LIVRE SECOND
ne s'en sauva , dit - on , que quatre cents. Quel- > ques chroniques ajoutent qu'au moment de. commencer le combat, Alain s'engagea, par un vœu, à payer la dîme de tous ses biens à saint Pierre , si , par son intercession , il obtenait la victoire. Cette campagne qui eut lieu en 888 , lui mérita , parmi les Bretons , le surnom de grand.
Il le fut en effet par sa fi[énérosité envers les »««»««■ ^
r D comte
enfsmts de son rival. Laissant à Bérenger, fils de ^« aame». Judicael, l'héritage de son père, c'est-à-dire le .comté de Rennes , il réunit sous sa propre autorité la ville de Nantes, et presque tout le reste de la Bretagne (i). Les Normands lui fournirent, en 891 , une nouvelle occasion d'ajouter à sa ^9»gloire. Après avoir emporté Coutances , ils se jetèrent sur la Bretagne; mais ils furent défaits dans deux batailles, et obligés de regagner les bords de la Seine (a). Alain régna pendant trente
interemptOy in ditionem Alaniomnis Britannia devenu quant etiam strenuè gubemavit» ( Annales de Metz. Recueil des Historiens de France , t. 7 , p. aoa. )
(i) Chron. Britan. Actes de Bretagne , t. i, p. 4, et Recueil des Historiens de France, t. 9, p. 83.
(2) Britanni vero viriUter suum defensaverunt regnum, atque qfflictos Danos Sequanam redire compulerunt, ( Annales de S. Vast. Recueil des Historiens de France, t. 8, p. 88. )
L'article porte la date de 890; mais il faut remarquer qu'à
u5o HISTOIRE D£ BRKTAGNE.
907. atw, jusqu'en 907 > ayant porté successirement les titrés de oomte , de duc et de roi (i). Pendant tliut ce règne ^ l'histoire ne dit rien des rapports de la Bretagne arec la France.
Alain avait eu plusieurs enÊints , mais il y a
apparence qu'ik étaient morts arant lui. Sa suc-^
cession fut recueillie ^ on ne ^it pas bien à quel
Giamàn- titfe , par Gurmhaillon , oomte de Cornouaille ,
^ et par Mathuedoi ,, comte de Pohen Le premier
Cornouaille, i ■
et puis passe pour son neveu ^ le second était son gendre. Vannes. Mais les Normauds , délivrés de la ^^aibte que. Nouvelle p(>uvait ieur inspirer leur vaintrueur, revinrent
invasion des ^ * •■■
Normands, pour v©ngfer leur déraite. Ils entrèrent dfens la Bretagne par la Loire ^ s'emparèrent de Nantes pour la quatrième fois^ en rasèrent les murs, qu'Àlâin avait relevés , se répandirent dans le
partir de 8Ô5, il y a une erreur d'un an en moins dans toute la chronologie de ces annales. Dom Bouquet en avertit dans la préface de ce même volume.
:^nno 891 9 Normanni duobus continuis prœtiis in Britcmnia graviter attriti, in regnum Lotharii classant ttan^erunt. (Annales de Metz. Recueil des Historiens de France, t. 8, p. 71.)
(i) Mabillon ( Annales benedict., liv. 41 j S 64 ) cite deux actes qu'il a vus, et dans lesquels Alain prenait le titre de roi. Mais Dom Bouquet, dans k préface du 8^ vol. du Recueil des historiens de France, prétend que Mabillon s est trompé, et que ces actes doivent appartenir à un autre Alain.
LIYRfi SSGOirU. fiS»!
pays > et y laissèrent même une colonie, ou plutÀI un camp (i). La population dispersée errait pour échapper à la mort Les uns se réfugièrent daiis les provilices Toisines; les autres, se jetant dans des barques , allèrent demander un asile à cette terre d'outrenner , d'où , dans (me circonstance semblable, leurs ancêtres étaient venus autrefois. Ge qui restel fut réduit en escla\«ige, et eti&metlé par les vainqueurs comme un tU troupeau.
A la tête de cent, qm se réfugièrent en Angle* terré, étaient ce Mathuedoi, comte de Pohér> dokit je viens de parler , et son fils Alain qu'il avait eu d'une fille d'Alain-k*Grand (a).
Les barbares devenaient de jour en jouf* ]^lus difficiles à contenir. Maîtres de Nantes, ils avaient
(i) Incon Nordmannus qui morabatur in Ligeri cwn suis Britanniam pervadit y victisque et pervasis et cœsis velejectis StittohihuSf regione potùur. [ Chronique de F&odoard. fteci^ lies Historiées de France, t 8, p. i88. )
ikféttfert&s cornes NùrdMannoSy quilÀgerùnfluPium occupaveroRt^ per quinque memses obsedit^ acc^tisqwe €d> eis vbsidibus, Britanniam ipsis quant TMStapemnty cum NaMtetico page concessit. ( Ibid. , p. 177. )
(a) Fugit autem tum temporis Mathuedoi cornes de Pofœr adregem Anglorum cumingentimultitudineBrittonum, ducens secUih Jilium. suum , homine Alanum, quem ex fiUâ Alani magni genuerat. {Chronicon Nannetense, Recueil des Historiens de ï'france , t. 6, jï. ^76. )
âSa HISTOIRE 0£ BRETAGNE.
remonté la Loire , pillé Angers , brûlé Tours , et obligé Orléans à se racheter par une contribution. Les indignes successeurs de Charlemagne les avaient laissés s'établir aussi à Fembouchure de la Seine. Le comte de Paris , Eudes , qui s'était emparé de la couronne de France , énergique et audacieux comme le sont ordinairement les usurpateurs, leur opposa, pendant quelque temps, une barrière ; mais on les avait accoutumés à faire acheter leur retraite. Charles-le-Gros les avait déterminés à lever le siège de Paris, moyennant une rançon de sept cents livres pesant d'argent. Eudes, lui-même , traita avec eux après la prise de Meaux. Ce fut bien pis sous Charles-le*-Simple. Ce prince , pour être délivré de leurs invasions , leur offrit des provinces.
9"- Non - seulement il leur abandonna cette côte
Le roi que déjà ils possédaient à l'embouchure de la Charles- Seiue , mais il leur céda aussi les droits qu'il s'arcède aux rogeait sur la Bretagne. Ainsi , quoique les rois de ses droits Fraucc , depuis plusieurs générations , n'eussent Breto^c. ni gouvemé , ni su défendre cette province, Charles-le-Simple , à l'insu des Bretons , sans leur aveu , la donnait aux Normands. Le fait en luimême est incontestable ; il ne peut ^élever des doutes que sur l'étendue et la nature de cette cession.
Examen de Q^ traité de Charles - le - Simple avec RoUon ,
la nature *■