‹ Histoire de BretagneChapitre 121 sur 192 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

temps Son grand -oncle, l'assiégea clans le châ- loateau du Lude , et le força de restituer au comte du Maine des terrres qu'il avait usurpées.

Ce» premiers succès enflèrent le cœur du jeune prince. Il fit enlever la fille du comte de Chartres, qui n'était âgée que de treize ans, et l'épousa. Il se crut en état de refuser l'hommage à Robert, duc de Normandie, son cousin; mais celui-ci , qui était un prince guerrier, entra aussitôt en Bretagne, et dès la seconde campagne réduisit son vassal à se désister de ses prétentions à l'indépendance (i). Ce fut durant cette guerre que, pour défendre sa frontière contre les Bretons, le duc de Normandie fit construire , sur

(i)« Le duc Robert subjugua Alain, duc de Bretagne, son cousin, qui ne lui vuuloit faire hommage, et puis après Robert, l'archevêque de Rouen, leur oncle, en fist la paix, par tel que le duc Alain fist hommage par parage de la duché de Bretagne , comme avoient faict ses antécesseurs. » ( Extrait d'une Histoire des ducs de Normandie , trouvée parmi les papiers de Dom Mabillon, recueil des Historiens de France, t. X, p. 276. )

« Cette expression d'hommage par parage est employée, disent les auteurs de ce recueil, t. xi, préface, p. clxxv, pour signifier l'espèce d'hommage que les comtes de Bretagne ne faisaient .qu'avec répugnance aux ducs de Normandie. » '

On peut voir un récit de cette guerre dans la chronique manuscrite de Normandie , qui a été insérée dans le même recueil, t. xi, p. Bai.

la rivière du Coesnon,un château qui est devenu la ville de Pontorson.

Il était dans la destinée d'Alain de Êdre successivement la guerre à tous ses parents. Eudon, son frère , ayant sur ces entrefaites atteint sa majorité, il fallut régler son apanage. On lui assigna les pays de Dol, Saint-Malo, Saint-Brieux (i) et Tréguier, dans lesquels le frère aîné ne se réserva que les villes principales et la souveraineté. Ce partage était assez beau; cependant le jeune prince en fut mécontent, plusieurs seigneurs appuyèrent sa révolte. Il fallut l'assiéger et battre ses troupes , pour mettre un terme à ses prétentions. On a remarqué (2) que c'était , en Bretagne , le premier exemple d'une guerre à laquelle les barons eussent pris part. Ceux qui se rangèrent ^ous les drapeaux du duc, ne Êdsaient que s'acquitter du service imposé par la loi féo-

(i) On n'est pas d'accord sur la question de savoir si Saint- Brieux faisait partie de cet apanage. Voyez , sur cette question, les Recherches sur la Bretagne, par M. de Laporte, 1 2, p. Soa* et suiv. : mais on ne peut guère se refuser à croire que le prince Eudon eût la possession de Saint-Brieûx; car cette ville devint la capitale du comté de Penthièvre, dont ce partage (ut l'origine. Je dois cette remarque , et beaucoup d'autres critiques utiles, à M. Ed. Richer.

(2) Dom Morice, a* vol. des preuves de l'Histoire de Bretagne, préface, p. xviii.

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