LIVRE NEUVIÈME. ' 3x
qui venait de présider l'ordre de la- noblesse aux
derniers étots , et un autre gentilhomme nommé de rÉtang-fireilmarin. Le gouverneur, en ayant eu avis, fit sur-le-champ arrêter, juger par un conseil de guerre, et décapiter ces deux derniers, D'Acérac était absent , il échappa au supplice. Ces jugements militaires, quoiqu'on n'en contestât pas la justice , excitèrent de violents murmures contre le prince. On disait qu'il avait du ressen* tintent contre le baron de Crapado, parce que celui-ci avait porté aux pieds du trône les plaintes de la province contre l'administration du gouverneur, et on l'accusait d'avoir sacrifié ce gentilhomme à sa haine personnelle autant qu'à lasûreté publique.
Une trêve de trois mois fut conclue, en iSgS, »^ entre le roi et les chefs de la ligue; mais le duc de Mercœur, qui affectait l'indépeudance d uu prince souverain , refusa d'y souscrire , et continua les hostilités. Les Espagnols, alliés des ligueurs, s'étaient établis au Blavet, et fortifiaient cette place pour avoir toujours un pied en Bre» tagne. Les Anglais, dont les royalistes ne cessaient d'implorer le secours, demandaient à oc* cuper Brest. La Basse-Bretagne était désolée par des bandes de partisans, parmi lesquels un gentilhomme de la maison de Beaumanoir, nommé Guion Éder de la Fontenelle, acquit par ses bri-
3l6 HISTOIRE DE BRETAGITE.
gandàges une affreuse célérité , indigne de oe sang illustré par la bataille des Trente.
Telle était la situation de ce malheureux pays. U partageait tous les désastres de la France , en attendant que la fortune le donnât au due de
Mercœui , à Philippe II, ou à Henri IV : mais lout était près de changer de £8LGe. Henri, en abju* rant le crivinisnie, aTÛt détaché de la ligue quelques catholiques moins exaltés, qui ue Tavaient Icmg-temps repoussé du trône que comne hérétique. Le duc de Mercœur y perdit quelquesHins de ceux qui jusque-là a^vaient servi son parti avec zèle et avec valeur. Les plus considérables furent Lescmnet, gouv^neur de Concarneau, ^ Talhouet , qui commandait dans Redon. Ils m» le trahirent pas, ils le quittèrent après Tavoir mutilement «exhorté A iîdre sa paix ; mais , -dans isar accommodement avec le roi , ils traitèrent de U pkoe que le duc leur avait confiée.
Le prince de Dombes avait été rappelé et remplacé ^ns le gouvernement de Bretagne par le Rtt»édhal^d'Aumo»t(a). On tkmktàitnn lie sDeam à iiennes, on y fiiisait ime procession solennelle pour rendre >groces à-Bieu de ce que :Baris mait ouvert «es portes au roi le 92 mars iSg^- La reine Lotnse , veuve* de Henri IH et sœur du duc
(i) Actes de Bretagoe, t ui, p. 1^646.