LIVRE S£PT1ÈM1É
de permettre que des commissaires bretons fe-
sent, à ce sujet, une enquête. Après les premières IwstiUtés, le duc de Bourgogne se laissa gagner et fit inopinément une paix séparée qu'on pouvait, à bon droit, appeler une défection.
Alors le roi fit marcher en Bretagne les troupes que, depuis quelque temps, il tenait rassemblées sur les frontières de la Guienne. La Guerche, An* cenis, Machecould , ouvrirent leurs portes, et le duc de Bretagne se vit réduit à négocier. Grâce à la duplicité de Louis XI , cette ressource avec lui était toujours Êiciie, mais peu sûre : on en obimait des trêves , mais jamais la paix. Le duc lui lit quelques soumissions , et on signa a Poitiers un armistice de quarante-cinq jours, qui fut ensuite converti en une trêve d'un an (i). Cet accommodement n'assura point encore la tranquillité de la Bretagne.
La méfiance entre ces deux princes était telle, que dans la paix ils s'<^servaient encore plus attentivement que durant la guerre , et leurs pré-
(i) Actes de Bretagne, t. m , p. ^54 et -272.
MaDiiement du roi Louis, par lequel il pcomeL et jure sur son hooneur ne faire traité ni appoîntement avec le duc de Bourgogne, que par le moyen et consentement du duc de Bretagne. Daté le i*' janvier 1472. ( Archives de Nantes ^ armoire L, cassette F. )
cautioiis avaient tous les caractères d'une haine invétérée. D'un côté, le duc rehouait sans cesse la ligue des maisons de Bretagne , de Bourgogne et d'Anjou ; de l'autre , Louis XI , indépendamment de ses soins pour semer la discorde parmi ses ennemis, travaillait à leur susciter des embarras domestiques , corrompait leurs serviteurs , achetait leurs secrets , influait à ieiu* insu dans leurs délibérations; il attirait à son service le jeune vicomte Pierre de Kohan, qui était le plus grand seigneur de la Bretagne, et employait, pour l'y retenir, les séductions, la conlrainte, les libéralités, jusque-là que, non content de lui avoir donné la terre de Gié en Champagne , et le collier de son ordre, il lui conféra, au bout de quatre ans (en 147^)9 1^ dignité de.maréchal de France : mais ce u' était rien en comparaison de
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par plusieurs alliances, appartenait à la maison de Bretagne, et à qui il n aurait âdlu qu'épouser la fille du duc pour prétendre au duché. Aussi son évasion occasiona-t-elle de vives alarmes en Bretagne.
Non-seuiemeut François II était d'un caractère à se laisser gouverner , mais il était dominé par trois personnes. Il lui fallait un fiivori ( n même temps qu'une maitres&e : ce dernier titre appartint constamment à Antoinette Magnelais , dame