I.iVA£ HUITIÈME. SOI
reveiiir. Son contrat de mariage l'obligeait à épouser en secondes noces le successeur de Charles ou l'héritier présomptif de la couronne. Mais cet héritier, le comte d'Angouléme, n'avait que quatre ans , et le roi n'était pas libre. Anne montra d'abord de grands scrupules;et, en effet, on pouvait en avoir à moins, puisque le roi était înarié d^uis vingt -deux ans. Cependant les messages se succédaient, et les messagers mirent une telle activité dans leurs négociations, quen peu de jours cette veuve inconsolable eut accepté la proposition de se remarier avec le successeur du ieu roi. Nous avons encore cette promesse, elle est datée du i8 août 1498 (i).
(i) Actes de Bretagne, t. m, p. 794.
« àyant oe qpB desso» trèsHigréabley et deùrant de Mstre « pirt entretenir et entièrement accomplir les choses par
« nous promises, promettons et déclarons par ces présentes « d'espouser nostre dict seigneur le roi, incontinent que « faire se pourra Umtementy et que divoioe sera Cait de lui « et de madame Jeanne de France, devant ledict temps d'un « an ; sur lequel divorce l'on dit le procès être déjà com- « mcncé devant aucuns juges apostoliques, etc. »
On voit que le procès était déjà commencé : il n'avait pu Tétre que par suite d'une négociation avec la cour de Rome ; et, avant d'entreprendre cette négociation, il avait bien fallu s'assurer du cousciitcuieut de la leuu Auuc. Ce eouseiilement devait donc être bien antérieur à la date de la bulle du pape
Mais il y avait des formalités à rempln pour Ëûi^ ças&^r istariagQ qui liait cléja Louis XII. li Allait enyoyer à Rome , obtenir que le pape nommàt dm commifisaires, £ure une io&tructiQu assmi longue, enlRmer une procédure, attendre le ju- ^(uem qui serait la suite, et le& dispenses uéoemire^ pour la légitimité d'une seconde union.
ducU^sse, w Aiui<t) nvait repris ce titre, Qommeaça par exiger qnie le roi lui rendit les places fortes qu'il tenait eu Bretague. Aussitôt apr?s» sQA arrivée, ^ avmt envoyé à fous ks
commandants des forteresses Tordre de la recoanaitre : quelqu^uns de ces o£&ciei^y qui étaient Français, s'en étaient e^çusés sur b nécessitéd'ai^ tendre les ordres du roi ; elle se plaignit hautement de ce refus, et Louis consentit, avant même qu elle eût pris axicua engagement , à dét^tarer {f ) qu'Aime l'ayant requis de remettre en
qui liumme les commissairts. Or, cette bulle est du 29 juillet. Aipsi, awMit cett» deroîège làpoque^ Aane, veuve depuis le 17 «vrii» ftmi éé^ ccnueDli k un secoad maiiage.
(j) ijetes49 Bretagne, t. m, p. 799.
Mandement du roi Joiiib douzième, par lequel il consent i# ip^e Anne 9 duclie^, après Je trépas du roi Charles, MK mxiy mt «et Découvre toutes ks piaœs de Bcptagiie, et {MTomeil fes lui rradie , excepté les ville et ebâteao de Hautes et Fpugères , lesquels il retient jusqu'à un an, pour sûreté du puvriageet acooipphhSffmeiit d'i^elui d'euti^e eux ; «t , au eas
ses luains les places de Brest, Nantes 9 Fougères, Le Cmupkêt et Saint-Malo , et ayant hii de tout temps désiré complaire à sa dite cousine, il lui revaetlait dès à pr^nt ces villes, ne retenant que Fougères et Nantes, comme garantie de FacconipHssenent de la danse insérée au contrat de ma-* riage de Charles VIII, qui obligeait la veuve du« feu roi à ^K>usar l'héritier de la couronne, il promettait c^endantde lui restituer ces deux places , si, dans le terme d'un an,il ne Tépousaitlicitemcut, selon les lois de Dieu et les ordonnances de TÉ» glise, entendant que, s il venait à mourir avant de l'avoir épousée, lesdites villes fussent cependant rendues à la duchesse.
Si la procédure qui devait donner à Louis SU la liberté de contracter un second mariage, trai« naitenlongueur,cen'étaitpaslafiiutedesévéques
(jue leil. mariage ne sortirait effet dans Vnu , Pt aussi an pas qull serait exécuté, ou si ledit roi décédait auparavant 1 exé» eatioB dvtéU raansge, promet et s'oblige mlituer lesil. pla^st» Eadftte èm 19 ao6t 1496. ( Ardnw de Hentes, «rmoive A, ca6ftette A. )
Lettre en date du 19 ao4t 14969 1^ laquelle k sieur de U Tiemomlle pronel €t jure que, sinvant les lettret et 4sma^ HHUideiDeiit du w Lonis, il mettis «t rendra ès mùm de la
nmn et duchesse Anne les places de Nantes et Fougères, au cas qiie le roi n'époiiserait lad. duehesse dans 1 an, ou (|u d inourrait aoparavaat ce faire. ( làid, )
Digiti/co by C ji.jv.Kii^
ao4 HISTOIRE DE BRJBXAGJSIE.
courtisans, qui, dans cette affaire, avaient accepté les fonctions déjuges; mais^ pour conserver une apparence de justice, il fallait bien que leur sentence fut précédée d'une inlbrmatîon. Quatre motife étaient présentés à Fappui de h demande en nullité du mariage existant: la parenté des deux époux, leur affinité spirituelle, la violence employée contre le mari pour le contraindre à contracter cette union , enfin les dé&uts de conformation qui rendaient la femme inhabile aux fins du mariage (i).
(i) Qaœ eidem Ludopico quarto eonsanpàmtatis gradu conjuncta et ad concilie ndam prolem impoians, protu adhùc ejostii, matnmomum contrahere faceret minis et terfw&tu eampulk et deindè matHmotUo hymsmodi per eitmdem Luâoviemm, qiiem dicttu Ladovicm XI, rex m- /iu/nanis agens de sacro fonte levant, cum eddem Johannà ludia super quarti gradûi caasanguinùatis, et quod ex levaâone ks^usmodi pfw&tk cpgmuiams spintuaiû iapedimeitau» ; dispensatione eis sujfragante mdUter et de faeêo etmtmcto et incalido cxistenti. Ac codcm Ludovico rege XI, prœjato Ludovico régi moderno effecto puberi, ut ipso matrir mtuuÊtm etim pnefaid Johannà de novo contraAerepreéc^dente, ipse jAtdtmEus rex modermUf propter minas ei terrwes nbi per enmdem Ludovicum regem XI, et ejus parte iliatos, nimio mortis pavore et alias per vim et metum quœ cadere potcrant in eonstantem virum comptdsus, matnmonium cum eâdem Johannà de no9o eontraxit. ( Requête de Louis XII , rapportée dans la bulle du pape. Msc. de la Bibliothèque du Roi, Collection deDupuy, n° 347. )