‹ Histoire de BretagneChapitre 170 sur 192 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Dans ce traité il n'est pas dit un mot de Constance , qui était cependant la véritable duchesse régnant de son chef. Elle n'y intervient ni pour elle-même, ni pour son fils mineur, ni pour l'hommage à rendre au roi d'Angleterre : tant il était vrai que les deux grandes puissances disposaient de ses intérêts sans son aveu.

La mort surprit cette princesse en 1 20 1 , avant qu'elle eût atteint sa quarantième année. Il n'y avait pas encore trois ans qu'elle avait épousé Gui de Thouars , et elle en avait déjà trois filles. Aussitôt qu'il eut appris cette mort, Artur, qui se trouvait dans sa quatorzième année , se rendit à Rennes, pour y recevoir solennellement la couronne ducale.

Il était resté sous la garde du roi de Fraï^ce , parce qu'on craignait , dit un historien , une trahison de la part de Jean. Mais quelle protection attendre de Philippe , s'il est vrai , comme quelques historiens l'ont prétendu (1), qu'il y eût dans le traité un article secret par lequel toutes les provinces que le roi d'Angleterre possédait sur le continent, c'est-à-dire l'héritage des ducs de

mansit in custodid régis Francorum, ( Chronique de Mathieu Pâlis.)

(1) Voyez l'Histoire de Bretagne deDom Morice, t. 1^^ . p. 128 et 129.

laoï.

4o8 HISTOIRE DE BRETAGNE.

Normandie et de la maison d'Al^jou, devaient revenir au roi de F^r^K^, s^u cas que le roi Jeafi vint à mourir sans enËMits ?

La fortune se jouait de toutes ces combinaisons. Les passions de l'un , l'ambition de l'autre ne tardèrent pas à rallumer la discorde entre ces deux princes.

Jea^ , quoique déjà marié , enleva la femme du co^te de La Marche , pour en faire la sienne. Ge$ outrage ne fut pas ressenti seulement par l'époux offensé : il occasiona un soulèvement parmi les seigneurs. Une armée anglaise marcha contre euil^ pour leur imposer silence , et ils eurent recours au roi Philippe , pour lui demander justice de son vassal. Philippe, empressé d'accueillir ces plaintes, somma Jean de comparaître à sa cour. L'accusé dédaigna de descendre à une justification , et uneiao2. armée française entra en Norn^andie. Il n'y avait pas un an que les deux rois avaient signé la paix.

Dès-lors les intérêts d'Artur, ennemi naturel du roi d'Angleterre , devinrent plus cbers au roi de France. Il accueillit avec amitié dans son camp, devant Goufnai , le jeune duc de Bretagne , lui promit sa fille en mariage, lui donna la Normandie, le Maine, la Touraine, l'Anjou, le Poitou, dépouille qu'on se promettait d'enlever à Jean , et l'envoya , à la tête de deux cents hommes d'armes , prendre possession de ces cinq provinces. De son

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