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frontière des Pyrénées. On fit un traité avec le roi d'Angleterre (i), qui promit un secours de six mille honunes, dont la Bretagne devait payer l'entretien et le transport. On devait lui remettre deux, places de sûreté, à son clioix , et la duchesse s'engageait, par serment, à ne jamaiis se marier sans le consentement du roi. Aiiibi, par le traité du Verger, le mariage de cette princesse devait être soumis à l'approbation du roi de France, et, daprès celui-ci, à l'approbation du roi d'Angleterre ; il eût été difficile d'obtenir ce double con« sentement.
Le conseil de Bretagne s'occupait cependant de ce mariage, mais c'était comme d'une intrigue plutôt que comme d'une a£Gûre d'état Le vicomte de Rolian était à la tète de l'armée française, qui achevait de dépouiller la duchesse, et ne cessait de reproduire les prétentions de son fils sur la main de la princesse et sur le duché (a). Mais il
(1) Actes de Bretagne , t. in , p. 6x8 , 665, 670.
(2) Transumpt d'une lettre patente du duc Pierre, contenant la remontrance faite par Guy, comte de Laval , au nom et comme curateur de dame Marguerite de Bretagne, nièce du due Pierre , fille aînée du feu duc François premier» et de dame Isal>eau d'Écosse, avec inserdon de rinsdtntion de curateur de Guv de Laval : auquel acte est rapporte e la reqiîéte de la duchesse Isabeau, et les opinions d'Âllain, vicomte de Rohan; Guy de Laval, sieur Dti Gavre; Jean de-Iaralf.
iSo HISTOIâe JDE BftBTAGirS»
n'avait pour lui personne dans le conseil, pas même le maréchal de Rieux , qui autrefois s'était
sîeur de U Roche; iMôs de Rofaan , siear de Guemené Gain-
gamp» Jean, sire de Derval ; Joaii, sire de Malestroit; Michel de Rieux, sieur de Châteauneuf; Jean Goyon, sieur de Matignon; Jean de Malestroit^ sire de Guer; lad^institution faite à Vannes, le ta noyembre t^SB, Et en après sont rapportés les degrés de succession au duché de Bretagne.
Autre lettre du duc, faisant mention des degrés de succéder aiid. duchéy et dumariage de MargueritedeBretagne avec François de Bretagne, comte d'Étampes. fit teqùéMt lad. lettre le testamentdttduc François, requéroit led. de Laval être informé par les seigneurs, princes du sang, dud. duc Pierre, et les gens de tous iesd. états , si seroit le bien et utilité de lad. dame d^épooser led. comte d'Étampes; et au cas qu'il fàt trouvé bon et résolu par lesd. états, que le duc Pierrè avoit accompli l'ordonnance du dur François, son frère; et après avoir fait prendre les opinions desd. susnopimés, fut conclu que c'était Tutilité et avantage de lad. dame, par l'espoir de la succession du comte d'Étampes aud. duché, et suivant la requête dud. Laval ; led. duc Pierre promet payer les cent mille écus ordonnés par led. duc François; et après avoir ouï, par commandement dud. duc Pierre , led. comte d'Étampes, qui présent étoity et qu'il eut répondu qu'il remercioii très-humblement led. duc «t les états du haut honneur qu'on liù faisoît de traiter led. mana^(% dit publiquement qu'il le dtsiroit et cpnsentoit, suivant ce qui en avoit été ordonné par l.ç duc François 9 que auparavant il en avoit parlé an roi de Srance, à la reine , aux ducs d'Orléans, d'Aleqçon, à madame Hai^erite d'Orléans, sa mère, au comte d'Angoulême, etc., et autres grands princes et seigneurs, auxquels U touche de bgnagc et
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e&gagé» par écrit, àfayorisercemariage.LaFr^pi€e, ^ TeiBiployait à déimster sa patrie, ne tui^tMit
fxniMxigiintttté; tous lesqueb, sans macam dififéwnoe dl'<}|it>
nioD, ont loué, consenti et ratifié led. nmariaij^e, selon le tes- Umeat dud.. ieu duc François, «uivaiii àe^ei led. comte d^ÉfttoqKs ami! iût laiie lettres amfcoitîqiiesy pour étze fffésentées au dme Piemél «ncd.étatS| pkt IcsqofllIeAlelïmy insérées au transunipt, il est fait mention du mariage rapporté au testament du duc François, et autre arttde, par le^sei il déclare ie duc Piem Ivéritbr, après sa sMirt, dud. dmlié, et paroilktaKnt Artor , eomte de RlehenuHity le décès dud. Pierre arrivant sans hoirs mâles; et en pareil cas arrivant dudit Artur, le comte d'Étampes devoit succéder, et noti ladite Margueiiley safiUe» qui se cooteiileroit, pour tout droit suoccafetf, des wm^oa^ éam ordonnés par led. da6 Flnniçob; eonsentanft ôntre , «i le 4«e et le» états aoosvdent «ud. tiiarîage, il délaissera lad. dame avec son oncle, jusqu'à ce qu'elle soit en piitoerte et pax£ût âge y et promet lors Êiire telles obligations et jpiDnHÉaes qne caliss nqppoiaées «èad. kctres, et les Édite oonsendr et homologuer par ie roi et le comte de
chemont : lesd. ictUes dud. François de Bretagne, du l*^ sej)tembre i4S5. £t d'asiant que led. traité et propos étoit de granée ooaséqmtoe> «t iqu'il tovehoit l'état du duc, droits* et iiberfeéside la piônoipaiité de fevotagne, et en vouloit ton* férer avec les princes de son sang, commanda k lean Leîscfl, président, de demander le» opinions particulières, savoir, 51 les droits, anci^is usages et statuts laits et oii^servés de tout ' tanps <aHd* duché, tonckaart la suceessioâ de la prineipautè,' étcnent tiels, foe lad. friiieipauté ne pâft écheoîr en «mmi de filles, tant qu'il y a héritiers mâles issus on ligne directe ou tsansversale de mâles en mâiet», des noms et anucb de Bre-
l5a HISTOIRE DE BRETAGNE.
