LIVRE TROrlSlÈHE
côté, Artur. fit hommage-lige et difect au roi, pour ses nouveaux états et pour la Bretagne (i). Quanta la Normandie , voici quelle fût la formule du serment; elle indique asse^ la position respective des deux princes : « Pour ce qui regarde « ma Normandie, disait Artur, nous sommes conte venus que monseigneur le roi de France gardera « ce qui lui plaira de ce qu'il en a pris jusqu'à ce «jour, et de ce qu'il pourra prendre encore avec « l'aide de Dieu. »
Toutes ces libéralités, si on peut donner ce nom à de pareilles donations , furent bien ftinestes au jeune duc. Le roi de France n'avait mis à sa disposition, pour toutes ces conquêtes, qu'une poignée de troupes : la Bretagne fournit cinq cents chevaliers et quatre mille hommes de pied (a).
(i) Arturium mUàemfecit (on a vu plus haut que, suivant un autre auteur, Artur avait reçu précédemment le grade de chevalier ) tradens ei Britanniœ comitatum, qui jure hœreditario eum contingebat, adjiciens comitatum Pictauiensium et Andegavensium quos jure armorum sihi €icquirere€, et in auxUium ducentos ei milites tradidit, cum maximâ pecuniœ summâ, qud de causé rex Arturium perpetuo in hominem ligium accepit et y accepta à rege Hcentid, mense julio récessif, ( Rigord , Gestes de Philippe- Auguste. Recueil des Historiens de France, t. xvii , p. 54- )
Voyez aussi la Chronique de Mathieu Paris. Ibid. , t. xvii , p. 68 1.
(a) Le dénombi'ement de cette petite armée se trouve dans
4lO HISTOIRE DE BRETAGHE.
Les seigneurs de la Touraine et du Poitou lui amenèrent bien quelques hommes d'armes, mais au nombre de cent dix seulement; ce qui prouve qu'il n'avait pas un parti nombreux, ou que ces seigneurs n'étaient pas très^uissants. Dans le plan de campagne, on avait calculé sur tout ce qui avait été promis , et on comptait sur une armée de plus de trente mille hommes.
Un prince si jeiuie ne pouvait avoir aucune expérience militaire. On lui conseilla, pour première opération , d'aller attaquer la ville de SGrebeau, à six lieues de Poitiers, parce que son aïeule, Aliénor de Guienne, y résidait, et que, maître de cette princesse , il pourrait obtenir plus Êicilement du roi Jean des conditions &vorables. Dès ce premier siège, le prince goûta le plaisir de la victoire; mais <:e succès trop Êicile était un piège de là fortune. La reine Aliénor, surprise dans Mirebeau , eut le temps de se jeter dans une tour où il Êdlut l'assiéger, et les troupes d'Artur s'établirent dans la ville.
CaptâTité Jean accourait avec une diligence dont on ne le croyait pas capable. Il y avait dans son année deux hommes qu'on ne devait pas s'attendre a voir sous ses drapeaux , et dont les historiens ne
un poëme de Guillaume Le Breton sur Philippe- Auguste, liv. VI. (Recueil des Historiens de France, t. xyu, p- J^'
d'Artiir.