‹ Histoire de BretagneChapitre 71 sur 80 · LIVRE irSUYliltE · texte numérisé non relu

LIVRE irSUYliltE

rois librement, c*est que Ion Toit les comtes de Bretagne fort puissants , même sous les descendants de Giovis. Ces comtes, ainsi que les ducs, étaient^ ii est ▼lai, des officiers éiabUs par nos rois pour exercer en leur nom le pouvoir civil et militaire; et si peu à peu ils devinrent moins dépendants , il n'en est pas moins vrai qulls reconnurent toujours le roi de France comme leur souverain. »

On voit qu ici l'écrivain pose en fait précisément ce qui est en question; quune ligne de Grégoire de Tours lui suffit pour soutenir que GIotîs a rég^né sur la iiretagne: cela n'est nullement prouvé; et, quand cela serait, il ne s'ensuivrait point que ies rois, comtes ou ducs de Bretagne, ne fussent que des officiers établis par les rois pour y exercer , au nom de ceux-ci, le pouvoir civil et militaire. L histoire tout entière dément cette assertion. Enfin elle dément à chaque pa^c cet autre fait, donné comme constant, que ces princes ont toujours reconnu la souveraineté des rois de France.

Si cela eût été vrai, à quoi bon faire demander la réunion par les états? Si les états demandèrent cette réunion , c est apparemment qu'elle n'existait pas. Si elle fut consentie, ce fut une espèce de contrat. S'il y eut contrat, il y eut des conditions ol)ligatoires de part et d'autre. Voici comment le contrôleur^énéral s en tire:

«Tout ce qui s'était passé pendant le démembrement na pu empêcher que nos rois, au moment de la réunion , ne rentrassent dans tous leurs droits sans restriction et sans réserve , parce que le seigneur n'est

366 HISTOIBK DB BRBTAGITB.

jamais lié par les actes de son vassal qu'il n a point spécialement approuvé» ^ mais ici le droit dépend principalement des faits.

« Vous allez voir s*îl est vrai que la légitimité de cette union dépendit absolument du consentement des états, si c'est à la nation que le roi a dû cet accroisse* ment de sa domination ^ et si cest elle qui s est volon* tairement soumise.

«Les Bretons étâient*ils libres de se donner? Anne n était- elle pas duchesse ? N'était - elle pas , en cette qualité I vassale du roi? Le ûe£ quelle tenait de ses pères sous la protection du roi , ne le possédait -eDe que de Taveu et du consentement des Bretons? Pou- Talent* ils en disposer? A.nne elle-même eût - elle pu l'aliéner sans le consentement de son seigneur ?

« Claude de France , iilie aînée de la reine Anne , était donc f suivant les lois^ et indépendamment de tout oofisentement des états, ducliesse de Bretagne. Elle a pu remettre et donner au roi un fief qu'elle tenait de Itû. Du moins est-il vrai quelle a pu en transmettre k propriété à son fik. Geliû - ci était donc duc de Bretagne sans laveu des états. Le consentement des états, ^e Ion voudrait faire Taloir comme son titre, est done une dnmère.

« C'est une erreur manifeste de soutenir que Tune des conditions du traité de maria^ entre Louis XD et la reine Anne fut la conseryation des privilèges de la province. Si le roi doiiiia des lettres patentes pour le maintien de ces privilèges, il ne le fit que comme «vait fidt Charles Vlil ; ce fut un acte de sa libre justice.

Page 1