‹ Histoire de BretagneChapitre 48 sur 80 · LIVRE ITEirVI&ME · texte numérisé non relu

LIVRE ITEirVI&ME

duché , après avoir eu douze cents ans ses princes particuliers et une constitution qui lui était propre, allait bientôt n'être qu'une province d'un grand empire ; que ses intérêts seraient sub« ordonnés à désintérêts plus généraux; qu'il n'y aui^ait plus de garantie pour les privilèges du pays, contre un prince puissant, qui disposerait des forces de tant d'autres pro vin ces j que bientôt les subsides de la Bretagne seraient employés ailleurs , les bénéfices ecclésiastiques envahis par des étrangers, les nobles obligés d aller servir le roi dans des pays lointains, et les Bretons réduits à reconnaître l'autorité d'administrateurs ou de magistrats qui ne seraient point leurs compatriotes.

D'autres, plus attentifs au cours des événements, envisageant la question sous un point de vue tout différent, représentaient que l'expé-

rience avait déniontré que, tant que la Bretagne resterait séparée, elle serait l'objet des inquiétudes

Maif où sont ceux qui ont eu leur deair En amitié sans qœlqae déplaisir?

Enfin , il fant ajouter que, pendant son séjour à Châteaubriauty en i5'52, le roi ût don à la belle châtelaine de la jouist sânce des terres de Rhuis et de Sucinio, qui faisaient partie^ de l'ancien domaine ducal. C'était peut-étre payer lliospita^

lité un peu uia^niiiquement.

a6o HISTOIRE DK BKF.T\GNE.

de la Fiance et des intrigues de TAngleterre; que

çe$ deux graudes piûssances ne pourraient jamais

éternelle rivalité, sans que la Bretagne se vît obligée d'y prendre paH, et exposée à être ftmtée par ses alliés comme par ses ennemis; que lape*» Htique des cabinets fomenterait sans cesse dans le pays des divisions intestines; de sorte qu'à chaque occasion, la Bretagne serait inévitable^ ment exposée au double flésiu de la guerté éti^ûgcre et de la guerre civile (i). L'union de la Bretagne avec la France était indiqué^ par k nature : c'était le seul moyen de jouir d'une paix durable; et enfin cette union n'emportait pas le sacrifice des privilèges du pays, car il n'y avait point de raison de croii^ que le roi se refusât à les confirmer.

La majorité de l'assemblée, convaincue, séduite, ou résignée, accepta k réimion; mais, lorsqu on proposa aux états de la demander eux^ mêmes, tous les esprits se soulevèrent contre

ridée d'aller au-devant du joug qu'on voulait leur

(i) Dom Lobineau a supputé que, depuis FélévatiMi de Cowan Mériadec à la royauté , jusqu'au mariage de la duchesse Anne avec Charles VIII, il s était écoule mille quatreviQgfridMc'«H$, et quê, daas cet intorvalie , il n*y avait p«» eu cent ans de paix.

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