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avaient eii vain soutenu que l'appel ou révocation à la cour du souTerain ne pouvaient avoir lieu qu'en cas de déni de justice. Cette dépendance s'était confirmée par les exemples et par raccroissemrat de Finfluence de la IVance ; de sorte que y par le fait, le parlement de Paris était devenu le réformateur des jugements rendus par les. tribunaux bretons.
La dédaratîon :de 1492 A^t limité ces appels, et le roi n'était plus intéressé à les étendre. C'était un avantagie qu^une cour supérieure existât
dans le pays ; mais ces actes du roi de France constataient pleinement Texercice de la souveraineté.
Poar> la. reine, elle n'y avait aucune part; et lorsque le roi partit pour son expédition dltalie , die éprouva la mortification de n être pas même nommée dans les ordonmnces par lesqudles on régla Tadministration du royaume. Le duc de Bourbon fut institué lieutenant^^énérai du roi, sous la direction de madame de Beaujeu (i); des gouverneurs forent préposés au bon ordre et à la sûreté de chaque province ; seulement, on eut Tattention de donner cette charge , pour la Bre-
(i) Histoire de Franoe, de Ganiier.
Selon Mézerai, t. ii , p. 2.J0 et 3 7 3, ce fut à k reine que la régeuce fut contiée.
tagne, à deux seigneurs du pays, le baron d'Avautour et le ykomte de ftoban»
Le duc d'Orléans ne resta point avec la reine; il partit pour le P^moat, chargé de lu mission peu inalfaiite d^rnssam les commonicatiom de rarmée avec la France.
Uaanapia oette expédition, le danphin montrât (en 1495); et cette mort, qui approchait le doc d'Orléans da trône, lut oocasiona une nouvelle diiïgrace. Lorsque le deuil de la cour fut passé, on chercha à distiiiire la reine par des £ete8« <!le prince, quoique sa position Int impoiâl une extrême réserve, parut dans une mascarade avec un enjouement peut -être déplacé : la reine s'ei) montra ofiEiensée; les ennemis du duc ne manquèrent pas d'expliquer ceCi enjouement avec malignité, et d y voir autre chose que le deMf d'amusm* «ne aière atténée c la eakmmie ék, même beaucoup plus loin : elle rappela Tatubition du prince* Il é4ait le«eid qnî dût profiter de cette mort, on finit par la lui imputer. Quelque odieuses que Aiseent oes imputations , eUesae laissèrent pas de laire une profonde impression sur Fesprit du roi et de la reine* Tout incapable que le duc était d'un pareil crime , il ne lui était pas possible de s eu justiber. Il fallut s'absenter de la cour et s'en remettre au temps du soin de dissiper ces injustes préventions^
reine imi au uioude an second iils, qui no vécut que qimlqiioa joups. £Ue aut ancxm im fik et une fille, qui moururent presque en naissant. Ou prépaiiut une secondo expédition pour 11»
telie ; on venait même d'impoaer, pour les frak de cette guerve , une taxe sur iea gentUahoiimietî bretons (i); mais Charles, qu'on s^attendait à voir partir de Lyuu d un moment à i autre, pour passer ka nants, se mit tontiârisoiip en roula vers Tours, sous prétexte d aller visiter les reliques de saint Martin, hb Téidtable objet de ae voyage iiait de suivre une des lîUe^ d'honneur de la reiue. Ain^, œtte princes^, à peine âgée de viiigtaiiSy . se voyait déjà délaissée par son mari.
Mais la santé du roi s'altérait; un ooup qu U se >499* donnai la fcéteoocasiona sa mort, le avril 1 49& La rçine Aune avait vécu six ans et demi avec ce prince , qui, les armes à la main, lui avait fiqt signer un contrat de mariage par lequel elle s'était dépouillée de ses états. V
Devenue veuve, elle se uioutra plus avisée, k Ce fut çhose impossible à dire combien eeate bonne ^
(i) %o janvier i495. £stat des parties que le roy ootre siie a ordonné estrç réprimes en la charge de Qretaigacy sur Testât faict pour Tannée commençant 149) , pour fournir à son af-
lair ( au recouvrement du royaume de Naples, etc. { Msc. de la Bibliothèque du Eoi, o*^ 3ioi de la CuUeetion de Brtenne.)
aOO UIfiTOia£ J>£ B&ETAGNE.
princesse print de déplaisir de la mort du roy, car elle se vestit de uoir, combien que les reynes por* tent le deuil en blanc, et {iistdrax jours sans rien prendre ny manger, ny dormir une seule beure, ne respondant aultre chose à oeulx qui parloient à elle, sinon qu'elle avoit résolu de prendre le diemin de son mary ( I ). »
• te chciaiii qu'elle prit fut celui de la Bretagne^ où elle se bata de hâre acte de souveraineté, en publiant des édits, frappant des monnaies et convoquant les ordres de la province. .Le nouveau roi, qui avait été fort inquiet de sa douleur, fiit encore plus alarmé de son départ. On dit que , dès le premier entretien qu'il eut avec elle, il lui r£q>pela les sentiments dont il l'avait entretenue autrefois; et, s*il &ut en croire Brantôme, elle n'avait pas même attendu cette déclaration pour y penser. Au milieu de la douleur que lui^causait la perte de son niari , elle sentait qu'il n'y avait que Louis XII qui pût la replacer sur le trône de France, et elle n'avait rien négligé pourfomentar encore un peu ses anciens sentiments dans sa pair trine icfumj^ : ce sont les expressions un peu naïves du biograpbe.
Elle n'en partit pas moins pour son duché, et se garda bien de laisser apercevoir le projet de
(i) D Argentre, Histoire de Btelaguc.