LIVRE SECOND
plicables aujourd'hui pour Fhistoire ; et au milieu de cette complication d'intérêts , tous les partis oubliant également les intérêts de la patrie , chercher à se fortifier de l'alliance des Normands, appeler ces pirates au sein de la France , et leur donner, par des traités conclus avec eux, une existence politique. Ce fut une faute que* Charles-le4!Ihauve et Salomon eurent à se reprocher tour-à-tour : mais les pirates étaient au plus ofrant, et leur inconstance ne respectait pas les traités.
Celui que Charles et Salomon venaient de con- G"**^"**
J- contre les
dure contenait les mêmes conditions qui avaient Normand». été stipulées avec Érispoé ( i ). A peine les deux princes étaient-ils réconciliés, que les Normands font une nouvelle invasion sur le territoire de France; et, par la conquête d'Angers, ils se trouvent postés entre les deux royaumes. Charles se hâte de rédamer le secours de Salomon , comme son parent et son ami (a). Non - seulement il lui
(i) Factd ùaqœ pactione cum Sahmone quant dudum cum Herispiù feceraî tiiscessit, ( Reginon. )
(2) Ipsumgue Salomonem tanquam consanguineum et cornpatrem amicahUiter deprecaxas est ut in ejus auxiiium ventre veiiet, (Chronique de Nantes; Recueil des Historiens de France, t. 7, p. a20. )
donne dans ses lettres le titre de roi (i), non-seulement il lui envoie une couronne d'or enrichie ae chl^îei de pierreries , mais il y ajoute des libéralités encore stiomo"Jîiî P"^^ importantes : il lui donne le comté de Coutances , une partie du territoire d'Avranches et le Cotentin. C'est apparemment par une suite de ces donations que Salomon prenait un peu Êistueusement le titre de prince de toute la Bretagne et d'une grande partie de la Gaule.
(i) Le P. Sirmoncl s'exprime ainsi à ce sujet, dans une note sur un capitulaire de Charles-le-Chauve , qui sera rapporté ci après : Apparet Karolum bellis Britannieisfatigatum régis nomen et insignia Brittonibus aliquandà concessisse, qiiod qtùdem in veterescheda monasteru sancH Michoelis adnotatiun reperi his verbis : Salomon ad obsidionem andegàvensem in auxilium Karolo venit. Hujus rei gratiâ Karolus Salomoni régi Brittonum habere permisit circulum aiireum , et purpuram, et archiepiscopalem sedem, et proprium numisma, et insuper omnia régi convenientia, et non solùm illi, verùm etiam succéssoribus suis deinceps habenda permisit. Sedparum exactœ fidei hœc narratioy nam ut omittam quod hœc multd ante obsidionem andegàvensem gesta videantur, ex hoc loco patet régis nomen à Karolo non omnibus deinceps Salomonis succéssoribus, sediis duntaxat concessum fuisse qui superstites tune erant et de quibus inter ipsos conventwn, ( Recueil des capitulaires , t. 2 , p. 809. ]
Cette explication du P. Sirmond est peu naturelle , surtout si on se rappelle que les souverains de la Bretagne étaient déjà bien antérieurement en possession du titre de roi.