‹ Histoire de BretagneChapitre 174 sur 192 · LIVRE TROISIÈME. 4'7 V · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. 4'7 V

ner à prononcer contre son rival une punition

dont ii devait lui-même profiter. l

Par la. mort d'Artur, l'importante possession de la Bretagne sortait de la main des Plantage- ^

nets, si on parvenait à déshériter sa sœur Éléonore, et revenait à l'aînée des filles de Constance ^

et de Gui de Thouars. Dépouiller un prince ennemi et voir un trône voisin occupé par un enfant mineur, c'était assurément vers ce double objet que la politique du roi de France devait se diriger; aussi, trop heureux de pouvoir donner à son ambition les apparences de la justice, fut-il J--„^ prompt à convoquer les pairs et les £[rands du con^mné

r F T. JT o par la cour

royaume (i), et à faire citer le roi devant ce tri- des pairs

(i) <t Mais qui étaient ces pairs qui condamnèrent le roi d'Angleterre à mort ? demande Voltaire dans l'Essai sur les Mœurs, chap. 5o. Ce n'étaient point les ecclésiastiques, lesquels ne peuvent assister à un jugement criminel. On ne dit point qu'il y eût alors à Paris un comte de Toulouse, et jamais on ne vit aucun acte des pairs signé par ces comtes. Baudoin IX, comte de Flandres, était alors à Constantinople, où il briguait les débris de l'empire d'Orient. Le comte de Champagne était mort , et sa succession était disputée. C'était Faccusé lui-même qui était duc de Guienne et de Normandie. L'assemblée des pairs fut composée des hauts barons, relevant immédiatement de la couronne. C'est un point très-important que nos historiens auraient dû examiner, au lieu de ranger k leur gré les armées en bataille. »

Ses états du

continent

confisqués.

4l8 HISTOIRE DE BRETAGNE.

bunal. Jean, qui voyait son juge euTahir la Normandie et le Poitou, envoya demander par un évéque s'il y aurait sûreté pour le retour : oui, répondit Philippe, si le jugement le permet (i). Cette réponse ne paraissant pas garantir à l'accusé ime parÊdte sûreté, il se garda bien de comparïutre. Le pape voulut intervenir dans cette affiiire et prétendre que le roi d'Angleterre n'était pas justiciable de la cour des pairs, parce qu'il était croisé , vassal de l'Église , et qu'il avait reçu l'onc-

Cette question est fort judicieuse et la solation très-vraisemblable. Nous n'avons point le jugement que cette cour prononça y par conséquent nous ne pouvons connaître ceux qui y concoururent. En général, on assigne à cet acte une date qui paraît trop voisine de la mort d'Artur, puisqu'il n y aurait qu'un intervalle de quinze jours entre le meurtre et la condamnation du meurtrier. Ce temps n'aurait pas suffi pour la tenue des états de Bretagne , la plainte, la sommation, la demande des sûretés, le délai pour constater la non comparution , et le jugement. Au reste, cet arrêt fut le premier exemple d'un pair du royaume jugé par la cour du roi, et il constata l'autorité du suzerain sur les grands-vassaux de la couronne. Ce fut un des actes qui signalèrent les progrès de la puissance de Philippe- Auguste.

(i) Ità sa siparium suorum judicium hoc permutât (Chronique de Mathieu Paris. Recueil des Historiens de France, t. XVII, p. 7^5. )

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