pas pennis d y régner. Il finit par accepter, èn dédommagement du titre de duc de Bretagne /le
tagne » et y succéder, a** Sî kd. dac Pîene de?oit enfeendre et ûôre condusion de mariage. Et après en avoir parlé auxévéques, princes du sang, barons, et à plusieurs abbés, chapitres, chevaliers, écuyers, nobles, bourgeois des bonnes villes, et que , par l-opinion commune, de tous, sans aucun, contredit, il auroit été publiquement et à haute voix dit que tous lesd. états étoient bien certains, etétoit chose notoire, et tenue pour une loi, que. les droits, anciens usages et statuts observés de tout tonps , touchant les . hoiries ;et prindpaufté de Bretagne, sont tels comme est d-detsus récité; efe que sous cette loi et usage ils vouloient tous vivre et mourir; et pour le fait du mariage, conseillèrent lesd. états au duc de marier lad. dame Marguerite avec le comte d*Étam-. pes, suivant le testament du duc délunt, lequel ib lonèroit et ratifièrent, etc. En suivant lesquels testament, avis et opinions, après que led. François, comte d'Étampea eut touché les évangiles, et juré au duc et aux états garder de point ei^ point les droits et statuts anciens du pays, le duc Pierre ooih sentit led. mariage , promettant , à sad. mèce et au comte d'Étampes, payer les cent mille érus portés au testament vt < odicille du duc François , pour tout droit successif, tant herits^ que niobilier de lad. Marguerite, sans y comprendre toutefois^ les biens meubles et héritages de la duchesse Isabeau, leur mère, au jour de son décès, ainsi que la communauté d'entre le feu duc François et lad. Isabeau, duchesse, sa veuve. Et est rapporté que, par arrêt du parlement, lesd. choses ont été homologuées et promises par led. duc, séant en son pai^ lement général, en présence desd. états, et fit fiancer, lad. dame Marguerite et le comte d Étampes. Fait aud. parlement
LIYA£ HUITIÈME. l53
comté de Montfort, la baronnie de Fougères et quelques autres, domaines. Ou voit, qu'il y avait un peu de jactance dans ce mot d*un autre Rohan, contemporain de Henri IV : Duc Je ne daigne, roi je ne puis^ Rohan je suis*
Le cabinet, où Ton comptait trois étrangers, d'Albret , Dunois et Gomminges, était divisé en deux factions. Alain d'Albret, oubliant sa figure et son âge, dépouillé de ses biens en Fiance et en Gascogne, réduit à partager momentanément radministiation de la Bretagne , ne renonçait pas à Tespérance d*y régner. La main de la prince^ loi avait été promise par le feu duc; il insistait toujours sur cette promesse, et se voyait appuyé par la comtesse de Laval, sa sœur, et par le maréchal de Rieux. Ils délibérèrent de guetter toutes les occasions de brusquer cette affaire j et, comme il ne Êdlait pas en manquer le moment, ils jn^ gèrent à propos de se munir d'avance des dispenses du pape. Ces dispenses étaient nécessaires, à cause de la parenté qui existait entre la jeune duchesse et son prétendant. Mais, pour les Êdre solliciter à Rome, il ËiUait une procuration de la princesse, et on n'osait la lui demander. Le vice «•chancelier, Là Bivière, en fabriqua une;
général tenu à Vannes, le i3 novembre i455* ( Aidtives de
Nantes , armoire T, cassette B. )
l54 HISTOIRE D£ BHËTAGJSTE.
le secret fut découvert : la duchesse, indignée, n'avait d'a{^ui, contre les persécutions de sa gouvernante et de son tuteur, que le chanceUei* de Moutauban , qui lui conseilla de protester contre cette Élusse procuration* La prote«tatioti eut un grand éclat (i) : d'Albret cria qu'on lui manquait de parole; la jeune duchesse déclara qu'elle éprouvait une répugnance invincible à l'épouser; le maréchal de Rieux se retira de la cour, en se permettant des menaces. Dunois , avec quelques gentilshommes 9 vint ofirir ses secours à la prin- ' cesse , et les Français essayèrent de profiter de la confusion qui régnait dans sa petite cour pour Tenleven Avertie de leur projet, elle part préd* pitammeut de Redon pour se jeter dans Nantes.
