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LIVRE TROISIÈME

Comtes et ducs de Bretagne de la a« dynastie :

Comtes Comtes Comtes Comtes

OB YAnrss. db Rbnnbs. db Nahtbs. db Coritouaillb.

A^lainlV; Drogon; HoelIV; Guérech;

Alain V,

dttc4«Br«tagiie, too8;

Conan II,

âme de Bretafm, io4o.

Bérenger; Conan I*""; Geoffiroi I«J,

duc d» Breta^ue .

Alain IV; Drogon; Hoel rV; Guérech ; Alain V,

dac de Bretagne , 1008;

Judicael; Budic; Hoel V,

duc de Bretagne ,

Gurmailhon; Alain Cagnard; Hoel V,

duc de Bretafne.

Alain Fergent,

dnc de Bretagne , 1084 :

Conan III,

doc de Bretagne .

ma.

Établissements pour l'administration de la justice. -— Robert d'Arbrissel Pierre Abeylard. — État des seigneurs

et des serfs. — Afïranchissement des communes. — Droit de bris et naufrage. — Éon de l'Étoile.

Désordres dans la famille ducale.

Comtes de Nantes.

Ducs DE Bretagite.

Hoel; Geoffroi.

Eudes, 1148; Conan IV, II 56.

La Bretagne abandonnée au roi d'Angleterre. — Résistance du baron de Fougères. — Ducs de la maison de Plantagenet. — Geoffroi, 11 69. — Guerres des fils de Henri H contre leur père. — Assise du comte Geoflroi, ou règlement sur les successions nobles. —- Constance, duchesse de Bretagne, 11 86. — Ses mariages. — Artur , duc de Br©r

^74 HISTOIAB DC BRBTAGNE.

tagne, 1196. — Captivité de Constance, sa mère. — Prétention d'Artur sur la succession de Richard-Cœur-de-Uon, roi d'Angleterre. — Décision de TafTaire entre les métropoles de Dol et de Tours, 1199. — Guerre entre Jeansans-Terre et Artur, laoa. — Captivité d'Artur. — Artur assassiné par Jean-sans-Terre. — Gui de Thouars , duc de Bretagne, i2o3. — Jean-sans-Terre condamné par la cour des pairs ; ses états du continent confisqués. — J^ariage d'Alix, héritière de Bretagne, avec Pierre de Dreux, laïa. — Le duché passe dans la maison de France.

Note sur la nature de l'hoomiage que les ducs de Bretagne

faisaient au^ rois^de Franc^.

On juge quel dut être l'étonnement , le ressentiment de la nation bretonne , lorsqu'elle apprit que le roi de France, disposant d'elle comme d'une chose qui lui appartenait, l'avait placée sous la mouvance des barbares qui avaient si souvent dévasté la Bretagne , et avait promis au duc de Normandiele serment de fidélitédesprinces bretons. La lutte entre les deux peuples fut longue et sanglante. Elle commença l'année même du traité de Saint-Clair (i), et dura pendant trois

(i) Dax Normannoram Britamnos rebelles sibi stdjfugaçù aique de cibarus JSritfonum ioium regntim sibi concessum sujficienfer papit, (Histoire de Guillaume de Jumiége, liv. a, chap. 19; recueil des Historiens de France, t. 8, p. 258. )

Posteris nosiris notificandwn est quuUter Britannia Alino fuii usurpatiifè subdita RoHom pagani ni armoruni daei Neus-

cents ans ; l'avantage n'en demelira pas toujours aux Normands. Rollqn , pour soumettre ses nouveaux sujets , fit ravager leur terntpU*e pendant cinq ans. Son fils , Guillaume-Longue^Épée , fut obligé d*y revenir deux fois. Un soulèvement gé- 931 . héra|, éclata dans tout le pays le même jour, ag septembre 931. Les Normands qui s'y trouvaient répandus furent attaqués de toutes parts; ib per<diiTjenti marne une bataille près de Trans , petit bourg du diocèse de Rennes. Mais de nouveaux désastres firent bientôt expier aux Bretons ces généreux efforts pour recouvrer leur liberté. La d^yjsion de lg< Bretagne Qn plusieurs principautés, et l'i^puiss^ce de la France, favorisaient beaucçtup les succès de ces étrangers. D'un autre côté , les Ît9rmand5 se renforçaient de jour en jour :

mr'tmi^^fm^^m^'

triœ* Quo MoUone mortuo firùtones rebellavenmty S0d Çmir lelmus eos fortiter dindt^ ac Beren^arium et Alanum ducçs etiam expulit et patriam paulisper in sud subjectione quietè tenuit* GnUlelmo mortuo, Rtchardus ej us filius succedii, Deinde Brùtonesaffecù^ntes semper se àservitute Normannorum retnt" hère se erexerunt contra Normannos, sed Rkhardfis gravissîmo iteràm prœlio eos subdit, ciuitatem eorum Dolum destruxity archiepiscopo dolensi in portd ecclesiœ extincto, Sed post modum omnes Brittones in uno affectu et voluntate congregati dencerunt Normannos et extra Britanniam manu validé expulerunt, et interfecerunt ; et ab illo tune fuerunt Britanni à sefvitute et oppressione Normannorum Dei gratid libefi, (Chronique de Saint-Brieiix, recueil des Historiens de France, t. 12, p. 565. )

ay6 HISTOlAÊ DK hn^^AGNE.

les rois de France leiir faisaient' sans cesse 'dé nouvelles concessions , tantôt le Maine , tantôt le comté de Nantes ; la Bretagne se trouvait environnée par les barbares.

On a vu que l'héritage de Judicael , comte de Rennes , avait été recueilli par son fils Bérenger. Depuis la mort d'Alain -le- Grand, le comté de Vannes était possédé par Gurmhaillon , comte de Cornouaille. On ne sait absolument rien sur celui-ci , pas même l'époque de sa mort : les ravages des Normands, la dépopulation du pays, avaient peut-être interrompu la série des princes bretons. ^' Le jeune Alain , petit-fîls , par sa mère , d'Alaîii-

^^Jû/^' le-Grand , et que son père avait emmené en An- Barbe-Torte, gletcrrc , rcpassa la mer avec ce qui restait de

de Vannes. Bretous exilés (i), quand lès troubles furent im peu calmés. On le voit reparaître vers Tân 987 , sous le titre de comte de Vannes. Les historiens le distinguent des princes du même nom par le surnom de Barbe-Torte. Il est le premier exemple, dans l'histoire de Bretagne , de la transmission de la souveraineté par les femmes ; car il ne faut

(i) Congregatû navium parvitate, cum suis Britannis qui ibidem adhuc superstites erant, venit per licentiam régis. ( Chronicon Nannetense, Recueil des Historiens de France, t. 8, p. 276. ) On peut voir aussi la chronique deFrodoard, an 936, même recueil, p. 190.

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