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d'audace et d'adresse. Châteauneui, le Plessis- Bernard, qui se rendirent sans beaucoup de résistance ; Quimper , que les prêtres firent soulever contre le roi, dédommagèrent la ligue de cette perte. Le zele de Févêque de Quimper et du sénéchal Jacques de Laporte ne put sauver cette place. On représentait à celui-ci que le nouveau roi était iiérétique. « Quand il serait un diable incarné, répondait-il, quand il aurait sur la téte des cornes longues comme le bras , je serai toujours son serviteur* 1»
Ces temps de désordre offrirent aux habitants is^. de Saint-Malo une occasion de renouveler leurs efforts pour se soustraire à la dépendance. On a vu que les ducs de Bretagne avaient &it construire un château pour contenir cette ville , qui leur avait échappé plus d'une iois. Cette citadelle avait été achevée sous la reine Anne. On y entretenait une bonne garnison, un gouVemeur dévoué; mais ces précautions importunaient, humiliaient la berté des Maiouins. Les plus impatients répandirent que ja grosse tour renfermait un trésor, que le gouverneur voulait vendre la ville* La sédition fermente , le parti est pris dVnlever le château; cinquante-cinq des plus audacieux (i) en escaladent les murailles pendant la
(i) L'un d*evpif qui se uommait Frotet de la Landelle, a
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âoë HISTOIAE DE BRETAGNE.
nuit, égorgent les sentinelles, attaquent la garde, tandift que eeuz du, dehoriA enfoncent la porte* commandant, surpris, est massacré, et les troupes du roi sont désarmées. Le duc de Mer«: cûeur essaya de profiter de cette révolte, en écri^ vantaux Malouins pour les féliciter sur leur vie* toire* Mais ils n'étaient pas plus» disposés à lui obéir qu à qui que ce fût. Ils fermèrent leurs portes à ses troupes, lui refusèrent jusqu'à un prêt de vingt mille écus qu il sullicitait, et décla* rèrent leur détermination de ne pas embrasser le parti de Henri IV, en feisant cependant des prières publiques pour la délivrance du nouveau roi * Charles X; mais en même temps ils emprisoU* naient leur évéque, et proclamaient leur neutra<* lité, presque leur indépendance, en proposant une espèce de coi^iédération avec les villes de Morlaix, Tréguiér^ Lannion, Roscof et Sainte Brieux.
Irrité de la fidélité dans laquelle le parlement
persistait^ le duc de Mercœur, de son autorité privée^ en créa.un autre à Mantes, et le composa d'hommes de son choix, qu'il réunit à qaèkpies dis^dents qui s'étaient séparés du parlement séant à Renned» C'était exercer déjà un acte de ^ouve*
écrit une histoire de Saint-Malo, pendant les troubles drils du sièdie. WL Boniard en possède une copie manuscrite.
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rainolé. Les detis com se firent la guerre par des arrêts, dans lesquds ou se menaçait réoipro» quement de la potence.
Le prince <le Dombes et le duc se Ëdsaient la guerre avec asM d'activité* Le premier prit Hennebond d assaut, et enleva Quimperlé pa^ surprifle. MMMontoiir se imdît à lui. Mercœur
attendait un secours de cinq mille hommes, ^ue le «roi 4l'£spa^e lui av4Ût promis. On ne pourvut se dissimider le danger qa^il y avait A introduire dans la|>rovince les troupes d'un prince qui prétendait aussi y avoir des droks. Ces aortes d'imprudences sont communes dans les guerres emits. Le rai d'Espagne mt le duc de Mercœîir s'étaient ligués pour arracher la Bretagne à la ftance, icn attendant 4e moment de m disputer
cette possession. Il s'agissait de favoriser le débasquementides £spagnols, qui devaient bientôt parsâtne à Tembouohune du Blarat ; mais îee poial de débarquement était défendu par un promciBtoii» ivmsin , sur ifiqeui était situé un jbourg appelé Locpéraa. h^s .troupes de la ligue attaquèrent wec^ime .grande vigiiéur cette ^position, dont la garde était confiée au courage des habi^ tanis, Us y firent Ja uésistanee la plus opii|iàtPe. Leurs femmes les seçondètîent. Eaûn, les assaillaiOs ayant emporté ces £ûbles retranchements, passèrent la. population de cette bourgade aafil
3(0 UI&TOiJB.£ D£ fiil£XÂGi^£.
de répée, sans épargner ni le sexe ni Tàge. On raconte qu'une trentaine de jeunes tilles, s'étant jetées dans une embarcation, et se yoyant sur le point d'être atteintes, se précipitèrent dans k m&r pour échapper aux outrages des vainqueurs.
A peine débarqués sur ce promontoire, les Espagnols s'empressèrent de s*y retrancher, pour s'assurer un lieu de refuge et une communication avec la mer. Les fortifications qu'ils y bâtirent firent comprendre Fimportance de cette position. Henri IV les fit détruire, et plus tard (en 1616) on vit, sous le ministère de Puchelieu, s'élever sur ce même promontoire une forteresse à laquelle on a donné le nom de Port-Louis , et qui commande une des plus belles rades de la Bretagne.
A l'aide de ce renfort d'Espagnols, le duc mit le siège devant Hennebond, qu'il força de capituler.
Rennes cette année , en 1 690 , fit voir à quoi le parti du roi était réduit II ne s'y trouvapas un évéque ; il y vint peu de gentilshommes, et seulement les députés des villes de Rennes, Vitré , Tréguier, Saint-Brieux , Moncontour , Quintin et Malestroit, Ces états jurèrent fidélité au roi, le sollicitèrent de &ire arriver en Bretagne des troupes que lui
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offrait la reine d'Angleterre , son alliée , et lui ac-cordèrent, outre les impots ordinaires, un secours de 74)500 écus, à la levée duquel, suivant Fusage, les nobles furent dispensés de contribuer. Celte assemblée adressa au roi ses doléances contre la licence des geus de guerre, qui employaient la corde, le fer et le feu pour rançonner les payi>aus et le commerce.
