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ser une communauté d'intérêts entre d'anciens héritiers de la terre et de nouveaux possesseurs , à qui le prince disait , en leur concédant un do* maine, qu'il leur conférait en même temps le droit de propriété sur tous les colons comme esclaves de la glèbe (i)? U &ut reconnaître qu'il y a, dans l'histoire de ces temps reculés, des circonstances qu'il est' impossible de concilier aujourd'hui* On ne sait pas si l'assemblée proposée par Silvius fut en effet convoquée ; mais ce conseil mérite d'être remarqué ^ parce qu'il prouve , au moins , que celui qui le donnait le jugeait conforme aux mœurs de la nation.
On ne sait presque rien sur les détails du règne ^^^H^ de Gonan. Il avait établi le siège de son gouvernement à Nantes ; ce qui prouve que son autorité, comme gouverneur de l'Armorique, ne s'étendait pas seulement sur la Bretagne , dont Nantes n'am*ait pas été le point central. Sa longue ad* ministration qui dura près de quarante ans , l'ha*- Inleté qu'il eut de se maintenir après la chute de Maxime , l'érection de la Bretagne en royaume , l'indépendance qu'il lui procura, l'éloignement des barbares , l'expulsion des Romains , la concorde qu'il sut maintenir entre des sujets de deux nations différentes , sont des résultats qui attes-
(i] Quodammodo servi terne exisHmahantur.
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tent son courage , sa capacité , sa sagesse : aussi la reconnaissance des Bretons en rendit -elle témoignage, en lui conférant le surnom de Mériadec, qu'ils traduisent par grand roi.
Ce prince , qui paraît avoir eu deux femmes , laissa une nombreuse postérité. Quinze de ses fils , et peut-être même dix-sept , furent évêques en Irlande, où l'apostolat de saint Patrice, leur oncle maternel , les avait probablement attirés (i). Ses autres enfants , on en compte jusqu'à vingt-quatre, devaient être morts avant leur père, car il eut pour successeur, en I^t^i (2), Salomon son petit-fils.
4ai- Salomon (3), fils d'Urbien et petit-fils du fon-
saiomon !«', dateur de la monarchie armoricaine , prit pour des Bretons, femme la fille d'un Patrice romain nommé Flavius , lequel parvint au consulat. Si cette alliance fiit formée après que la Bretagne se fiit séparée de l'empire , elle prouverait que le traité fait par Conan les avait réconciliés. Salomon lui-même, renouvela avec l'empereur Valentinien ce pacte de bonne intelligence.
(i) Gallet, Mémoires sur l'origine des Bretons, chap. i, S. a3.
(2) Ib. chap. I , §. ao et 21.
(3) Autres noms de Salomon : Witol, Guitol, Quicquel, Vitric, Victric.
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Il fut tué, après un règne de treize années, dans une sédition dont on ne sait pas le sujet. Ce prince n'est cité dans l'histoire que pour un trait , qui aurait dû le mettre à l'abri d'un pareil sort. Il avait aboli la coutume de faire vendre à Tencan , au profit du fisc , les enfants des contribuables qui n'étaient pas en état d'acquitter les impôts. Si on en croit les légendes , les peuples furent redevables de ce bienfait à saint Mathieu. Le corps de cet évangéliste , enlevé en Egypte , était arrivé jusqu'à la vue des côtes de Bretagne : quand on voulut le débarquer, il fut impossible de le tirer du vaisseau ; tous les efforts fiirent inutiles , et on finit par soupçonner que le saint ne voulait pas être déposé sur une terre souillée par un usage si barbare. Quoi qu'il en soit, cet usage Eût connaître combien l'administration des Romains était oppressive. Il paraît aussi que les Bretons faisaient, dans ce temps-là, le commerce des esclaves ; on vendait ces en&nts des débiteurs du fisc à des étrangers passant la mer : ce sont les expressions de l'historien Le Baud (i).
Salomon laissa la couronne en 434 à Gral- ^* Ion, son fils aîné selon les uns (a), mais qui ^'*ai\o°»
roi des Bretons.
(i) Histoire de Bretagne, chap. 5.
[i) Grandes Chroniques de Bretagne, par Alain Bouchard, et XArt de vérifier les dates, t. a , p. 891.
piiTRit phHèt n'avoir été qu'un usurpateur (i). P'aprè» le récit de ceux qiai adoptent e^tte derm^e opinioiii^ Gralloa (a) Skvsàt épousé une Wlenseeiar de Conan ^ et €d>t6nu un établissement considérable dans le pays de Léon. Salomon , dont il était Vonele^ l'aYait revêtu du titre de comte de Comonailles^ Il est possible épate ce commandemesit , ce titre , ces alliancea, eusse»! excité son ambition. On ajoute que, par une politique assez ordinaire aux princes qni sépa-
■ I »■ Il I I I - ' ' »» I 1 L J I I I I 'Il I » li 1 II I I I I ^»^ii^i«««WK— ^— ^.^
(i) Bertrittd d'AvgeDtré, Gallet, chafK a, J. 19, a&, et D. Morice» t. i, p. 10.
(a) Voici les monuments de Texistence de Grallon , à qui on donne aussi les noms de Galon, Galuron, Gotis. Un évêque de Quimper, en reconnaissance de ce que Grallon avait doté Tévêché de cette ville, avait fait ériger, en 1424, uDe statue é^estre de ce prince snv k portail dé la cathédrale. On y lisait les vers suivants :
Ckimrae aa p«pe doBi» Femperaïur Constontin, La terre ainsi livra, c^est à saint Corentiny Grallon, roi très-chrétien des Bretons armoriques. - Pour élemeHe mémoire sa statue à cheval Fut cy-dèssw assise au hani de «e portail.
Sculptée en pierre bise, et neuve, et dure, Pour durer à jamais , si le portail tant dure.
Cette statue a été brisée dans les premières' années de la révolution.
On attribue à Grallon la fbndatM»» des abbayes de Saint- Jagu et de LandeMa^ec. C'est dans cette deimièiie qu'ii^ choisit sa sépulture. Le dominicaiir Albert, qu^'on a surnommé le