‹ Histoire de BretagneChapitre 59 sur 80 · LIVRE NEUVIÈME. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. 3o

savoir seulement qui triompherait du rai ou de

la ligue; son dessein, en faisant révolter la Bretagne, était de détadier cette province de 1^ ioourounc, pour en devenir le souverain. La première partie de ce plan était déjà fort avancée. Tout le pa^s était à lui, à Texception de Rennes, Vitré, Sain^Malo, Châteaubriant, Montfort, Josselta, Ploermel, Malestroit, Brest, Quimper et Guérande.

La cour envoya le comte de Boissons, avec le titre de gouverueur , pour s'opposer à ces progrès; mais le duc de Mercœur le surprU dans sa marche , et l'enleva presq^ue aux portes de Rennes ( i ). On le remfilaça par le prihce de Ûombesyàpeine âgé de dix-sept ans.

Ce fut sur ces entre&ites <{u'amva. la mort de tSBg, Henri III. Le duc de M( r cœur envoya à Rennes le sénéchal de Fougères, pour annoncer que le roi avait été assassiné. Le parlement, indigné de voir un magistrat se charger d une pareille mission , et vienir de la part des ligueurs pour exciter un soulèvement, fit pendre l'émissaire le soir même de son arrivée , se déclara pour le nouveau roi , et prêta serment à Henri IV le 22 octobre 1569. Le duc usa de représailles, et fit pendre.

(i) Avtçs de Bretagne, t. m, p. 1A99.

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à son tour 9 un juge de Laval qui était son prisonnier.

* Cependant le changement de règne fit chan*

celer dans leur fidélité quelques-uns des seigneurs opposés au parti de la ligue. Le parlement donna l'exemple de la fermeté dans les principes, en .s empressant de reconnaître Henri IV, sous la condition que la religion cathcdique serait main* tenue, et que le nouveau roi serait supplié de l'embrasser. Mais le duc de Meroœur saisit cette occasion pour lever le masque; et, s autorisant <tê ce que la maison de Valois venait de s^'éteindre, il annonça hautement ses prétentions à la souveraineté du duché. La duchesse, sa femme, étant accouchée quelques jours après d'un fils, qui ne vécut que peu de jours, il le fit appeler prince de Bretagne, et s'empressa de reconnaître pour roi de France le vieux cardinal de Bourbon,. que la ligue venait de proclamer sous le nom de Charles X.

Le parti de Mercœur avait pourtant essuyé un

échec devant Vitré ; Talhouet avait été obligé de lever le siège, grâce à la généreuse résistance du commandant Dulac , qui s'y était vu investi n'ayant encore que quinze hommes de garnison. Vers le même temps , le château de Blain fut enlevé aux ligueurs. par un gentilhomme nonmié Le Goust, qui sut s'y maintenir par des prodiges

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