‹ Histoire de BretagneChapitre 15 sur 192 · LIVRE PREMIER. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. 3l

meurs dans la province Romaine, de lever des matelots et de s'assurer de pilotes. Ses ordres furent exécutés avec diligence , et il se rendit à son armée aussitôt que la saison le permit.

Les Venètes et les autres peuples apprenant l'arrivée de César, et sentant de quel crime ils s'étaient rendus coupables en jetant dans les fers des ambassadeurs, dont le nom est sacré chez toutes les nations, se déterminent à Eure tous les préparatifs nécessités par la grandeur du péril, lis donnent principalement leurs soins à la marine , et avec d'autant plus d'espoir qu'ils mettaient leur confiance dans la nature des lieux. Par terre, les chemins étaient coupés de fondrières : par mer, le trajet était difficile aux Romains, qui ne connaissaient pas cette côte , sur laquelle il y avait d'ailleurs peu de ports. Ils comptaient aussi que la disette de grains forcerait bientôt l'armée romaine à évacuer leur territoire ; « et enfin , disaientils, quand toutes nos espérances seraient trompées, sur mer nous sommes supérieurs aux Romains. Ils n'ont pas de vaisseaux, ils ne connaissent ni .les bas-fonds ni les îles de ces côtes où ils vont faire la guerre , et il est bien différent de naviguer dans une mer fermée ou sur l'immense Océan. »

Leur plan concerté , ils fortifient leurs villes , qui n'étaient autre chose que des camps, et y transportent des grains. Ils rassemblent te phis

grand nombre de vaisseaux possible dans les ports de la Yénétie; car ils jugeaient bien que c^était là que César porterait ses premiers efforts. Ils se liguent avec les Ossismiens, les Lexobiens, les Nannètes, lies Ambiolites, les Morins, les IHablintes, les Ménapiens ( les peuples de Léon, de Tréguier, de Lisieux, de Nantes, d'Avranches, du Perche, du Brabant, de la Gueldre ), et appellent des auxiliaires de la partie de la Grande» Bretagne qui regarde l'Armorique.

César envoie Q. Titurius Sabinus, avec trois légions, contre les Unelliens, les CuriosoUtes et les Lexobiens ( ceux de Quimper, de Coutances et de Lisieux ) , pour faire diversion de ce côté. Il met D. Brutus à la tête de la flotte romaine et des vaisseaux gaulois qu'il avait &it venir des côtes du Poitou, de la Saintonge et des autres provinces soumises (i), en lui ordonnant de se rendre le plus tôt possible dans la Yénétie. Lui-même y marche avec son armée de terre.

Les villes étaient généralement situées sur des promontoires; de sorte qu'on ne pouvait en approcher ni par terre, au moment où le flux s'élevait, ce qui, dans ces parages , arrive de douze en

(i) Le récit de Dion n'est pas tout-à-fait conforme, en ce point, avec celui de César. Il dit, liv.Sp, que Décimus Brutus arriva avec des vaisseaux légers venus de la mer intérieure.

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