‹ Histoire de BretagneChapitre 146 sur 192 · LIVRE TRQISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRQISIÈME

un autre mariage leur donnait l'Aquitaine (i). Il était naturel que leur ambition s'étendît jusqu'à mettre un pied en Bretagne. Ce furent toutes ces circonstances qui décidèrent le choix des Nantais. Ils repoussèrent Hoel et Eudes qui étaient de race celtique ou bretonne, et ils préférèrent Geolfroi, non parce qu'il était frère du roi d'Angleterre, mais parce qu'il était Angevin. C'était une véritable scission. Ce fut par Nantes que l'étranger pénétra en Bretagne. Les Nantais ne s'attendaient pas que la préférence donnée au fils du comte d'Anjou allait fournir un prétexte au roi d'Angleterre pour réclamer leur ville comme un héritage.

Ainsi , tandis que Hoel , se prétendant fils de l'ancien duc Conan III, affectait un droit de souveraineté sur toute la Bretagne , Eudes , son beau-frère , le repoussait comme fils désavoué , et lui opposait les droits de Berthe, reconnue

(i) Foulque, comte d'Anjou, épousa la fille du comte du Maine. Il en eut Geoffroi , comte d*Anjou. Celui-ci épousa Mathilde , fille du roi d'Angleterre Henri V^. Il en eut Henri H, roi d'Angleterre; Geoffroy, comte de Nantes ( celui dont il s'agit ici ) , et Guillaume. Henri H , roi d'Angleterre , épousa Aliénor d'Aquitaine. Il en eut Guillaume, Henri III, qui fut roi d'Angleterre; Richard, id, ; Geoffroi, duc de Bretagne , par son mariage avec Constance , fille de Conan IV, et Jean-sans-Terre, roi d'Angleterre.

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35ô HISTOIRE DE BRETÀCNE.

par l'ancien duc pour son seul en&nt; un prince voisin se mettait en possession du comté de Nantes , et en même temps un quatriètne concurrent se présentait pour les exclure tous à-lafois.

C'était le j eune Conan IV , fils de Berthe et d' Alaindîi"de ' le-Noir son premier mari. Il opposait à son oncle Bretagne, f légitimité de sa naissance ; et à son beau-père , que les droits d'un second mari ne pouvaient prévaloir sur ceux d'un fils du premier lit. Au milieu de ce conflit , Berthe , dont on invoquait les droits, semblait être la seule qui ne pût les exercer. C'était une chose inconnue jusqu'alors qu'une femme régnant par elle-même. Celle-ci n'eut jamais aucune influence dans les affaires ; on sait à peine qu'elle faisait des vœux pour son fils contre le rival qu'elle-même lui avait donné.

Il y eut , comme on voit , pendant quelque temps quatre prétendants à la souveraineté. On ignore ce que Hoel devint après son expulsion de Nantes. ii58. Geoffroy, qui l'avait supplanté, mourut en ii58. Eudes se voyait ainsi débarrassé de deux de ses compétiteurs ; mais son concurrent le plus dangereux, qui était son beau -fils, croissait en âge, et lui faisait une guerre dont les succès furent quelque temps balancés.

Conan , défait en bataille rangée , se voit obligé de se réfugier en Angleterre ; il reparaît bientôt

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