LIVRE SEPTIÈME
la conciergerie de Paris ; cet ordre fut signifié à levéque de. Léon, au sire de Co^tquen et au proctireur-général éa duc; fls n-osèrent seulement pas déclarer la nçtification qui leur avait été faite.
un
se montrèreut encore plus lâches. Le dépérissement de la santé du prisonnier étah tel, que les satellites préposés à sa garde craignirent qu'il ne mourut entre leurs mains. Après avoir demandé dés ordres à Landois , sans en obtenir, ils crurent mettre leur responsabilité à couvert en exposant atix états que le chancdier n'avait plus que quelques jours à vivre , si on n'adoucissait sa captivité ; mais cette assemblée des trois ordres de la nation était tellemeiiLsuJjj liguée parle premier ministre, qu'elle n'eut pas honte de répondre que cette af-
Louis, par lesquelles il rwoit Guillaume Chauviu, ccuyer, sieur Dubois et du Ponthuy, et Jean Chauvin, son fils, sieur de la Mure 9 appelants en la cour de parlement à Paris, du féhs de droits, torts et griefs faits par le doc et ses officiers; et prend et met lesd. Chauvin en sa protection et sauvegarde; spécialement prohibe au duc et à ses i)fiieiers d'attflQler aucune chose en leurs personnes et biens; et mande an preHÛcr des eoDaeillen de lad. cour, j^Uif et sénéchaux de lèiiniiiie, Anjou et Poitou, d informer des ekcàs, abus et attentais faits contre et au préjudice des oppositions interjetées en Lad. cour. Du ^17 août 148%. ( Archives de ^Nantes, armoire cassette J>. )
HISTOIRE 1>K 9R£TAGN£.
faire ne la; regardait pas,* et cpi'w if[norait si Chauvin était en prison. On Texposa aux rcgai du peuple, soit pour augmenter son hunuliaticM) ,
soit pour constater son existence; et Ton vit couirert d'ordures et d-iUcèrés celui qu'on avait longtemps vénéré sous Tiiermine^
Mais l'impatience de Landois ne pouvait attendre le moment ou la nature, épuisée par tant de cruautés, le délivrerait de son ennemie II donna ordre de lui. trauioher la.tete. Kerlocquen, Ueute? nant du prévôt, eut le courage de refuser son ministtère pour cette ^écution, à moins qu'oià ne lut montrât un ordre du duc. Enfin le prisonnier succomba à des traitements si barbares;, il mourut de misère , comme LandoisTen avait me^ nacé; et, par un surcroît d'infamie , les biens confisqués sur un homme assassiné devinrent le salaire de la prostitution ; car ils servirent à doter la baronnie d'Avaugour, que le duc venait de créer, à ta prièrcT des états, en fiiveur d*un bâtard que la da^m^e de Yiiiequier lui avait donné (i).
(i) LeUres en original, par lesquelles le dnc François, séant eu ses états , , institue et ordonne François de Bretagne, son fils, baron de la baronnie d'AvaugoBr, aivec les terres et seignenries des Château ^Laudren, Lanvollon et
Pairop«l-en-G<)ueilo, a ver leurs appaitenances et dépendances; et ce, pour entretenir le nombre de bavons et l'ancien état
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11 n'était pas nécessaire d'être l'ennemi de Landois pour devenir sa victime. Le ministre éprou* vait l'embarras commun à tous ceux qui s'élèvent fort au-dessus de leur naissance , d avoir à enrichir et à placer tous ses parents. Comme l'église accueille encore plus complaisamment que le monde les nouvelles fortunes, il avait jeté plusieurs de ses neveux dans le clergé. Les bénéfices
et ordre de sa principauté et seigneurie; et ieelle baronnie, terres et seigneuries, led. duc cctlc et transporte aiid. François de Bretagae , pour lui , ses hoirs procréés en loyal ma-* iVÊffSf réservant à loi ses droits de souveraineté avec hom-" nage lige, rachat, justlcemeiit, obéissance et ressort à la barre et juridiction du ressort de Gouello, et ailleurs, et lui baille en l'assiette des états le premier lieu dû et accoutumé au baron dud. Avaugour. Donné à Vannes, aux états, le si4 septembre i4do« ( Ardiives de Nantes, armoire A, cas-r setteO.)
Don fait par le duc François, a Iwanroi^ d'Avauguur, sou (ils, des biens meubles et immeubles appai*tenants au chancelier Chauvin et son fils, confisqués pour cas de crime de ièse-majesté, aux réservations des droits du roi , de foi, hommage et rachat. Daté du octobre 1 484. ( Jbid., armoire G, cassette B. )
Lettre en forme de charte, du duc François denuci, par laquidle, avee Tavis et consentement des gens des trois états du pays de Bretagne,' il crée et institue François deBretagne,
son fils, baron de la baronnie d'Avaugour, laquelle baronnie , jvec les terres et seigneuries de Chàteau-Laudreu, Lanvolioi^ et Pairopol-en-Gouello, il donne et transporte audit Fran-f
leur avaient été prodigués : Tun d'eux était déjà
coadjuteur de Hennés. On travaillait à en Êdre un autre évéque de Tréguier* Lorsque ce siège était devenu vacant, le duc avait écrit au pape pour lui recommander Pierre C^bauvin. Ce nom était odieux à Land<Hs, quoique àe^te époque la rupture entre lui et le chancelier n eût pas encore édaté : il intrigua tant à Home , qu'on refusa TinsUtution au sujet désigné par le duc;
çois, Kuservc toQtcsfois Thoramage lige et les droits de souveraineté et de ressort eo la barre et juridiction de G<HielU>. Fnk à Vaimes » le doc séant aux états » le 24 septembre 14S0.
