‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 8 sur 63 · CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VH

Institutions romaine*.

n n'est pas certain de l'époque à laquelle les institutions romaines furent établies dans le Soissonnais. La barbarie de ce y| pays presque sauvage ne cessa entièrement que lorsque Julien commença à y faire germer les fruits de la civilisation , en pacifiant cette contrée et en repoussant les hordes des Barbares et des Germains qui y avaient apporté le désordre et la terreur.

Julien consacra deux années à chasser de la Belgique ces bandes de maraudeurs, qui forçaient les propriétaires à quitter leurs habitations de campagne. Toutefois, ils y laissaient des esclaves pour cultiver leurs biens, et se reliraient dans les villes fortifiées.

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L'entretien ruineux des troupes roniaines et les rapines continuelles des agens de Florentius, préfet des Gaules, avaient réduit U> pays à la plus déplorable misère.

Après avoir fait évacuer des Gaules ces hordes qui les dévastaient, Julien entreprit de gagner l'amour des sujets de l'empire par h; rétablissement des institutions, conformément aux lois romaines. Les malheurs de la guerre et le désordre qui régnait dans l'administration des provinces le servirent dans son projet.

C'est vers le môme tems aussi que la langue celtique, mélangée à la langue latine, donna naissance à un nouvel idiome, qui reçut le nom de langue romane. D'après cela, nous pouvons supposer que Hibrax perdit son nom pour prendre celui de Brewutcum, qui devint insensiblement Brenna, Brennc, et enfin Braine.

11 y avait, dans chaque cité ou diocèse, une ville capitale où résidaient les autorités supérieures. Le peuple était partagé en quatre classes : la première, ou les privilégiés, était composée des fonctionnaires publics, des sénateurs, des chefs militaires et du clergé. Cette classe était exempte d'impôts, et celle exemption était héréditaire. La deuxième était composée des propriétaires, que l'on appelait aussi décurions; ils ne devaient pas posséder moins de 25 arpens de terre. La troisième, ou le peuple, comprenait les petits propriétaires, les marchands, les artisans, et généralement Ions les citoyens

n'avaient pas 25 arpens do terni. Cette dernière classe riait admise aux fonctions sacerdotales et militaires; mais elle ne Tétait jamais aux ('onctions municipales. La quatrième était formée d'esclaves, qui n'étaient assujettis à aucune charge et ne jouissaient d'aucun privilège. Us ne possédaient et ne pouvaient rien posséder; ils appartenaient à des maîtres qui les employaient à leur service; enlin ces malheureux esclaves étaient presque traités comme des bêtes de somme.

Le sénat était un corps formé d'hommes choisis par la curie, et les membres s'appelaient sénateurs. Cet tedign i té, qui était héréditaire, était un titre de noblesse. Si l'on remonte ensuite au gouvernement supérieur, on trouve que les Romains avaient nommé des préfets ou comtes (titre conservé par la noblesse du moyen-âge) par chaque subdivision de province, et un préfet, plus élevé que tous, qui correspondait avec l'empereur.

Lesagens du gouvernement s'arrogèrent peu à peu les propriétés communales; il résulta de ces usurpations que les curiales furent entièrement dépouillés de leurs biens, et que cette institution fut dissoute. Le gouvernement s'aperçut alors des exactions de ses agens, et les empereurs crurent devoir s'y opposer en nommant un nouveau magistrat appelé defensor ou défenseur, chargé spécialement de prendre les intérêts des 'citoyens. Cette charge acquit une telle influence, que le défenseur se trouva bientôt au dessus de tous les autres magistrats. 11 pou-

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vnit être élu parmi toutes les classes de citoyens; mais le clergé parvint bientôt à faire accorder celle autorité à l'évêque, qui réunit ainsi sur sa lête les deux pouvoirs suprêmes de la cité, le spirituel et le temporel.

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