LIVRE TROISIÈME
scrupules. Ils étaient parents au 4* degré. Deve^ nue maîtresse de sa foi par cette découverte , elle épousa en troisièmes noces, en 1199, Gui, vicomte de Thouars, qui, par sa position, ne pouvait apporter aucun poids dans la balance des intérêts politiques, ni défendre la Bretagne, ni être d'aucune utilité au jeune Artur. Ce fut encore un mari à qui if Ëillut foire une part dans l'autorité. Il y avait déjà une duchesse régnante en Bretagne; il y eut deux ducs.
La question qui, dans ce moment, se trouvait remise à la décision de la fortune , n'était pas de savoir à qui la souveraineté de la Bretagne devait appartenir, mais si Artur resterait seulement duc de cette provinée, ou s'il hériterait de toutes les possessions de sa maison.
Quoique reconnu par l'Anjou , le Maine et la Touraine , il était évident que seul il ne pouvait pas lutter contre un compétiteur qui disposait de l'Angleterre , de l'Aquitaine et de la Normandie. Tout dépendait donc de l'appui que lui prêterait Philippe-Auguste.
Ce roi, fort empressé d'entretenir la discorde dans la famille des Plantagenets , encouragea les prétentions d' Artur sur les provinces dont celuici lui offrait l'hommage, et s'avança jusqu'au Mans , où son protégé vint le recevoir. Là il reçut son serment, lui conféra, malgré son extrême
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jeunesse, le grade de chevalier, et l'emmena à sa suite à Paris (i).
La duchesse Constance, qui était présente à cette cérémonie , remettait son fils entre les mains de Philippe, soit comme otage de la fidélité de la Bretagne , soit pour le tenir éloigné des af&ires et de son beau-père. On voit que , bien qu'elle l'eût associé à la couronne , elle ne l'avait pas encore admis au partage du pouvoir. Il est vrai que Fâge idu jeune prince fournissait un prétexte à cette exclusion. Il n'avait que le titre de duc de Bre-
(i) Arturius vero, adhuc puer, cornes Britannici Uttoris, nepos régis Angliœ, cam manu valida fines Andegavensium ingressusy comitatum Andegavensium cepitetapud Cenonutnnîs régi Firancorum occurrens, hominium fiscit et omnimodam fidelitatem cum matre sud suo juramento firmavit, ( Rigo&d, Gestes de Philippe-Auguste. Recueil des Historiens de France^ t. XVII , pv 5o. )
Eodem tempore rex Francorum Arturum comitem Bnianniœ cingulo militari donavit in crastino assumptionis beaUe Marias y et idem Arturus continua fecit homagium régi Francorum de Andegaviâ, Pictavid , Turonicd, Cœnomamàf Britannia et Normannid, et rex promisit Arturo fidèle auxilium suum ad hœc omnia perquirenda. ( Chronique de Mathieu Paris. )
On voit que, selon Rigord, la duchesse Constance prêta aussi serment de fidélité à Philippe-Auguste, pour la Bretagne apparemment; mais que Mathieu Paris omet cette circonstance.