LIVRE second
trône trois princes d^ la femille de Nomenoé, qui , suivant toutes les apparences , n'avaient rien de commun avec l'ancienne dynastie des souverains de la Bretagne. La descendance masculine de cette seconde dynastie s'éteint avec Salomon III. Il ne reste qu'une fille d'Érispoé , mariée à Gurvand, l'un des chefs de la dernière conspiration ; mais elle ne récueille point en totalité l'héritage de son père et de son aïeul ; elle ne règne pas même de son chef; c'est son mari qui gouverne en son propre nom le comté de Rennes , dont il s'empare. La Bretagne se divise en plusieurs principautés plus ou moins indépendantes. Nomenoé, * Erispoé , Salomon , engagés dans des guerres dispendieuses, obligés de réclamer l'appui des hommes puissants, avaient suivi l'exemple des descendants de Charlemagne , et distribué à leurs partisans des bénéfices à vie qui devinrent insensiblement des fiefs héréditaires (i).
Les deux principaux chefs de la conjuration ^74. qui avait précipité Salomon III du trône, com- p»squiten, mencèrent par un partage. Pasquiten devint de vannes. comte de Vannes, Gurvand se réserva le comté Ourrand, de Rennes. On n'indique point la démarcation de Rennes. de leurs états ; mais ces deux parts ne comprenaient pas toute la Bretagne. Il y avait dans
(i) Droit public de la province de Bretagne, chap. 4-
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l'ouest; quelques seigneuries indépendantes : nous (en verrons bientôt sortir un comte de GornouaiUev Dès que Ghar]es-le4^hauve apprit la mort de Salomon, il publia un capitulaire par lequel il ordonnait à ses fidèles sujets de recouTrer ce royaume que la nécessité des temps Tavait obligé de laisser aus: princes bretons ^ suiyant un traité ^ qui se trouve annulé^ dit<^il^ parce qu'il ne reste personne de . leur postérité ( i ). Ce capitidaire constate d'abord que la Bretagne était reconnue pour un royaume ; en second lieu^ que les princes de la Êimille de Nomenoé en avaient conservé la ' possessioh en vertu d'un traité , de l'aveu du roi de France^ et que celui-ci ne réclame cette sou«veraineté que parce que cette dynastie se trouve éteinte^ Mais une ordonnance ne suffisait pas pour empêcher les grands du pays de se le par^ tager ; et ce partage ^ fait sous les yeux du roi de France , sans qu'il s'y opposât autrement que par une vaine protestation, prouve assez que la France n'exerçait pas une suprématie avouée sur la Bretagne.
(i) Qualiter regnum qùod necessûate Brittonibus quondam juramento confirmatutn fuerat y quia de Ulis quibus firmatum est nullas superstes est, àfidelibus nostris recipiatur. ( Capitulaires de €haries-le-Chauve de 877, art. ^3. Recueil des Capitulaires, t. a, p. a66. J