LIVRE PREMIER. Jl
AudreoL (i)> successeur de Gfallon , sut se main- ^^' tenir en paix avec Fempire. Il le devait, puisque ^"^f"' les Romains avaient embnuisé sa cause , et il eut ^^ ^'^^'^• lieu de s'en féliciter, lorsqu'il vit arriter de la Grandes-Bretagne une nuée de fogitife qui lui de-^ mandaient un asUe (a) , et une députatbu qui itti-* plorait son secours.
bulense, parce que les biographes de saint Guinolet n en ont point parlé; mais, débarrassée de tous les contes que la superstition n'a pas mampié d'y ajouter, elle n'a rien d'invrai-* semblable.
Pierre Le Baud, qui n est pas un critique si difficile, prétend que c'est cette ville qui a donné son nom à celle de Paris. « Jaçoit ce que les Imtoriens galliques aient dict le nom de la cité de Paris avoir esté imposé en mémoire de Paris, fils du roy Priam de Troye, ou de la déesse Isis, qui anciennement y fut honorée, les Corisopil^enses se vantebt le dict nom de Paris luy avoir esté attribué comme pareille à Ys. »
( Hù foire de Bretagne , chap.' i*"". )
(i) La ville de Chàtel-Audren rappelle le nom de ce prince; aussi lui en attribue-t-on la fondation. Le P. Toussaint de Saint^Luc, dans se» Recherches sur le règne de Conan, dit que, lorsqu'on démolit le château de ccrtte ville en i4ao, on y tjpottva le bust« d'Audren et plusieurs inscriptions qui attes^ taient qu'il avait fait bâtir ce château.
(a) Éginhard, dans ses Annales, parle dune émigration des Bretons insulaires dont il n'indique pas la date, et que quelques critiques ont cru pouvoir rapporter au milieu du S^ siècle. « Càmque ab Anglis et Saxonibus Britannia insula fuisset invasa y major pars incolarum ejus, mare trajiciens ,
72 HTSTOTRE DE BRETAGNE.
ncavvie Les Gaules étaient alors occupées par quatre peuples étrangers: les Francs au nord, les Yisigoths au midi , les Bourguignons à Test, et les Alains sur la Loire. C'étaient les Alains qui venaient d'opérer une descente sur les cotes méridionales de la Grande-Bretagne. Pour se Êûre une idée de la désolation qu'ils y avaient répandue , il suffit de lire le portrait qu'un ancien historien £ait des habitants de ce pays, a Les Bretons de l'ile , absolument
in uMmis GaUiœfinibus Venetorum et CuriosoUtorum regionés occupavit. » Il semble, au premier coup d'oeil, que cette émigration doive être postérieure à la date qu'on a voulo lui assigner, d'abord parce que les Angles et les Saxons ne firent leurs descentes dans la Grande-Bretagne que plus tard, en second lieu parce que c'est sous la rubrique de l'année 786 qu'Éginhard parle de cet événement, et qu'il n'eut pas été naturel qu'il entremêlât dans le récit de l'histoire du 8^ siècle iin fait qui se serait passé dans le 5^. Mais l'abbé Gallet a prouvé ( note 25 sur l'Histoire de Bretagne de Dom Morice, t. i, p. paS ) qulci Éginhard rappelle les anciennes invasions des barbares dans l'île, et une ancienne émigration des insulaires sur le continent; et quand celle-ci devrait être placée plus tôt on plus tard, cela n'empêcherait pas qu'il n'y eût eu en 4479 c'est-à-dire pendant qu'Audren r^;nait en Bretagne, une invasion de barbares dans 111e et une émigration d'insulaires. « CCCCXLFIL AngUad majorem Britanniam vénérant et Britones indè ejecerunt. » ( Chronicon brùannicum ex coUectione TJeteri ms. ecclesiœ Nannetensis. ) Celte chronique est rapportée dans l'Histoire de Bretagne de Dom Lobineau» t. a, p. 3o.