LIVRE II uni K ME
avail^ diflait«oii j m^naoé le jeune duc d'Orléans de
lo faire moine; il voulait renvoyer en Allemagne Mûrie de Clèves , mère de ce jeune prince ^ si elle ne décidait pas sou iiis à ce mariage. II avait fait mettre dtas les fers et applicpier à la tortnre tin courtisan nommé Bresille , qu'il soupçonnait d'encourager le duc à la résistance. Il semblait qu'on (it le procès à la mémoire de Louis XI plutôt qu'à Jennne sa iilie.
Cette princesse avait le malheur d*étre bossue. Ge pouvait être une raison de croire que Louis ne l'avait pas épousée sans répugnance, mais nou qu il s y fut résigné par contrainte. Il était encore plus difficile de condure.de cette dififor^^ uiité que la reine fut inliabile aux fins du ma* nage»
On objectait que , depuis vingt-deux ans , le roi avait bien eu le temps de réclamer contre la vio* lence qui , disait^il , lui avait été faite* Le procu** reor du roi répondait que ie caractère de Louis XI fiu«ttt connaître assez qu'il n*y aumit pas eu sA« reté à former une pareille réclamation sous son règne , et que^ sous Charles VIII, le danger n*àurait pas été moins grand, puisque ce prince avait re* tenu le duc d'Orléans pendant près de trois ans dans une dure prisoiu
Il insistait beaucoup sur les dé&uts corporels
ao8 HISTOIRE DB BRITAGVS.
de la prinoesse, et demandait lui-même qà'elle
jfut visitée (i).
La reine^ ou, comme s'exprime la procédure, hi défenderesse, réduite à rhnmiliation de comparaître, commença par déclarer que , si elle soutenait ce procès contre le roi son époux , c*était à regret et pour la décharge de sa conscience; que, sans cela, elle n'aurait pas youIu s'opposer à sa volonté pour tous les biens et honneurs du monde , suppUant le roi son seigneur , dont elle desiraà faire le plaisir , sa conscience gardée , de nêtre mécofMnt d'elle. Passant ensuite à la discussion des moyens de nullité, elle dit qu'elle ignorait si le degré de parenté qui existait entre elle et son mari était un empêchement au mariage ; qu'elle n'était pas instruite non plus des règles canoniques relativement à l'affinité spirituélle; mais qu'elle ne pouvait présumer que ceux à qui elle appartenait n'en fussent par&itement instruits et n'eussent pris dans le temps toutes les précautions convenables pour assurer la régularité de son mariage; qu'elle n était pas sortie de si bas lieu qu'il fut nécessaire d'employer la violence pour lui trouver un mari ; que, si le roi son époux avait cru
(i) Pmnt ex aspectu sui corporis jiuUcari poicru, ( Msc. cité ci-dessus. )