‹ Histoire de BretagneChapitre 58 sur 80 · LIVRE NBUVIÈHB. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE NBUVIÈHB. 3o

nous avertit assez que ses récits ne peuvent être lus sans défiance^ ces Kgueurs s'emparèrent des portes, ameutèrent le peuple, armèrent les procureur», firent des processions tumultueuses, des barricades, louiiièrent les maisons; et Mercœur arriva à point nommé pour profiter de ces désordres. Le tidt ie Moiibarrot, gouverneur de la viUe (i), n'eut que le temps de se jeter dans la tour ]\Iorlaisc. 11 y fui assiégé, et se vit réduit à capituler.

Maître des deux princii3ales places de la province, le duc fit enlever le gouverneur de Fougères, et envoya assiéger Vitré par Talhouet; mais pendant qu'il parcourait le pays, pour y consommer cette révolution, les bons citoyens de Rennes entreprirent de se délivrer de l'oppression des fectieux. Le sénéchal Gui-Lemeneust«de-Bréquigny sortit uu matin de sa maison une hallebarde à la main, en criant vive le roi! Le président

Harpin, le président Barrin, se joignirent à lui. lilonj^arrot rassembla quelques soldats. Plusieurs

(i) On peut voir, dans la Coiicclioa des Actes de Bretagne, t. III, p. > une lettre du roi aux habitants de Rennes , pour les exhorter à rentrer dans l'obéissance.

Voye7, aussi le Journal de Jean Pichard, notaire, sur ce qui s'est passé à Aennes pendant la ligue. ( Même recueil, t. m, p. 1695. )

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gentîlskoinmes accoururent; le parti royaliste du parlement se déclara, les ligueurs fureiit chassés,

et cette capitale se maintint, au milieu de la guerre civile, dans k fidélité qu'elle devait au prince légitime. Les états de iSgS accj^uittèrent la dette de la patrie, en décernant à Gui-Lemeneust

une médaille sur laquelle on lisait : Ut olim dere publicd meriUSt sic et urbis Ubcratori patria cm" iulit {i).

Les principaux partisans de la ligue et du duc deMercœur, Guebriant, d'Olivet, Saint-Laurent- <TOrvaux, Bonpas, Villeserin, Gassion, Kergouet, Yauvert, Kerdrell, La Yieux'-Ville, Keralio, JMalenoé, Higuenaie, La Ghesnaye-Vaullouet, IMiterie, Loysel, de France, les Beaucez, furent dé- * clarés criminels de lèse-majesté (2). 11 fut ordonné de se saisir de leurs personnes et de leurs biens, même sans aucune forme de justice. Le temporel des évéques de Reunes et de Dol fut confisqué.

Cependant le roi Henri III, profondément affecté de la trahison du duc de Mercœur , ch^ chait encore à le gagner; et telle était Topinion qu'on avait de la noblesse de ses sentiments, qu'on lui envoya jusqu'aux pierreries de la reine, sa sœur. Mais poiu le duc il ne s'agissait pas de

(i) Actes de Bretagne, t. m, p. ï57«.

(a) Voyez leur arrêt, Actes de Bretagoe, t m, p, 1497.

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