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LIVRE NEUVIÈME

de Meroœur, avait été envoyée jusqu'à Ancenîs

pour négocier la paix avec sou frère. Les conférences ajRint été sans résultat^ le nouveau gouverneur se mit en campagne pour délivrer la fiasse*Bretague des brigands qui l'infestaient. Il en fit pendre plusieurs, dispersa les autres, les réduisit à se cacher, et entreprit le siège du château de Moriaix ; mais à peine cette place fat^lie rendue, que les Anglais demandèrent qu elle leur fut remise. Il fidlut £iire trsdner l'af&ire en longueur. Le maréchal prétexta qu'il attendait les ordres du roi: on écrivit en Angleterre, et, à force de gagner du temps , on éluda la demande, et la place ne fut point livrée aux étrangers, dont le projet était évidemment de s'y fortifier et de s'y établir.

Les habitants de Saint^Malo, voyant que le

parti de la ligue s'affaiblissait , envoyèrent faire des soumissions au roi, qui les reçut en grâce (i), et leur accorda des privilèges , dont les principaux furent quils se garderaient eux-mêmes, que ie roi nommerait un gouyemeur de leur ville, mais qu il n'y enverrait poait de garnison; qu^ife seraient exempts de tous impôts pendant six ans; enfin, qu'ils exerceraient leur commerce avec une entière liberté, en se conformant seule-

(i) Actes de Bretagne, t. m, pw i6o5.

3l8 HISTOIRE DE BRETAGNE.

ment aux traitiés existants entre la France et les

puissances étrangères.

Quimper, le fort de Crozou, bâti par les Espagnols , et le château de Corlé, près de Pontivy, capitulèrent (i). Cependant la reine Louise était depuis huit mois à Anoenis, trayaillant sans succès à disposer le duc, son frère, à la paix: tant il était difficile de le décider à renoncer bxûl brillantes espérances qu'il avait conçues; les Espa-

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minaient. Il ne pouvait répondre ni de ses alliés, ni de ses partisans , ni de lui-même. Aussi reprit-il plusieurs fois les conférences, toujours dans la vue de tromper et non de se réconcilier.

Un de ses confidents lui ayant demandé s'il songeait encore à se faire duc de Bretagne, il répondit : «Je ne sais pas si c'est un songe, mais il dure depuis plus de dix ans. w Pendant les conférences il écrivait au duc de Mayenne : « Ce que je fids et ai fait jusqu'ici, n'est que pour contenter la reine et les esprits de notre parti qui recherchent trop curieusement la paix, résolu, au reste, de continuer la guerre et de me conformer ^ vos conseils. » Cette lettre inteN ceptée fit désespérer, pour cette fois , de la possibilité d'un accommodement.

. (i) Actes de Bretagne, t. m, p. 16091.

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La guerre se prolongeait ; les états de Rennes

accordèrent un subside de trois cent mille écus au roi , mais en le suppliant de ne pas souffrir que les Anglais occupassent un port en Bretagne; et ces alliés intéressés, perdant Tespérance de former un établissement sur cette côte, repassèrent la mer et retournèrent dans leur pays.

La retraite de ces étrangers n'était pas sans inconvénients. Les troupes du roi dans la Basse- Bretagne, ne se trouvant pas assez nombreuses pour tenir la campagne , se virent obligées de se borner à la garde de quelques points fortifiés , et laissèrent les bandits continuer impunément leurs brigandages. Fontenelle, leur chef , s empara de Douamenez, en fit une place d'armes, répandit la terreur dans les environs, et tua en un seul jour jusqu'à quinze cents paysans, qui avaient voulu se délivrer de son voisinage. Attiré dans une embuscade, il y fut pris; mais, au lieu de le livrer à la justice, le lieutenant-général Sainte Luc lui rendit la liberté, moyennant une rançon de quatorze mille écus.

Dans la Haute - Bretagne , le maréchal d' Anmont, épris de la comtesse de Laval, alla, pour lui faire sa cour, assiéger le château de Camper, qui appartenait au fils de cette dame, et que les ligueurs occupaient . Il y reçut une blessure mortelle. Il fallait lever de nouvelles troupes ; on de-

3aO HISTOIRE DE BEETAGITE.

manda beaucoup d'argent aux états; Us mar-

chandèreîit long-temps, et accordeient six cent mille écus , non sans se plaindre vivement de k dilapidation des subsides.

La difficulté de continuer la guerre avec vigueur détermina le roi à Êdre reprendre les cou» férences avec le duc de Mercœur, qui s'obstinait à ne point traiter séparément des Espagnob ni du duc de Mayenne. Enfin, on convint trunt; trêve de quatre mois (i). Mayenne venait de Ëûre sa soumission ; Henri était réconcilié avec le samtsiége; les Espagnols , qui avaient obtenu des succès considérables sur la frontière du nord de la FVance, maîtres de Cambrai , de Calais, de Doulens et d'Amiens, ne permettaient plus au duc

de Mercœur de se flatter qu'ils fissent la gucnt en Bretagne pour lui en procurer la possessm, Dès oe moment sa politique se réduisit à Aire craindre au roi qu il ne remit ses places aux £spagnols, et à ceux-ci qu'il ne s'accommod&t avec le roi. INégocier dans un pareil système, c'est Êdre l'aveu de sa fiedblesse autant que de sa du* plicité, et se mettre à la discrétion du plus entreprenant.

Le roi, dont les forces étaient occupées au siège d'Amiens, ne pouvait guère espérer de

(i) Actes de Bretagne, t. m, p. i638.

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