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et, quoique le traitement Ëût aux prifionniers an* nonçât assez qu'on n'était pas disposé k ménager le prince vaincu, François 11 ^ consterné, sollicita ia paix, par une lettre qu'il fit porter au roi, et< dans laquelle il prenait la qualification .de son sujet.
Lorsque le conseil du roi délibéra sur cette de^ mande, la plupart des membres opii^èrent pour, refuser la paix. Les troupes françaises couvraient la Bretagne ; le duc , abattu, découragé, sans ressources , sans argent, réduit à mettre ses pierreries en gage , voyait son armée détruite , presque toutes ses places occupées, ses sujets divisés, la ligue dissoute. Une partie de ses alliés étaient dans les fers, et il ne ponvait rien espérer des antres : rien de plus à attendre du roi d'Angleterre, il était occupé chez lui ; MaximUien venait d'être battu, il ue fallait donc, qu'une campagne de quelques mois pour achever la conquête de la Bretagne. S'arrêter clans un moment si décisif, c'était lui donner le temps de respirer et de reprendre des forces ; c'était relever le courage des, confédérés, et remettre tout en question. Militairement et politiquement, on ne pouvait pas avoir une plus belle occasion de laice la guerre. La causé en était naturelle, puisque le duc avait fisbvorisé la révolte des princes et formé une ligue contre le roi ; le succès en était sûr; et cç succès ,
l4^ HISTOIRK DE BRETJlGIfB.
en consommant la réunion de la Breta^e à h
monarchie , accroissait considérablement les forces du roi , le délivrait d'un ennemi domestiqué et le rendait maître de ports toujours ouverts à ses ennemis extérieurs. Accorder la paix au due, c'était renoncer aux droits qu'on avait achetés^de la maison de Blois, ou, au moins, c'était différer demies frire valoir jusqoes^à la-mortde François Ii« Bbis ce prince n avait que cinquante-deux ans; et qui pouvait prévoir les circonstances daiis lê^ quelles on se trouverait à 1 époque de son décès? Il fimdrait'peut<*étre alors ckerdier prétei^tè pour déclarer la guerre à la lireuigiie. Lii coin quête serait plus incertaine,- ou au moinë plqs! difficile. On n'y verrait plus que l'ambition d'en*vahir un héritage. Tandis que, dans ce moment, elle était la punition d'une agression et d'mie' inS-
VOlte. • ' ' ' • 5 r .
Cet avis était vivement appuyé par madame'de
Beaujeu, qui, en cela, n'était pas désintéressée; car dlle avait &it ses dispositions pour se 'bira donner le comté de Nantes (i). Mais le chancelier Gui de Rochefort prit la pairéle. « On s^'est attadaé à prouver, dit-il , que la conquête delà Bretagne était &cile et profitable; personne ne s'est avisé d'examiner si die ^ait juste. La guerre 4 pu Félre;
(i) Lobineatt, 1 1, 789. Ta91aildi«r, t ti> p. 1^.
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mais elle cfaiflgerBit de caractère , $i on la pous^ . sait aux dernières extrémités , si le roi, après avoir d^iersé ses enneiniB efe'pUBi:$on' "vassal, ne oob»
tinuait plus les hostililés que pour le dépouiller.
Je a'eacattine^int si k dwc^ren^idoQnajBit asfle ailx princes, n'a pas cédé à un mouvement de géaérosité autant qu!à.un sentiment dAninûtié contre* la FkAnce : «je n'examine point si noi»' ne lui aTOB& pas .donné nous-mêmes un sujet de plaittteyten £3iverisant la révolte, des seigneore* bretons retirés à Ancenis ; s il na pas dû craindre DOtrt ambition y lorsqii^ilinoiis.a tos adieter les ilroits des comtes de Penthièvre,et disposer de sa< sumessiim par-le* tn(ité de Monteras. *J« yn&va. que ces sujets d'alarmes ne l'autorisassent point àoherober des aUités oontre<son. suz^^n ii mais, le
duc est réduit à implorer la démence du roi ; si on coutiDue la guerre, ce n'est plus lui qu'on veut pmir; et quels sontles'toiptstdefses.filles et de ses pé«q)leâ? C'est une. entreprise peu digne du roi tsàs^ddirétien ^lé d'envahir lua héritage , èt l'héritage d'une enÊmt qui a l'honnéur d'être sa par M«te.in'£siutdonc9 avani tout, exaniiner, avec cette impartialité digne du noble coeur du roi , stjses prétentions^sur la Bretagne Mnt dégitimea. L#es ambassadeurs bretons ont proposé de sou* mettre^ cette question à des arbitres : on ne .pourrait s'y refuser sans avouer qu'on ne reconnaît
]44 HISTOIIIK DE BBBTAGITB.
