LIVRE PREMIER
&bles de la (ïrèce. Saint Martin de Yertou, vi* caire de saint Félix, évéque de Nantes, étant allé porter la parole de Dieu dans les environs de cette capitale, s'arrêta dans une ville nommée alors Herbadilla, dont les habitants étaient fort corrompus. Us Técoutèrent avec dérision. En punition de ce crime, un abîme s'entr'ouvrit; des eaux brûlantes en sortirent , qui engloutirent la cité coupable. De tous ses habitants, deux seulement furent sauvés , l'homme et la femme qui avaient donné l'hospitalité à saint Mactin; encore celle-ci s'étant retournée, malgré la défense du ihissionnaire, pour voir ce désastre, fut-elle changée en pierre. Le lac de Grand-Lieu, voisin du bourg d^erbauges, occupe aujourd'hui la place où fiit Herbadilla (i).
Les fictions de la féerie durent naturellement Féerie. trouver la même croyance dans un pays d'où elles étaient originaires. Le fameux roi Ârtur, chef des chevaliers de la Table ronde, était d'ongine armoricaine. Amadis, Lancelot, Tristan, la fée Morgane, le barde Myrdhin, dont nous avons fait Merlin l'enchanteur, héros, ou historiens de la féerie, étaient nés, dit-on, dans l'Armorique. Un roi de Bretagne du nom de Hoel , et à qui les chro-
(i) Actes de saint Martin de Vertou, preuves de l'histoire de Bretagne de D. Morice, t. i , p. 196.
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niques ont donné le surnom de grand, était le compagnon d'Artur; il l'avait aidé à conquérir l'Angleterre , la Norwège et les Gaule$. C'était le Thésée d'un autre Hercule; et, comme il était arrivé aux Hercules et aux Bacchus, les fables qu'on débitait sur ces héros modernes n'avaient été dans le principe que le récit amplifié de leurs exploits.
Par exemple, l'histoire dira que les barbares avaient envahi l'héritage d'Hoel , et qu'Artur lui fournit des secours pour le recouvrer. La fahle raconte qu'un géant descendu des Pyrénées avait enlevé la nièce d'Hoel, nommée Hélène, et s'était retiré avec sa proie sur le sommet du mont Saint- Michel; que là il avait soutenu un long siège contre les Bretons, accourus pour délivrer leur princesse, écrasant les uns sous des quartiers de rochers, dévorant les autres tout vivants, jusqu'à ce qu'enfin le preux Artur vint punir le ravisseur et venger la belle Hélène, qui était morte dans les bras de l'horrible géant.
Les prophéties de Merlin étaient accréditées dans l'Armorique, comme de l'autre côté de la mer dans le pays de Galles. Les deux peuples attendaient avec la même confiance la réapparition d' Artur; car ce héros n'était pas mort : il était endormi au pied du mont Ethna , on l'avait vu dans la Palestine, il errait dans les forets de la Bretagne; et toutes ces aventures s'étaient telle-