▲utrelettreen ianaé de ckarte» da duc François demer, par laffoellev, outre la 1»rre et baronne d'Avaugour <et auttrès dessusdit) s , il donne audit François, .son liL, par l'avis et consentement des états, les châteb et chàtellenie de la RochedeixieD, Châieaulw-sttr-Treff et Cluaouy jeéserfsni seulement à lui les droits de souveraineté et hommage lige» ralliait et ressort à ses biens et jnridîctioD , proshenMnts. Fait à Nantes, aux états y le 27 octobre 1481. ( lùid., aittioire ■ U , cassette G. )
Lettres èa forme de chartes, du duc François, par lesqueHès il 4sède, donne et transporte k M. Fraaço» de Bre^ tagnc, son fils, baron d'Avaugoiir, les châtels et châtellenies de la Rochederrien , Châteaulin-sur-Trefl' et Clisson et leurs appartenances, réservant à lui les droits 4fte souveraineté, l'hommi^e lige rachat; et ce, entre les lieRies et seigneuries d'Avaugour, Châteaii-Laadrea, Ijsnyollon et Paimpol, a»- / [Kii avant à lui données par ïe. duc. Date du 27 octubi^ 148*'
( J^û/,^ «imioire O, casseUc B. )
mais le pape , sans attendre me nouvdle présentation^ nomma à cet évécUé, de son propre mouvement, un cardinal de ses parents* Cette nomination était formellement contraire à la promesse que le souverain pontife avait £ûte au duc François il lui-même, en 14785 de ne nommer aux évéchés de Bretagne que des Bretons et des sujets présentés par le duc (i). L'admission de cet éyéque éti-anger devait souffirir des difficultés eu Bretagne. La cour de Rome avait &it un acte d'autorité iliiiicUe à soutenir. Landois sut tirer parti de cette complication : il fit un arrangement par lequel Févêque italien serait reçu, puis donnerait sa démission, et serait remplacé par ce neveu qu il s'agissait de faire parvenir à TépiscopaL 11 y avait un autre obstacle à cette promotion; ce neveu élait encore en&nt: le crédit de Landois à £.ome était tel, qu il en obtint toutes les dispenses nécessaires; et l^obert Gfiibé, &is de sa sœur , fut évéque de Tr égaler , puis suc-
(1) Le pape renouvela la m^me tentative dans les commencenients du règne de la duchesse Aune, en nommant à Vévéché de Vamies et à l'ahbaTe de Sointe-Mélaine de«x carim^, «mux. BU» il èp«^ «ne «v« léwimee, et «es mmiiiiatîoas fcsfeèmiC sans efiet
(2) lettre du pape Sixte IV, envoyée an duc 1 rauçois, par laquelle il suppose avoir pourvu M. Robert Guibé de 1 evècbé tke Xrégnier, par ia rési^tian du cardinal de Veileiferi der-
74 HISTOIRE DE BRETAaJUf.
cessivement de Rennes, de Nantes, d'AIbi, ambassadeur, légat et cardinal.
L'autre neveu, Michel Guibé, frère du précé»-
dent, avait déjà rempli le siège de Léon, et avait été transféré à Dol ; il s'agissait de lui faire occuper le siège le plus éminent de la Bretagne, celui qui donnait le plus habituellement la présidence des états; et, à cet effet, Landois l'avait &it noBi«* mer coadjuteur de Rennes. La jouissance du aiége de Dol aurait dû calmer l'impatience de l'ambitieux coadjuteur, et lui permettre d'attendre la mort du vieillard dont la succession lui était assurée. Il n'en fut pas ainsi : l'oncle et le neveu mirent en pratique les moyens les plus odieux pour le déposséder.
Jacques d'£spinay, titulaire de l'évéché de Rennes, n'était pas à beaucoup près un homme irréprochable. On l'accusait publiquement d'avoir trempé dans l'assassinat du prince Gilles, frère des ducs François et Pierre II (i). H s'était
nier possesseur dudit évéché; et d'autant que' ledit Goibé était mineur d'ans, ledit pape prie ied. duc 411 ii lui plaise recevoir la bulle et provision qu'il a fait d'un administrateur aud. évéché, jusqu'à ce que le sieur Guibé soit en âge requis pour tenir led. évéché. Datée du ai mai z483. (Archives' de Nantes, amiuire R, cassette E. )
(1) Bulle du pape Nicolas V, à Pierre, duc de Bretagne, . par laquelle il excuse M** Jacques d'JBftpinay, évéque de