- Le duc de Mercœor, de son côté, convoqua
des états à Nantes. On y vit arriver les évêques de Quimper et de Léon, un assez grand nombre de gentilshommes et de doutés. La ville de Saint-Maio ne voulut point y envoyer les siens, quoiqu'elle y eût été invitée trois fois; elle s'en excusa sur la distance et sur les dangers du trajet Cette assemblée établit des taxes, et jura les articles de i' union ; mais le duc n'osa pas encore se fiure reconnaître pour souverain du pays.
Ainsi, il y avait en Bretagne deux gouvernements, deux parlements, deux corps des états. La ligue avait les Espagnols pour auxiliaires: deux mille quatre cents Anglais arrivèrent, qui venaient renforcer le parti royaliste. On voit que cette malheureuse province ne jouissait guère de cette paix tant promise, comme résultat de s<m inccNrporation à la France.
Les deux armées se rencontrèrent dans une
3ia HISTOI&£ DE BaETàGlfE.
plaine misiiie de Guingamp. Celle des Kgneafs
était de dix mille hommes, ayant dix pièces de canon de gros calibre. Le grince de Dombes
n'avait que cinq cents cuirassiers, deux cents arqosbiuiers k cheval, deux miUe>cmq cents hommes d'infanterie française, à peu près autant, d'Anglais, et qnaitre canons. Cependant il attaqua avec beaucoup de résolution , et les charges de son infuiterie obligèrent celle des ligueurs àseréplier derrière les lignas des Espagnols ; mois ee fut à cela que se bornèrent les avan,tage$ du parti myaliste. Les deuâL troupes 'restèrent en présence, échangeant quelques coups de canon sans efifet Après six jours d'inaction le duc de Mercœur s'éloigna, et le lendemain le prince de Dombes vit arriver dans son camp le Êimeux capitaine Ijanoue, Breton de naissance, que les états avaient supplié le roi d'envoyer au secours de sa patrie. Sa présence redoubla Tardeur-des troupes. On marcha à Fennemi^ qu on ne tarda ptts k atteindre; mais le duc ne voulut pas com*mettre sa fortune au hasajrd d'une bataille, il se rràra^du'coté de'Pontivy. . .
Les royalistes allèrent former le i>iége de Lamballe, contre l'avis de Lanoue. Qn mit deux canons én batterie, on fit une petite brèd^ an mur, et conune on disputait sur la question de savoirs! elle était praticable, Lanoue monta sur
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un débris de muraille pour l'observer. Une balle, partie du rempart, lui efQeura le front, ter* mina ia de Yvm des capitaines les plus illustres 'dix siède, de ïua des hommes qui, par letftr BôUe probité , ont le- plos honoré la Bre- Uigne et la profession des armes. Le prince de Bombes, affligé, de. œtte perte, renongaaa siège de Lamballe.
•Jusqu'en 159Q la:giietTe n'avait produit aneim 1593.
événement dont les suites fussent importantes.
' Les maladies qoi attaquaient les troupes an«gkdnes obl^rent de les myoyer en Anjou. Le général de l'armée ^royale, d^a, plus ciiTConspect qu'il «tt'àppartenait >à son âge , le . lut alors <par nécessité. Son adversaire, embarrassé autant qa'aidé par ses amuliaireB les Eqiagnols, s'appliquait suitout à ne pas compromettre les d^oiq^ea qui 'étaient à lui. *ll en résulta qu'ils se rén contrèrent plusieurs fois sans se combattre. Iliy eut cependant entre Craon et ^Chàteaugon-
' tier une affaire dans laquelle les troupes du princedel)ambes,«surpri$es,iurent mises en déroule avec .perle'de^ aîx cenis hommes. Cetéehec* tit éclater la mésintelligence entre le prince et le parlement, entre les troupes du ni et les Anglais. Geux-ci , réduits au nombre de sept ou huit cents, damandèrent à* se retirer par la Normandie ; mais , dans leur mai che , ils furent atta-
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qttés par les ligueurs, et détruits presque entièrement.
Le 17 septembre idga ^ iine escadre espagnole de deux galères et dix -huit vaisseaux mit des troupes à terre dans* le voisinage de Tréguier. Cette ville, hors d'état de faire aucune résistance, fut prise, f>illée et brûlée eu partie.
La discorde qui régnait dans Rennes portait un grand préjudice aux affaires du roi. Le parlement mettait des obstacles à toutes les levées de deniers que voulait faire le gouverneur, tandis que. les états de la ligue, assemblés à Vannes, fournissaient au duc de Mercœur un subside de 6,000 livres par mois et un fonds de j 1 'jy^^\i\Tes, Le prince de Bombes, piqué des contradictions qu'il trouvait dans le parlement, traitait ce corps de magistrature avec une bauteur qui aigrissait les esprits, et, de son autorité privée, il faisait diasser de la ville un président , soiïs pré* texte qu'il avait des intelligences avec les ennemis.
Pendant qull se compromettait par ces abus de
•pouvoir et s'abandonnait aux plaisirs avec toute la fougue de son âge, ime conspiration se tramait pour livrer la ville de Rennes aux ligueurs. Le duc de Mercœur avait gagné un jeune homme nommé Jean de Rieux, marquis d'Acérac , et celui-ci avait concerté son projet avec le baron de Oapado,
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