(i) Instniment en latin, auquel est fait mention de la révocation » protestation et déclaration faite par la duchesse Anne, que les paroles et promesses verbales par elle faites, de fiancer et épouser Allaîn d'Albrel, avoient été pourrobéts* sance, crainte et révérence qu'elle portoit au ieu duc François , son père> et pour apaiser et éviter le courroux et autres paroles et propos que led. seig^eor duc dil et prononça à lad. duchesse, et éviter son kidi^ation et maWeilhince) sans que lad. dame eût volonté de prendre pour mari led. sietir d'AJbret; lesquelles paroles et promesses icelle dame, laquelle étoît encore sous l'âge de douze ans, révoque autant que besoin est Dn 8 déoenibre 14^8. ( Archives de Hantes, armoire T, cassette B. )
IilVlLS HUKTiiUS. l55
Bieux et d'Albret lui eu refusent les portes. On entre en négociation : <m lui signifie que, si elle veut trouver un asile dans la ville , il faut qu'elle ae sépare de Dunois et du chancelier, et qu'elle i>e présente, accompagnée de di^ de ses gardes seulement. C'était échapper aux Français pour retomber dans la main de ses persécuteurs^ Ceuxci soient de la ville à la téte de leurs troupes « pour dissiper son escorte et se rendre maîtres de sa personne : mais Dunois lui montre toute l'assurance d'un preux chevalier; elle monte en croupe derrière lui , et ils marchent au-devant des Nantais, qui, surpris de cette fière contenance, n'osent les attaquer.
Jjd lendemain on reprit la négociation; on convint que la duchesse entrerait dans Nantes. C'était au maréchal de Bieux et à d'Albret de donner des otages pour sa sûreté ; au lieu d'en donner, ils eu exigèrent; et on leur envoya Jean de Louhan , seigneur attaché au duc d'Orléans. Ce gentilhomme, à peine entré dans la ville, n'eut pas de peine à s'apercevoir qu'on se proposait de Êdre violence à la princesse (i) ; et quoiqu'il y allât de
(i) « £t croy bicMi que, s'ils eussent tenu ies filles, qu'ils « eussent faict bon gré mal gré ledit mariage de mondit sei-
« gneur d'Albrét avec ladicle fille ; mais ladicte fille aynée n'y « voulut pour rien du monde eatcudre. »( Jaliguy, Histoire <le Charles VIII. )
l56 HISTOIRB DE BUETAGMB*
sa propre vie, il se hâta d'écrire à Danois, pour l'engager à détourner Anne de se livrer entne les
mains de ses ennemis (i). Après quinze jours passés dans le faubourg , sans pouvoir faire régler les conditions auxquelles elle entrerait , elle vit enfin arriver une députatioii des habitants de Rennes , qui, indignés de la conduite d'un tuteur, capable de traliir les intérêts de sa pupille , de sa souveraine, de lui fermer l'entrée de ses places et de
(i) « £t là pour le mieubL, Mgv. de JOunois promict de « meoer ladicte dame dedaDS Nantes; et pour entretenir oe
« traicté, feiist baillé en liostaige Jean de Loen et autres gen-« « tilshonimes, cl ieur Icut promis par ledict Mgr. de Dunois « qu'il les garderoit de tomber en inconvénient; mais quand « ce Teint au jour, ledicfe Jean de Loen, eognoissant que , si « ladicte duchesse étoit amenée h Nantes , qu'il toumereit à t grand dommaige à Mgr. son maistre, lequel etoit. pour « l'heure piisonnier, et à touts ceulx qui avoient soutenUi « oeste opinion, et préféra le bien public au sien partîcuUeri. « et envoya une cédulle à Mgr. de Dunois et autres qui lui « a\ ( )j( nf jn omis, parlaqueîle il les quittoit de leur promesse ; « qui lut un œuvre qui partit d'un grand et noble cœur, et « qui ne doit pas être tue..... £t j'ay ouï-^re ce faict dudict « Jean de Loen à un si noble personnage , quil ne vonldroit « jamais réciter autre chose que vérité. Et combien qu'on ne « 6f;t pas mourir ledict de Loen, pour l'hostagerie en quoy V il estoit, si feust-il en grand danger de sa^vie» et e^t à pré- « sumer qu'il ne s'attendoit pas d*en échapper : au moins en « preindt-il l'adventure. » ( Histoire de Louis \II > par- Saint-*. Gelais! )