‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 6 sur 63 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

es Romains comprirent que, pour èlre plu* sûrs des peuples nouvellement conquis, il fallait faire disparaître de chez ees derniers k'S anciennes mœurs, coutumes et religion. Ils sentirent que le meilleur moyen de les initier à leur culte, était d'employer la douceur, sans chercher à heurter leurs principes. Ils eurent donc l'idée de I>orler ces peuples à s'habituer d'eux-mêmes à leurs coulûmes, qui, par l'attrait et les avantages qu'elles pouvaient leur procurer, donneraient plus de force à leurs enseignemens. Ainsi, lorsque les Gaulois, dans les premières années, récoltèrent les fruits de la terre, qu'ils

HISTOIRE DE RM Al NE.

avaient cultivée et ensemencée; lorsqu'ils reconnurent Ja commodités et les avantages des vètemens dont ils su couvraient depuis peu pour se garantir de la rigueur du ' lems; lorsqu'enfin les Romains eurent construit des temples majestueux en l'honneur de leurs dieux dans les villes principales des pays conquis, ces nouveaux peuples virent la pompe imposante de la religion païenne et la comparèrent aux cérémonies qu'ils faisaient dans les forêts en l'honneur de leurs divinités; ces peuples, disons-nous, contractèrent sans peine les coutumes de leurs vainqueurs, et adoptèrent facilement leur religion. Il resta cependant dans les campagnes des traces de leur culte barbare, qui formèrent un schisme que les empereurs Tibère et Claude anéantirent par dos rescrits.

Les Lupercales, fêtes célèbres, étaient une des cérémonies du paganisme. Néanmoins, elles étaient connues des Gaulois avant l'invasion des Romains. Ces peuples, en effet, avaient été en contact avec ces derniers par plusieurs guerres, puisqu'ils étaient parvenus môme à incendier Ja viJlede Rome, sous les ordres de Brennus. C'est «lorsqu'ils en rapportèrent, sans doute, la connaissance des Lupercales, ou fêtes en l'honneur de Pan, dieu des bergers. Pendant la célébration, il se commettait toutes sortes d'extravagances qui allaient jusqu'à la cruauté et l'indécence, car ils immolaient des victimes humaines; les femmes allaient nues, et se laissaient fouetter afin de devenir fécondes. Toutefois, les Lupoiralcs, qui durent

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leur origine à la chasse qu'on faisait aux bêles féroces qui dévoraient les troupeaux, furent utiles à jeter les premiers germes de la civilisation chez les peuples montagnards qui quittaient les cavernes, les bois et les montagnes, pour se réunir en sociétés et célébrer ces fêtes.

Auguste, voulant faire cesser les immoralités qui se commettaient pendant ces célébrations, rendit un décret par lequel il défendait de courir nu durant ces jeux infâmes. Tibère renouvela cette défense, et l'étendit même jusqu'aux baisers lascifs, qu'une mauvaise coutume avait mis en usage lorsqu'on sentresaluait.

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