladite permession, ensemble

• pour lever sur eulx la somme de 300 esc us pour em- » ployer aux frais de ladite closture : assavoir 200 escus » sur les h a bilans dudit faulxbourg et cent escus sur ceux » de ladite ville, suivant l'acte de consentement sur ce

• par eulx donné pardevant le lieutenant au baillage du > comté de Braine, le. deuxième février dernier, cy-atta- » ché soubs les conirescel de notre chancellerie..

» Scavoir faisons que nous, inclinant à là supplication » et requête desdits babitans , et à la prière que sur <• ce nous a été faicte en leur faveur par aucuns nos plus » speciau Ix serviteurs, désirant leur donner moyen de

• conserver ladite ville, faulxbourg .église parochialle, et » leurs personnes et biens, de l'incursion et pillerie des » dits de la religion, gens de guerre et aultres, leurs » avons pour ces causes et autres considérations, a ce » nous mouvans , de nostre certaine science , grâce spé- » ciale, pleine puissance auctorité royale, permis, ac- » cordé et concédé, permettons, accordons et conce-

» (tons, de faire clorre et fermer ledit faulxbourg Sainct-

* Remy, où est leur église parochialle, de murailles, » fossés, portes, portaulx et ponts-levis; pour fournir et » satisfaire aux frais pour ce nécessaires, asseoir, impo- » ser et lever sur eux, le fort portant le faible, le plus » justement et esgallement que faire se pourra, ladite » somme de trois cens escus, assavoir d'eux cens escus i» sur lesdits habitons du faulxbourg Sainct-Remy , et » les autres cent escus, sur ceux demeurans à l'enclos de » ladite ville de Braine, et ce en la présente année , avec vies deniers de nos taillis, pour iceulx deniers étant le- » vés, estre mis és-mains de quelque notable bourgeois » bon et solvable, pour les employer à payer aux entre- > preneurs de ladite closture, par les ordonnances dudil » bailly de Braine ou son lieutenant, et non à aultre effet , h sur peine de les répéter sur lui en son propre et privé » nom , voulant , les cottisez être contraincts aux paye- » mens de leurs taxes et costisations, par toutes voyes

# dues et raisonnables, en tel cas accoutumées, nonobs- » tant oppositions ou appellations quelconques, pour les- » quels et sans préjudice d'icelles ne sera différé.

» Voulons en outre, nous plaist que ladite closture se » fasec sur les héritages des particuliers, en leur payant » la valeur de ce qui en sera prins et occupé au dire des » gens à ce connoissans, suivant le consentement par » eulx donné, et dont mention est faite audit acte.

» Si donnons en mandement à notre très-cher et bien

amé le sieur de Villequier, gouverneur et notre lieutenant-général en l'Ile-de-France, au bailly de Valoys ou son lieutenant à Ouchye-le-Chastel , à tous autres nos justiciers et officiers qu'il appartiendra, que de cette notre présente permission, tant pour clorre et lever de- » niers, que pour le surplus du contenu ci-dessus, ils

• fasent, souffrent et laissent lesdits ha bilans, joïrct user » plainement et paisiblement, sans à ce leur faire, met- » ire ou donner, ne souffrir leur esire faict, mis ou donné ■> aulcun trouble ou empeschement au contraire, ains si

* aulcun leur estoit faict ou donné, voulons qu'il soit in- » continent et sans délay levé et osté; car tel est notre » plaisir. Et atin que ce soit chose ferme el stable à tous- » jours, nous avons faict mettre notre scel à ces présen- » tes, sauf en aulcune chose nosire droit et l'autruy en » toutes.

» Donné à Paris au mois de juillet, l'an de grâce mil » cinq cens quatre-vingt-et-six, et de notre règne le » douzième.

» Signé, Henkv.

» Par le roi, Pinart, et enregistré. *

Quelques années seulement s'étaient écoulées depuis l'exécution de cette lettre-patente, lorsque Bruine fut mise en étal de siège. Voici à quelle occasion : Après l'assassinat de Henri III, Henri IV eut de longues guerres à

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soutenir pour monter sur le trône <le France. Il venait de remporter deux victoires sur les partisans de la Ligue, quand le roi d'Espagne envoya au secours de Paris le duc de Parme à la tête d'une nombreuse armée. Henri IV poursuivit ce général, qui, satisfait de l'avoir détourné du siège de la capitale, évita le combat et se dirigea vers le nord. Sur su route, le duc visita toutes les places occupées par les ligueurs, et vint établir son quartier-général à Fisme.

Cependant Henri IV, toujours à la poursuite du duc de Parme, enlevait sur ses ennemis toutes les places qu'il pouvait. Un de ses officiers, le sieur de Roone, voulant s'emparer de Braine, vint l'assiéger du coté du faubourg Saint-Remi. A peine avait-il salué cette ville de cinquante coups de canon, que les h a bilans vinrent lui offrir deux cents écus pour qu'il levât le siège. Cette proposition acceptée, les troupes du roi se dirigèrent sur Fisme, où était le camp du duc de Parme. Ce dernier, se voyant le plus faible et serré de près, leva son camp et traversa la rivière d'Aisne à Pontavert (26 décembre 1590)*.

En ce môme moment, le baron de Biron, envoyé par le roi à la tête de plusieurs compagnies, arriva à Bazoche et attaqua rudement l'arrière-garde du duc, qui fut contraint de revenir sur ses pas pour soutenir et protéger la partie de son armée qu'on attaquait. Le roi, qui s'avançait avec huit ceuts cavaliers d'élite pour soutenir Biron, * de Tnot , t. Il, p. 214.

ET DE SES ENVfllO.NS.

eut un engagement sérieux avec les troupes ennemies. N'étant pas soutenu par son corps d'année, il fut obligé de battre en retraite, ce qu'il exécuta avec prudence et habileté; car il ne donna aucune prise aux ligueurs, qui ne purent Y entamer. Lorsque Henri IV arriva nu village de Longueval, la nuit sépara les combattant, et le duc de Parme abandonna la partie.

Notre grand roi, qui n'avait perdu que deux hommes dans sa retraite, s'avança le même soir jusqu'à Pont- Arcy, où il devait trouver, le lendemain matin, le duc de Nevers, Givry et Parabère avec les détachemens que ces officiers supérieurs commandaient.

Nous regrettons que les chroniques ne nous rapportent aucune action mémorable du comte Charles-Hoberl , qui ne dut sans doute pas rester inactif au milieu de l'agitation de ces tems. Ce seigneur mourut âgé de 84 ans (septembre 4622), et fut inhumé dans l'église de Saini-Yved de Braine; son cœur fut déposé aux Célestins de Paris. 11 avait épousé en premières noces Jacqueline d'Auverion , fille de Payen de Saint-Berlin et d'Anne de La Tour- Landry; sa seconde femme fut Antoinette de La Tour, veuve de Jean d'Avaugour, seigneur de Courtalin; enfin . il épousa en troisièmes noces Élisabeth de Pluviers, veuve de Jacques d'Autun, seigneur de Champelos.

Il eut de son premier mariage une fille nommée Françoise, qui fut mariée à Henri Pinarl, vicomte de Coiubisy; de sa seconde femme, Henri-Robert, qui devint

HISTOIRE DE 1IHAINE.

comte de Braine , et, de la troisième , Louis , qui fut marquis de Mouy, capitaine des gardes, chevalier des ordres du roi > etc. , etc. 11 eut aussi de sa cousine Elisabeth Salviati quatre enfans naturels, parmi lesquels on compte Alexandre, abbé de Braine, et le comte Amé, qui mourut sans postérité.

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