‹ Histoire de BretagneChapitre 7 sur 80 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

(le Villequier; l'autre emploi était alors occupé par le sire de Lescun , dit d'Aydie, seigneur gascon , ent3^ depuis quelques années au service du duc , après s'être montré assez brillauiuient dans celui de Charles VII (i)- Le troisième personnage qui exerçait aussi un grand empire sur l'esprit du prince était Landois, son grand-trésorier.

Le ministre avait embrassé le parti opposé à la France , portant toujours le duc à se jeter dans la ligue des princes mécontents et dans l'alliance de l'Angleterre. La maltresse sujyait ouvertement le même système et recevait en secret des bienfeits du roi. Le favori , qui se donnait pour le plus grand ennemi de Louis XI , s'était laissé gagner par lui. Quelques historiens le représentent comme un homme d'un esprit agréable , d'une bravoure éclatante, et qui, toujours français dans le cœur, quoiqu'il eût quitté le service du roi, et même combattu dans les rangs de ses ennemis, s^occu* pait avec droiture et avec le zèl(^ d'un bon citoyen de réconcilier la France et la Bretagne. Mais, pour mériter tous ces éloges, il ne Ëillait pas, étant au

(i) « Est à savoir <pi'il est des marches de Béam et de Gas- «I congne, si inapte èt très-pauvre géntilhomme de son estoc,

« si pauvre qu'il n'avoit de sa part une sf^iile maison pour s'v " retirer. £stoit fortadexU-e, bon honanit' d'armée, et fort bien « à cheval, très entrant, bien parlant et hardi avec les princes « et seigneurs, v ( Histoire de Charles Vm, par Jaligny. )

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service du duc, accepter du roi une gratificatioa

de vingt-quatre mille écus d or , une pension de six mille livres, avec le comté de Ck>mmiage$, et la promesse de plusieurs gouvernements (i).

L'homme qui disputait à ce brillant £sLvori la conduite des affaires était Pierre Landois, fils d'un tailleur d habits de Vitré: admis d abord au service du duc comme valet de garde-robe, il était parvenu à s'emparer de la coidiance de son maître et à gouverner les finances ; si le^iavori était engagé au roi de France par des bienfoits , le ministre passait pour être pensionnaire du duc de Bourgogne. Il y a toujours une alliance naturelle entre les ministres de ce département et les maitresses des princes : aussi la dame de Yillequier, embrassixnt , au moins en apjjarence , les vues politiques de Landois, appartenait-elle à l'Angleterre, comme Lescun appartenait à la France; mais avec cet avantage , que 1 inclination naturelle du duc ne le portait pas vers Louis XI. Un événement inattendu vint établir de nouveaux rapports entre François II et le roi d'Angleterre.

La tempête jette sur les côtes de la Bretagne deux princes du sang des Lancastres , qui cher-

(i) D. laillandicr, continuateur de Dom Moricej Histoire d« Bretagne, L ii , p.

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chaient un asile en France. François 11 les retient; Édouard veut qu'on les lui livre; Louis les réclame : le duc s'excuse envers Tun et envers lautre; mais, pour garder ces otages et ménager l'usurpateur du trône des Lancastres , il les &it enfermer dans une de ses forteresses. Dès-lors iidouard, voyant deux princes qui pouvaient devenir ses compétiteurs, entre les mains du duc de Bretagne, cherche à se lier plus étroitement avec François, pour s'assurer de sa fidélité. Il lui promet de venir lui-même à son secours avec une armée, à sa première réquisition; et ils concluent ensemble contre le roi de France im traité dans lequel ils admettent le duc de Bourgogne. Louis XI, qui en avait découvert le secret, dissi- u?^* muia; et, déterminé par Tin terven lion menaçante du roi d'Angleterre, dont la hauteur allait jusqu'à revendiquer le royaume de France , il voulut bleu convertir en traité de paix définitif la trêve qu'il avait accordée au duc de Bretagne. Ce traité fut signé le 9 octobre 147^ (i), à Fabbaye de la Vic-

(i) Acte$ dfi Bretagne, t. m , p. 28G , 287.

Traité de paix fait à Senlis entre le roi Louis XI et le duc de Bretagne ^ par lequel ils promettent respectivement s'eotr'aider et secotnrir Ttin l'autre envers tous, cassant et révoquant tous autres actes et confédérations qu'ils pou voient avoir fait auparavant^ et faire rendre et restituer les biensk

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toire , près Senlis. Les deux princes commencé-

d'une partie et autres, qui auroicnt été pris ou saisis du temps des guerres. Daté le 9 octobre i475.

- Lettres da roi Louis Xlf .par lesquelles , suivant le traité et appointemeut de la paix faite eutre lui et le duc de Bretagne, il lui promet et accorde tenir et garder sa personne eu toute franchise , liberté , et ne contraindre à partir ni aller hors de son pays de Bretagne y si ce n'est de son vouloir et plaisir. Datées d'octobre i475.

Autre lettre du roi Louis , par laquelle il octroie mainlevée au duc de Bretagne et à tous ses sujets et serviteurs, des terres et possessions qu'ils tenoient au royaume de France, suivant le traité de paix naguère fait entre eux. Datée le aS novembre 147 S*

Autres lettres du roi Loub, contenant les déclarations de plusieurs doutes et difficultés qui s'étoient trouvés èsatticles de la paix faite à Senlis » aud. mois d'octobre , entre led. Louis et le duc. Données à Arras, le a8 juillet i477* ( Anïhives de Nantes, armoire I , cassette D. )

Lettres patentes du roi Louis XI, contenant le traité de la p.\\\ faite à la Virtoire-lès-Senlis , entre lui et François dernier duc de Bretagne, et autres princes et seigneurs de son parti. Datées du 9 octobre i47^- ( làid., armoire L, cassette A. )

Lettres de Louis, roi de France, contenant promesse et serment solennel , de tenir et entretenir la paix , amitié et alliance entre lui et ledit duc François dernier, et de lui bailler les scellés des seigneurs de son sang, barons et évé*> <pies de son royaume. Données à la Victoire-lès-^enlis, le 16 octobre 147 5. »Siçrné Louis, et, sur le repli, Vivion, et jscellées. ( Jbtd,, armoire N , cassette D. )

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