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LIVRÉ SEPTIÈME

annes : aussi, dès son avènement à la couronne v

avait-îl fait signifier au duc de Bretagne la cléfen6e de s'intituler duc par h grâce iie Dieu, de frapper des monnaies d'or sans congés et de faire aucune levée sur les peuples, le roi se les réservant

Le traité d^Ancenis ne suffisait pas pour ras- i47«* surer le duc François. Louis XI, qui , de son côté , te soupçcmnait d'être toujours secrètement allié avec le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne ( i ), osa d'un moyen détourné pour l'oiiliger à se décFarer ou à commettre un parjure. Il lui envoya, en 1470 9 le collier de Tordre de Saint-^Michel, qu'il venait d'instituer, et dont les statuts portaient que les chevaliers faisaient serment de servir le roi envers et contre tous , et de renoncer à

toute autre alliance. Le duc s'excusa d'accepter cet honneur, en exposant dans un mémoire (a).

(i) Il avait raîsmiy car on trouve dans les archives de Nantes ( armoire cassette F ) lettre d'alliance entre

Charles, duc de Bourgogne, et François, duc de Bretagne. Datée du 19 avril 1469. Signée Le Gros, et scellée.

( Ët Ibid,, armoire cassette F } lettre du duc de Bourgogne, par laquelle il prie le duc de Bretagne de le secourir et aider à Tencontre du roi de France, lequel avoit violé les trêves qui étoieot entre eux. Datée le ii décembre 1470.

[%) Actes de Bretagne y t. m, p. 206.

Réponse que le dnc Firançois fit aiH sieur de Comminges» et les causes pour lesquelles il né vouloit prendre le collier

4o HISTOIRE D£ BRETAGNE.

d'ailleurs fort respectueux., toutes ses raisons excepté la véritable , se contentant d'indiquer les

articles des statuts qui lui paraissaient peu compatibles avec sa dignité.

Piqué (le ce refus , dont il pénétrait la cause ,

Louis somma le duc de se déclarer contre le roi d'Angleterre. François fit donner, par ses ambassadeurs, des explications, pour éviter une rupture. Le roi exigea que les principaux seigneurs bretons se rendissent garants de la fidélité du prince (i) ; à ce prix, un traité fiit oondu à Angers, en 1469 : mais, telle était la politique du temps et de ces princes sans foi, que, trois jours après, François II s'allia de nouveau avec le duc de Bourgogne, par un traité seçret signéà£tampes.

des ordres du roi. Signée Richard. ( Archives de Nantes, armoire K , cassette A. )

Papier, non signé, des articles et chapitres de l'ordre de

Saint-Michel, et de la réponse sur chacun ;n ticle que le duc fâisoît, remontrant qu'il lui seroit préjudiciable de prendre ledit ordre, et faire le contenu èsd. articles. ( Ibid,, armoire cassette F. )

(i) Acte de promesse faite par Jeau, sire d'Acigué, par le- <|uel il s'oblige par serment solennellement fait, d'entretenir et garder certains traités, alliances et promesses faites entre le roi et le duc; lesquels traités et promesses sont insérés

audit acte du juin i470- ^ Archives de iVantes, annoiie 1^ cassette A. )

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et avec le duc de Guienne (i). Pendant ce temps*

là, il se préparait à la guerre, rentrait dans le parti du duc de Berri; et il conclut» eu 147^9 ^* liance encore plus intime avec le roi d'Angleterre (a). Ce royaume venait de changer de maître* Édouard IV , premier roi de la maison d'York, avait précipité du trône Henri de Lancastre. Ce n'était pas un moment Êtvorable pour en espérer un secours efficace contre le roi de Finance; cependant il envoya au duc un corps de mille An^^s.

Cette ligue des ducs de Guienne, de Bourgogne et de Bretagne, donnait à. Louis de justes alarmes. Pour la rendre encore plus formidable , on imagina de marier le premier de ces princes avec rhéritière de Bourgogne. Le duc de Guienne était déjà fort suspect au roi , comme son frère et comme ayant été long-temps son héritier présomptif. Leur dernière réconciliation , qui avait été de si peu de durée, s était faite dans un bateau où l'on avait disposé une salle séparée en

(i) Lettre d'alliance faite entre Charles, fils et frère du roi de France, duc de Guienne , et le duc François. Datée le 17 mai 1469. ( Archives de Nantes, armoire L, cassette D. )

(a) Actes de Bretagne , t m, p. 246.

Mandement d'Édcmard, roi d'Angleterre, contenant confédération et ratification du présent traité fait entre lui et le duc. Daté du 6® mars, de son règne ie sixième. Signe Kin, ei, ^llé. ( Archives de Nantes, armoiiT B, cassette A. )

4a HISTOIRB BRETAGNE.

deux par une grille, tant était publicpiement

avouée la méfiance des deux frères. Le roi , aprè& avoir prodigué à toutes les églises les vœux, les ofirandes et les neuvaines, a^ait, dans la dixième année de son règne et dans )a cinquantième de son âge , obtenu du ciel un fils dont la oaissasice changeait désormais la positioii du duc. Mais, s'il éprouvait an secret plaisir à détruire les espérances de son frère, le roi ne pouvait penser, sans effroi , que, si le duc de Guienne réunissait à son apanage tout Thérîtage de la maison de Bourgogne, la France allait être en danger, par le voisinage d'un si redoutable vassaL II s'occupait avec ardeur de traverser le mariage projeté : il ofirait son fils, à peine âgé d'un an , pour gendre au duc de Bourgoj^ne ; il proposait sa fille au duc de Guienne, il tàdiait de susciter un ennemi au duc de Bretagne ^ en offrant au roi< d'É» cosse l'investiture de ce duché. Toutes ces intrigues n'auraient pas dissous la ligue ; les princes paraissaient déterminés à faire la guerre: mais la mort imprévue du duc de Guienne, empoisonné dans la fleur de la jeunesse par Urbain Faure, abbé de Saint- Jean- d'Axigely, son aumônier, rompit toutes leurs mesures. Le roi crut devoir prévenir les soupçons que la moi t du duc de Guienne pouvait et devait £ûre naître. Il écrivit au duc de Bretagne pour s'en disculper, et offrit

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