‹ Histoire de BretagneChapitre 165 sur 192 · LIVRE TROISIÈME. SgS · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. SgS

tagne. Il ne le tenait que de sa mère; mais les nouvelles provinces qu'il réclamait lui revenaient à titre d'héritage paternel.

Cependant les troupes de Jean-sans-Terre s'avançaient, du côté du nord, par la Normandie, et du midi par le Poitou, pour disputer à son neveu les provinces dont il venait de Êdre hommage au roi de France. C'étaient la Bretagne , la Normandie , le Maine , l'Anjou , laTouraine , le Poitou^ et le roi Philippe lui avait promis ses secours pour toutes ces conquêtes. Tandis que les Anglais , les Normands et les mercenaires brabançons ravageaient le pays, s'emparaient d'Angers et du Mans, démolissaient les maisons et vendaient les habitants comme esclaves (i), Philippe aidait Guillaume Des Roches, sénéchal d'Anjou et général de la petite armée bretonne , à prendre quelques châteaux sur la frontière ; mais , aussitôt qu'ils étaient rendus, il exigeait qu'ils fussent démolis,

(i) Johannes verà cornes Maretomi venit Cenomannum et casieiium et cîpàatem cepiiy et muros ctpùatis et casteUwn et domos cipùatis lapideiis subpertit et cives misit in captivitatem, eo qubdipsiy contra fideUiatem quam eifeceranty receperunt Arthurum in dominum.

Intérim résina AUenor et Marchadeus cum rutd sué

intraverunt in Andegaviam et depastaperunt eam eo qudd Arthurum receperant, (Ajonales de Roger de Houveden. Recueil des Historiens de France, t. xvii, p. Sg6 et 597. )

ce qui n'annonçait pas le projet de laisser à Artur toute l'indépendance que ses fidèles serviteurs devaient lui désirer.

Ce n'était pas qu'il ne comprît les intérêts de sa politique , et qu'il ne voulût bien sincèrement démembrer une partie des états du roi d'Angleterre; mais il était alors dans les embarras d'une afifaire qui troublait son repos, blessait ses affections et compromettait son autorité. Une répudiation faite sans l'aveu de la cour de Rome, un second mariage contracté, les foudres de l'Église grondant sur sa tête , un concile assemblé pour le juger , un interdit jeté sur le royaume, ne lui laissaient pas la Êiculté de déployer toute sa puissance. Ces circonstances le déterminèrent a conclure deux accommodements, l'un pour se rapprocher du pape, en acquérant quelques droits à sa bienveillance , l'autre pour suspendre les hostilités entre le roi d'Angleterre et lui, en renvoyant la décision de leurs différends à un moment plus favorable.

i« juin Une contestation subsistait depuis trots cent *!?^* cinquante ans entre l'évéque de Dol , qui avait de ï^ff^b* ^^^ érigé en métropolitain par l'autorité séculière, mé^^^oie ^* l'archevêque de Tours , qui prétendait exercer de Dol. s^ juridiction sur toutes les églises de Bretagne. L'intérêt du pays était de ne pas relever d'un métropolitain étranger; l'intérêt de la France était

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