‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 48 sur 63 · CHAPITRE XUH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUH

De» Fiefs et des Droits seigneuriaux.

e comté de Braine et la tour du Pont-Arcy relevaient en plein fief du roi. Originairemont, les fiefs ne pouvaient être érigés que par les souverains, qui les donnaient à vie à leurs fidèles, pour les récompenser de leurs bons services. Jusqu'au règne de Louis-le-Débonnaire ( Louis-le- Pieux), tous les bénéfices provenant du fisc étaient le patrimoine de nos rois, et n'avaient jamais été donnés qu'à vie. Louis fut le premier qui accorda à ses fidèles l'hérédité des fiefs ou domaines du fisc qu'il avait reçus de ses aïeux.

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C'est sans doute à cette époque que le comté de Braine et la tour du Pont-Arcy furent donnés en toute propriété aux comtes de Braine et à leurs descendans, qui ne possédaient auparavant ces domaines qu'en viager.

Les redevances envers les seigneurs et les fiefs mouvans d'un autre fief, tels que ceux qui relevaient du comté de Braine, et dont nous allons parler, ne furent érigés que vers la fin du règne de Charles-le-Chauvc, lorsque nos rois étaient réduits à la nécessité de partager leur autorité avec les seigneurs particuliers.

Les fiefs relevant du comté de Braine étaient :

Les baronnies de Fère-en-Tardenois, de Pont-Arcy et de Nesle , y compris la forêt de la Petite-Daulle;

Les seigneuries de Seringes, Barzy, Marcilly, Jaugonne; Villeneuve, Fresne, Gourmont et Villommes-en- Tardenois; Mareuil, Chery , Desboulleaux, Cohan, Longueville, Draveny, Viel-Arcy, Vausseré, Augy, Courcelles, Vaustin, Vauberlin, Haute-Fontaine, Salsogne, Prompt-de-Paars et les seigneuries et vicomtés de Couvrelles, Quincy-sous-le-Mont et de Passy-sur-Marne;

Les fiefs en mouvances de la Prairie, de la Petite-Croix et dc Malhis, situés à Augy; de la Chapelle-de-Courcelles, du Grand-Marais et de Langlau, situés à Courcelles; de la Maison-Rousse de Vauberlin; de la Grange, dîmeresse de Paars; des fiefs Lc-Comte de la Malmaison (1), de la petite Censé et du Moulin de Limé; de

(1) Ce fief est actuellement la ferme de Bruyères, près Limé, dont

KT DE SES KN MUONS.

Mussy à Cery; de la Bouche-à-VesIe à Salsogne; de Baleine; de Chassins , situé à Lesges, et du Moulin de Lesges; du Moulin de Cerseuil ; de Canis au Mont-Notre- Dame; des Vaillons, d'Acre, de Gobaille, d'Abonvalle, de Ploisy et du Franc-Etalage, tous fiefs situés sur le territoire de Braine; des Courbes, de Gonflans et de la Forte-Maison, à Chassemy; delà Mairie-des-Montagnes, à Margival; d'Essentis, à Charonne; de Viol maison et du Pressoir de Cellis ; des Colins de Yausseré ; de Crèvecœur, près Courcelles ; de Jean-Rouge au Viel-Arcy ; de l'arbre Poulain, à Brenelle ; de la Forte-Maison, à Chassemy; de Vezilly, de Chamery, d'Allemand, de Pavigny, de Romain, de Villery, Bâillon, Brange, de la forêt de la Grande-Daulle et des fiefs et vicomtes de Condé-sur- Aisne.

Outre ces nombreux bénéfices, qui leur étaient d'un très-grand rapport, les comtes de Braine percevaient cncoredes droits seigneuriaux dans leurs dépendances, tels

nous avons déjà parlé dans le cours de cet ou vrage. On voyait autrefois prts de Braine , sur les bords de la Vesle, du côté de Courcelles , les ruines d'une Malmaison , qui avait été un château-fort entouré d'un large fossé que la rivière remplissait de ses eaux. On ne connatl pas bien l'origine du nom de Malmaison {Mala-Domus), qui était commun à plusieurs fiefs du Valois. Cependant Caklier, dans son Biitoirc du duché de Valois, suppose que celte dénomination pourrait venir de ce que les manoirs de ces fiefs avaient servi de retraite , pendant les guerres, à des troupes de brigands et de factieux qui allaient par bandes faire du butin et ravager tes lieux d alenlour.

HISTOIRE DE BKAi.NK.

que des milles seigneuriales, des pressoirs banaux et des tanneurs, mégissiers, bonnetiers, boulangers, bouchers, charcutiers et marchands de poissons, etc.

Autrefois, le commerce des bestiaux était très-considérable à Braine. Les bouchers de la ville allaient de tous côtés chez les laboureurs acheter des bœufs , des veaux et des moutons, qu'ils engraissaient et vendaient ensuite aux foires et aux marchés de Braine.

On lit, dans un vieux Dictionnaire du Commerce, qu'il y avait chaque année à Braine trois foires de bestiaux, eu mai, septembre et octobre, et que le bétail qu'on y vendait se répandait partout dans les provinces voisines, et même qu'une grande partie était conduite à Paris. 11 est encore ajouté que le nombre de bêtes à laine qui s'y vendait «était comme l'infini. » Nous voyons dans un acte du 12 mars 1397, qu'il y avait à l'entrée de la halle de Braine, près des étaux de boulangers, des étaux de bouchers, et que le boucher de ce tems-là, Jehan Petilpas-le-Josne, devait payer tous les ans, le jour des Brandons (premier dimanche de carême), une somme de dix sols tournois au prieur de Saint-Remi de Braine.

il y eut aussi à Braine une des plus fortes tanneries de la contrée. Cette manufacture, détruite vers l'an 1690, à la mort de son propriétaire, fut remplacée par un moulin à tan qui travaillait pour les marchands de Soissons, de Vailly , de Fère, etc. Ce moulin fut aussi abandonné lors de la révocation de l'édit de Nantes.

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