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une fjàràe composée de Bretons , qui frisdt le
service, auprès de sa personne œncurremment avee une garde finsmçaise*
Jalouse de son autorité jusqu'à Tcxcès, elle la fit sentir même dans la cour et dans ies af£dres de France ( i ). On lui reproche d'avoir montré un . zèle fanatique plutôt qu'une véritable piété, en sollicitant avec trop d'acharnement la loi qui expulsa les Juifs du royaume , et qui fut exéculée avec tant de barbarie. Son opiniâtreté inflexible Êitigua plus d'une fois la douceur naturelle du roi y qui s'en vengeait en l'appelant ma Bretonne ^ et s'excusait de sa propre condesceiidaiice, en disant qu'il Ëdlait bien payer par quelque complaisance la chasteté des femmes.
Du reste, il poussait les attentions pour la sienne jusqu'à la galanterie. Dans ses conquêtes, il faisait placer le chiffre de la reine et les armes ^e Bretagne à l'entrée des viUes qui ouvraient leurs portes. Cet amour mutuel était si of&ciellement déclaré, que les poètes de la cour furent
(i) « Sous Louis XII» son pouvoir s'accrut avec son expé- « rïéfice, jusqu'à \m tel pcnht qu'elle se mêlait même de dis-
« poser des plus grandes charges , le roi lui aceoi^ant cette « grâce, ou dissimulant sa hardiesse, pour ce que, disait-il^ « il faut souffrir beaucoup d'une femme quand elle aime son « honoieur ou son mari. » ( Méserai, Histoire de France » t. ii ,
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chargés de composer des espèces d'héroïdes que
les deux époux s'envoyaient lorsqu ils étaient séparés Fun de l'autre (i)* C'était une singulière idée, pour un roi âgé de près de cinquante ans, et pour .une reine qui en avait plus de trente, de s'adresser des lettres composées par leurs secré» tairci» et écrites en vers latins. Voici ce qiie le poète royal Eausto Andrelin de Forli ùàt dire à la reine dans une de ces épîtres :
Cara suo conjux mUtU pia scripta marito , Qaem doiet et patrus gaudei abesse focis :
SeUicet affieUtm mens anxia torquet amantem, Quod tant deliciis orba sit illà suis.
On croit lire les héroïdes d'Ovide.
Singulière destinée des réputations! si Anne fut morte du vivant do son premier mari , sa résignation au malheur, sa soumission envers sou époux , sa piété , auraient été les principales vertus rappelées dans son éloge. Unie, des i'àge de quatorze ans, à un prince qui n'était fait pour lui imposer ni par la maturité m par la supériorité de son esprit ou de son caractère, elle se trouva subjuguée, et supporta son sort sans murmure. Il parait qu'elle tremblait devant madame de
(i) Moutfaucon, Monuments de la monarchie ûi^ançaise, t. IV, p. 107 et suiv.
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Beaujeu, sa )>eIle*soettr. Devenue femine d*un
prince plus âgé qu'elle, d'un roi digne à tous égards de son amour et de ses remets , elle eut toute la coquetterie nécessaire pour prendre sur lui un empire absolu. Sou ambition sut en pro- ' fiter ; et elle signala cet empire par la disgrâce dé Louise de Savoie, comtesse d'Angouiéuie, et surtout par les conditions qu'elle imposa au roi dans son contrat de mariage.
Il est évident que ces conditions tendaient à séparer la Bretagne de la France ; car cette séparation devait avoir lieu , soit que Louis XII mourût sans enfants , soit qu'il en eut plusieurs. Les termes du contrat n'établissaient pas d'une ma-nière Bien positive le droit des filles, dans le cas où elles n'auraient point de frères. Il était clair que , s'il y avait deux fils , le second excluait l'aîné du duché de Bretagne. La raison de cette exclusion était que l'ainé héritait de droit de la couronne de France , et que la volonté des contractants était que la Bretagne eut un souverain particulier. Par la même raison, s'il y avait un fils et. une fiUe, le duché était réservé à celle-oi: mais on ne réglait point ce qui adviendrait dans le cas où ce mariage ne produirait que des filles.
Ce fut précisément ce qui arriva : il ne naquit de Louis ^11 et d'Anne que deux piincesses, Claude et Re^éet. L'^pnt du contrat était que
HISTOIRB BRBTACiri!.
les oouroimes de France el de Bretagne ne pussent être réunies sur la même téte , à moins que ce ne fut celle d'un iils unique. U y avait dans rhisloire de la Bretagne des exemptés qui per* mettaient à Tainée des filles d'Anne et de Louis/ l'espérance de recueillir ce âwkébé en héritage, tandis qu'une princesse n était point apte à hériter ùa royaume.
Ce n'était pas tout: on ne pouvait oublier que des filles .de la maison ducale a^ent été exclues de la couronne par des mâles qui en étaie^it moins rapprochés qu'elles. Louis XII et la noavelle reine s'en souvenaient si bien , qu'immédiatement après leur mariage , au mois de novembre i5oo, ils firent faire une enquête solranelle sur cette question , et qu'il fut reconnu que les filles ne pouvaient succéder au duché de Bretagne qu'à défaut de mâles (i); c'était le droit
(i) Ëaquéte faite par Tiirbé^ à instance du roi et de la reine I en la nlle de Nantes, le 19 novembre x5oo^ par laquelle est informé que les filles ne peuvent succéder au docfaé
de Rretii^nc , ti qne les mâles , encore qu'ils ne soient de ligne directe, ains collatéraux, doivent et peuvent exclure les tilles descendantes de droite ligne , et les4« fiUes sont 4otée^ et variées par 'meuKes. ( Archives de IJÏantes^ armoire A , eafr sette H. )
Un cahier en papier, auquel sont contenus les coritrctlits fournis audit procès par les sieur et dame de Rohan , à l'eneoiitie du roi et de la reine. Du ^ mai i5oi. (IM.)