‹ Histoire de BretagneChapitre 40 sur 80 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

public rég^é par le tndié de Gu^unde et par le

testament du duc François 1^.

Il résultait de toutes ces droonstances la Bretagne allait être séparée de la France immédiatefliêiit après la mort du roi; et c'était un point tellement reconnu , que Louis XII stipula Fatiénation de cette province , lorsqu'il lut ques-p tion du mariage de madame Claude. Cettè princesse fut promise, dès le berceau, à l'héntier des îtidsons d'Autricbe , d'Espagne et de Bourgogne, c'est-à-dire au jeune comte de Luxembourg , qui fut depuis l'empereur Gfaarles- Quint.

Ce traité, conclu à ïrente en i5o i , portait que iSoi. la princesse hériterait du duché de Bretagne du chef de sa mère, au cas que le roi mourût sans enfimts miles nés de la reine Anne; et que, s'il naissait plusieurs enÊmts du mariage projeté, l'tm d'eux prendrait le nom et les armes de Bretagne. Un voit que Louis XII était loin de considérer cette province conmie réunie au royaume, puisqu'il consentait à l'en détacher, ce qui n'aurait pas été possible si la Bretagne avait été définitivement incorporée à la France; car alors elle aurait été recueillie à titre d'héritage, comme le reste du royaume , par le prince appelé à la GOuroBiie. On prit même la précaution de com« muniquer ce projet de mariage et ces condi-

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2a4 HISTOIRE DE BESTAGNE.

lions aux états de Bretagne, assemblés à Vannes en i5oi (i).

i&oi. Trois ans après, une autre alliance entre le roi et Maximilien ayant été signée, à Blois, on y in* sera encore la clause du mariage de madame Claude et du comte de Luxembourg {^), toitjours avec la condition que la future épouse apporterait la Bretagne en dot à son mari , avec la Bourgogne, le comté de Blois, le comté d*Asti, Gènes, et le duché de Milan, si le roi ne laissait point de fils de son mariage avec la reine.

Ainsi , il était bien constaté que Louis XII ne regardait la Bretagne que comme une soiiverai** neté propre à la reine, et qui, à défaut d'enfants mâles, devait demeurer en héritage à sa fille.

Ce projet de mariage démembrait la monarchie. Dès qu il fut rendu pubhc , l'alarme, devint générale dans le royaume : le roi sentit à quels reproches il allait exposer sa mémoire ., s il laisr

( I ) VoyeK le& iostructioos données aux commissaires da roi» nommés pour tenir ces états » dmis les Actes de Bieta^»

t. III, |). 847.

(a) Actes de Bretagne, t. m, p. 866.

Copie des lettres du roi Louis XII 9 par lesquelles il autorise la reine Anne, pour traiter le mariage d'entre le fils ainé du toi des Romains, ét madame Claude, sa fille a&iée. Datée du 22 sepu iïibro 1 5o4. (Archives de Nantes, armoire K, cassette B. ).. -.:

LXYA£ HUXTiiME. 2^5

sait la France moins grande qu'il ne l'avait reçue. U fiât frappé d'une maladie qui mit ses jours en danger. Le chagrin rendait la fièvre plus ardente ; la fièvre amena le délire : la consternation .se répandit de la chambre du roi dans toutes 1^ pro* vmces. On tremblait de perdre un prince juste* ment aimé; mais on tremblait aussi de Tétat où la France allait se trouver réduite. Le cardinal d'Amboise, qui, comme ministre, avait été en- \oyé pour signer ce traité fatal, délia le roi, comme légat du pape, de l'obligation de le tenir. Les états-généraux vinrent à genoux conjurer le roi de ne pas. livrer le tiers du royaume à rétranger. Une promesse royale fut violée, et le mariage arrêté dans trois traités solennels (i) ne se réalisa pas.

Pendant cette maladie de Louis XII , la reine avait songé à se retirer en Bretagne. Dans ce dessein, elle faisait emballer et embarquer sur la Loire ce qu'elle avait de plus précieux. U y avait, sans doute, quelque chose d'ïncouvenant dans ces apprêts d'un départ précipité; cependant, comme il feut tenir compte de toutes les circon-, staiices pour juger les actions iiumaines, nous devons faire remarquer que la reine, au moment de se voir veuve, pouvait éprouver quelque

(i) De Trente, de Lyon, de li^ois.

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:à26 BISTOIAE DE BRETAGNE.

crainte de se ti'ouvcr sous l'autorité qui allait succéder à Louis %J1* La cooranne aUùt appartenir au œmte d'Angouléme , encore enfant, et

entre les maios de sa nière^ Louise de Savoie. Or^

cette princesse, femme de beaucoup d'esprit, avait précisément toutes les qualités et tous les dé&uts qui pouvaient établir l'antipathie entre elle et Anne de Bretagne. Gonmie la reine ^ eDe était jeune et belle : elle était ambitieuse ; la reine était impâîeuse et hautaine : eUe était hmse et

intrigante; la reine était dévote : elle était galante ; la reine £ûsait profession d'une grande sévérité. Aussi la comtesse il'Angoulême vivail^elle dans lia disgrâce. La reine lavait éloignée de la cour et l'avait £sdt reléguer dans le château d'Amboiset elle se trouvait fort délaissée, car le roi luimême n*osait aller la voir. Cette princesse , par k mort de Louis XII , allait se trouver en possession de Vautorité siftpréme; eUe aUait régner sous le nom de son fils; et la reine devait éprouver autant de crainte que de dépit de se voir exposée à dépendre d'une rivale qu'elle avait si peu ménagée. Ces circonstances peuvent, sinon excuser, au moins expliquer les soins dont die s'oceupail pendant l'agonie du roi son mark

Ije< cardinal d'Amboise n'était pas èncore arrivé d'Allemagne. JLes iunctions de premier ministre

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