‹ Histoire de BretagneChapitre 36 sur 80 · LIVRE HUITIÈME. lAOy · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. lAOy

avoir quelque mauvaiis traitement à redouter,

cette crainte avait été vaiaej q^u'en l'î^dmettai^t comme fondée, il aurait pu s'en plaindre soqs le

règne du roi Charles VIII; qu'un lic pouvait pas motiveji»' son silence sur le danger qu'il y aurajit eu à parler, car ce danger n'existait pas, et il l'avait prouvé lui-même en s'élevant tant de fois, d$uis le parlement et aux états-généraux, contre les abus du gouvernement, en disputant la régence à mar dame .de Beaujeu, et en £ûsant la guerre au roi Charles VIII ; qu'enfin , quand il serait vrai que la violence eùtexisté, tous les sujets de plainte à cet égard ne devaient -ils pas être prescrits par une cohabitation volontaire de vingt «deux ans? Qn lui reprochait ses infirmités : el\e ne les ignorait pas; mais elle ne pouvait convenir qui! en résultât Timpossibilité devoir des enËmts. Et e}le se voyait obhgée d'ajouter, pour rendre hommage, à la vérité, que long-temps leToi avait partagé son lit et avait usé de tous les droite quejui donnait son titre d'époux (i); et elle affir:Q(ia sur l'Évangile ce qu elle venait de déclarer.

Une éprei^ve plus humiliante encore fut la coor ■ frontation qu'elle eut à subir avec les témoins. Ils étaient plus de quarante : on y comptait un maréchal de France, des. seigneurs, beaucoup de

(i) Tn Ufcto eijttiiàit.

mO HISTOIRE DE BR£TACNE.

prèlresy le confesseur du feu roi^ un médecin, des femmes , et jusqu à im portier. Ils répétaient tons le^ teots échappés à Louis Xli contre sa femme, tous les signes de dégoût, toutes les plus tniamîeufles ciroonstanoes qui pouvaient senrir à prouver son aversion pour eHe , comme s'il y avait eu quelque diose à conclure de tout ce qui peut échapper & IHnégaKlé d'humeur dans le cours de ' vingt-deux ans.

Cette fifie de tafit de rois, accusée de ses infirmités, traduite devaiU quelques prélats courtisans, oottdaomée d'avance pour des torts qui, quand ils eussent été prouvés, n'étaient pas les riens , se trouvait là en présence de gens qui iV ^paiiMit isefvîe à g^^noux , et qui maintenant prétendaient lui prouver juridiquement qu'elle avait toujours éhb pour son mari un <^jet de dégoAt et de haine. Us n'épargnaient pas à une reine de ïrancelesaffirontsles plussensSiles quhmefemme puisse éprouver.

La eoulittMrtation avec le roi fut bien autrement

douloureuse; l'embarras qu'il éprouvait lui-même de comparaître devant des juges, et pour un tel sujet , ne contribua pas à adoucir ses expressions et à lui inspirer des ménagemeodts poiu* la malheureuse victime de sa politique ou de son incon* stance. Cette femme , qui ne Tavait point abandonné dans ses malheurs, lui répondait ici avec

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