. d'autre droit que la ïovéb, Nou-seulemeut il esl juste de nommer des commissaires, pour entendre les raisons des deux parties ; mais il est uéoessaire de leur- laisser une entière liberté de prononcer contre le roi lui-nième, si leur conscience leur en fait un devoir. Une fois assuré de son droit, il sera temps, pour le roi, de réclamer les armes à la main : les Bretons eux-mêmes s'y soumettront avec plus de facilité. Si, au contraire, Facquisition est injuste, il £iut y renoncer : la gloire dii roi r exige, et rKurope admirera bien autrement sa droiture et sa modération ^ qu'elle n'aurait admiré cette conquête, qu'on dit si fecile. »
Tel est l'ascendant de la probité, vertu si rare dans la discussion des affiûres politiques , que le conseil n'osa se refuser à la proposition du chancelier. On convint de renvover Feicamen des droits de la France sur la Bretagne à des corn-
. missaires , et le roi accorda la paix au duc ; mais il en dicta les conditions : ce fut ce qu'on appela le traité du Verger ( i ) , isi toutefois on peut qualifier ainsi un acte dans lequel les parties ne s'accordent pas définitivement sur le sujet qui avait occasioné leurs contestations. Dans cet acte, en date du a I août , Cliaries YIII persiste à articuler
(i) Actes lie Bretagne, t. tit, p. 69$, et Collectiou des traités, de Léonard, t i, p. 3iS*
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ses préteacioiift sur toutes les possessions du duc^
à défaut d'héritiers mâles; il garde, coiiune nantLssémeut» les villes de Fougères , de Dinau, de Saint-Aubm-du-Gormier et de Saint«MaIo. Le duc promet de renvoyer toutes les troupes étrangères et de ne jamais en appeler dans ses états, ' pour faire la guerre à la France ; enfin , il se soumet à ne marier ses filles qu'avec le consentement
du roi. ' . •
Cette dernière condition était dure; elle renversait tous les projets de ce malheureux prince. Il mourut de chagrin le 7 ou le 9 septembre i48iB ((), à Fâge de cinquante - trbis ans , trois
(i) 11 y a un peu d'incertitude sur la date précise de cet événement. Je trouve un manuscrit intitulé : « Commemora- « cion et advertissemeat de la mort de trèa^ïhres^tieiuiey tiès^ « haulte, très-puissante et trèa-*excellente prindîesaey ma très- « doublée et souveraine dame madame Anne , deux fois royne « de France, duchesse de Bretaigne, seule héritière de ces te K noble duchié, comtesse de Montfort, de Rkhemont d*£s- « lampes et de Vertuz; enseignement de sa progéniture et « oomptaincte que fait Bretaigne y son premier héraut , et Vm « de ses roys d'armes. »
Ce manuscrit, de format in- 4®, sur vélin , provient de la bibliothèque de Saint-Victor» et est actuellement à la Bibliothèque du Roi, n^ 690* On 7 lit: *
•1 Le duc treipasii dedans goèras de teai|it. « Ce fiât ran mil en aprèi quatre cent
l46 HISXOtRIi U BASIIAGHE.
semaines après avoir signé cette ooiiTention,
tfnoï) avait eu soin de faire ratifier par les étals.
•« Qmtfc-vîiigt-lioity de rien ne mens,
m &1 septembre le ^jH^me jote^*
« Ijtis ! les Bretons devoieni étro delons
« De perdre uug si Çfvai seigaeur.
Le testament du duc François se trouve dans les archives de Nantes, armoire M, cassette A. il porte date du d sep-
Testament du feu duc François dernier^ par lequel il institue et ordonne pour tuteur et garde testamentaire de mesdames Anne et Jsab< au, ses filles et héritières du duch^, le seigneur de Rieux, maréchal de Bretagne, et pour leur gouvemante, leur dame , madame Françoise de Dinan , comtesse de Laval. Et ai aueuné questUna ou débat intervenoif, entre le roi et mesdames ses UUts, sur l'entérinement et exécution du traité de paix naguère fait avec le roi , nomme et députe ksadgnenfsd'Alàuret et comtes de £kmois et de CommingCB, «m leditsiear de HieQx, pcMir ca tniler et emnpoeer «vec le roi. Aus« 'veut et ordonne que le comté de Penthièvre soit rendu et restitué aux eniants dudit d'Albret. Donné à Cham* bon, près Nantes, le 8 seplenibre i4âd.
Dom Menée, dans les Acteade Bretagne^ t. m, pL 6eSf a rapporté une copie de cette pièce» roaia aons la date dn II septembre.
LITRE HVITlàMI. ifyj