‹ Histoire de BretagneChapitre 105 sur 192 · LIVRE SEGOITD. ^^l · texte numérisé non relu

LIVRE SEGOITD. ^^l

ne put en obtenir ce qu'il sollicitait, c'est-à-dire Tindépendance de l'église de Bretagne et l'envoi ànpallium à l'archevêque de Dol (i).

Il se peut aussi que toutes ces instances de Salomon n'eussent pas uniquement pour objet les intérêts politiques , et que le meurtre de son parent Érispoé pesât sur son cœur.

On assure que depuis l'an 870 , il méditait un pèlerinage à Rome. Ce ne pouvait pas être pour

sols, trente chemises, trente pièces de drap de diverses couleurs, trente peaux de cerfs, trente paires de souliers pour vos domestiques , et enfin une offrande annuelle de trois cents sols; le tout afin que vous veuillez bien nous confirmer à per pétuité la dignité que vos prédécesseurs avaient accordée aux nôtres. Ces présents sont bien peu de chose; mais daignez vous souvenir des deux deniers offerts par la pauvre veuve dan» le temple du Seigneur. » ( Recueil des Historiens de France, t. 7, p. 596.)

(i) On a contesté Tauthenticité de cette correspondance, et, en effet, il y a bien quelques raisons d'en douter : par exemple, on rapporte ainsi la formule de la réponse du pape Adrien : « Dilectissimo fiUo amantissimoque Salomoni régi JBrittonum cum omnibus suis Jldeiibus, Adrianus Dei gratid papa, perennem salutem »; et on fait remarquer ( Vignier, p. asi4 ) <iue cette formule n'a jamais été celle de la chancellerie apostolique. D'Argentré rapporte une réponse du pape qui accorde le pallium, Dom Lobineau a inséré dans les Preuves de son Histoire de Bretagne, t. a, p. 63, cette même correspondance; mais il n'y est question que d'une demande de reliques : encore la lettre du pape paraît-elle fort suspecte.

24^ HISTOIRE DE BRETAGIHE.

aecommoder l'affaire de ses évéques j car il devait savoir que plus il y mettrait d'empressement , plus la cour de Rome se montrerait difficile. Il avait assemblé les principaux seigneurs de son royaume pour les consulter sur ce voyage , qu'ils ne lui pei^ mirent pas (1)9 à cause de l'inquiétude que les Normands leur causaient ; et en effet , il serait difficile de voir à quelle époque ces dangereux voisins lui auraient laissé le loisir de l'exécuter.

En réponse à tous ces messages, il reçut du saint-père un bras du pape Léon III et quelques autres reliques.

Enfin, après sept ans de règne, affaibli par la

maladie , fatigué du poids de la couronne , toujours

pressé du besoin de §e réconcilier avec l'Église, et

Il veut peut-être aussi avec lui*méme, Salomon s'était

quer. j^^^pjj^jjj^ ^ rétablir tous les anciens évéques dans

leurs sièges , et à abdiquer en faveur de son fils.

Il avait convoqué à cet effet un^ assemblée des > grands du royaume , mais on n'y vit arriver que

deux évéques et deux comtes.

Conjuration Une conjuratiou s'était formée: l'évéque de

qui se forme •' *

contre lui.

(i) Faetum est hoc Fil i4> julii II y ferie ifi Penret, iUo anno quando voluit rex Salomon Romam ire, sedpnncipes ejus non dimiserunty propter timorem Normannomm. (Extrait àf% Actes lie saint Salomon, rapporté par Dom LolnBeau, t. 2, p. 6q. )

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