‹ Histoire de BretagneChapitre 147 sur 192 · LIVRE TROISIEME. 35t · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. 35t

à la tête de quelques troupes que le roi Henri II lui avait confiées pour l'aider à ranimer son parti. Rennes et Nantes lui ouvrent leurs portes. Eudes, fait prisonnier, s'évade de sa prison, fuit à son tour, et trouve un asile à la cour de France. Conan IV est proclamé duc de Bretagne.

Cette possession ne fut pas tranquille. Une ligue de seigneurs du pays se forma contre le nouveau duc. Il recourut encore à l'appui du roi d'Angleterre. Ce dangereux protecteur, qui n'oubliait pas que son frère Geofifroi était mort comte de Nantes , passa la mer, entra en Bretagne, battit les seigneurs confédérés contre Conan; mais il prétendit que le comté de Nantes devait lui appartenir, parce que son frère l'avait possédé ; et comme il était déjà maître , sur le continent, de la Normandie , à titre dTaéritage maternel , du Mairie , de l'Anjou , de la Touraine , comme fils des comtes d'Angers , et de l'Aquitaine , qui lui avait été portée en dot par sa femme Aliénor, il Êdlut bien reconnaître ce droit prétendu , et Conan se rendit auprès de lui à Avranches , pour lui faire l'entier abandon de Nantes et de son territoire (i).

(i) Cives prœclarœ urhis nannetensis certam vel in quo sibi cotnplacerent dominum non habentes, ejus ( Caufredi ) industrie et strenuitate invitati, eum sibi in verum ^t cer;tum dominum elegerunty atque accersito ctintatem, cum adjacente

35a HISTOIRE DEBRETAGNE.

Cette soumission n^empécha pas Henri de i*eprêcher à son protégé de s'être présenté devant cette ville après la mort de GeoÉfroî , et d'avoir osé en prendre possession ; en punition de quoi il confisqua, au profit de sa couronne, le comté de Richemont^que Conan possédait en Angleterre, comme héritage d'un de ses ancêtres, compagnon de Guillaume-le-Conquérant.

D'un autre côté , Eudes , qui avait été accueilli à la cour de Louis-le-Jeune , reparut en Bretagne

provinciây tradiderunt. At nondum hac felicitate functum mors immatura sustuUt. Moxque eamdem civitatem cornes Richemundiensis [Conanus), qui tune transmarinœ Britannica magna ex parte prœsidehat, tanquam verus possessory intrahit. Quitus auditisy rex ( Henricus II) dato mandata Eiehemundensem comitatumfisco appUcari, illico ex AngUâ in Nofmannîam transjretavity et civitatem nannetensem tanquam jure fraterno successionis reposcens , eumdem comitem magni apparatûs tcrroribus ità perstrinxit, atque infregity ut inx te~ pidè obtentari conatus , civitate resignatâ, insistentem placaret. ( Guillaume de Neubrige, Histoire d'Angleterre, liv. a, recueil des Historiens de France, t. xiii, p. 104. ;

In festivitate Sancti Michaelis ( 1 1 58 ) , venit Conanus cames redonensis et sui Britanni cum eo Ahrincas ( Avranches \ et reddidit régi [Angliœ) urbem Nannetes, cum toto comitatu Mediœ ( le territoire dit de la Mée ), valente, utfertury vnmilUa solidorum andegavensis monetœ. ( Robert Dumont, continuateur de la chronique de Sigebert, recueil des Historiens de France, t. xiii, p. 3oi. '

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