LIVRE TROISi:feME
son père, avec Mathilde, fille naturelle du roi d'Angleterre , Henri I^'. Des différents qui existaient entre celui-ci et Louis-le-Gros , roi de France , furent pacifiés immédiatement après la mort du duc Alain -Fergent. Quoique la Bretagne n'y fiit point intéressée , le duc y était intervenu comme auxiliaire du roi Henri. Par le traité de paix conclu àGisors,en i ii3,le roi de France, entre plusieurs xii3. autres concessions , reconnut la suzeraineté du roi d'Angleterre , comme duc de Normandie , sur toute la Bretagne; de sorte que si, par le traité de Saint- Clair, fait deux cents ans auparavant, la cession de la mouvance n'avait été que partielle , dès ce moment elle fut générale.
Sous le règne de Conan III , et pendant bien des années, la Bretagne fiit le théâtre de guerres civiles, non -seulement entre les seigneurs, mais même entre les moines.
Une même possession , celle de Belle-Ile-en-Mer, . <f^^^^^
MT ^ ' Civile entre
avait été donnée successivement par le duc Geof- d" moines. froi à l'abbaye de Redon, et par Alain -Cagnart, comte de Cornouaille,aux religieux de Quimperlé. Il en résulta entre ces deux couvents , d'abord un procès, puis des excommunications, puis une véritable guerre (i), qui dura plus de cent quarante
[i) Relatio controuersiœ inter ahbates Kimperlegiensem et Retonensem pro Belld Insiiid, scripta à Gurhcdeno monacho
ans, et qui a eu son historien. L'autorité ducale fut compromise plus d'une fois dans ce différent, parce que la puissance ecclésiastique se mêla d'une contestation dont l'objet était purement temporel. Un légat du pape en devint l'arbitre , et il affecta de condamner les moines de Redon , en feveur de qui Conan s'était déclaré.
L'évêque de Nantes donna, dans le même temps, un dangereux exemple d'insubordination. Il se mit , lui et son église , sous la protection immédiate (lu roi de France, comme l'archevêque de Dol s'était mis , quelques années auparavant , sous la protection du duc de Normandie.
Régiemeuts Les scigucurs, divisés en plusieurs fections,
de Conan m , . . .
qni souvent armes les uns contre les autres , avaient
protègent les Tassanx contre les seigneur».
KimpertegiensL (Recueil des Historiens de France, txiv, p. 191.)
Belle- Ile appartenait, dans le xi siècle, à Alain-Cagnart. Ce prince était mineur : le duc Geoffroy I**, son tuteur, disposa de Belle- Ile en faveur des moines de Redon. Alain , devenu majeur, réclama cette propriété, et en dota, en 1029, labbaye de Quimperlé. Voilà Torigine d'un procès qui a duré cent quarante-trois ans, entre If s deux couvents. Depuis, cette propriété fut réunie au domaine de la couronne par le roi Charles IX, sous prétexte que les moines n'étaient pas en état de la défendre; puis donnée aux comtes de Retz; puis vendue par ceux-ci au surintendant Fouquet, pour 1,400,000 liv.