LIVRE PREMIER. qS
tenu dans la Grande-Bretagne en 5i6, qui, en parlant de ce prince, le qualifiait de roi. Cette autorité serait encore plus imposante que celle de Grégoire de Tours ; mais comme les actes de ce concile ne sont pas généralement reconnus pour authentiques, on peut n en faire aucun usage et renvoyer aux chroniques , qui toutes constatent que Hoel V^ ou Bioval jouissait du titre de roi (i).
Il en fut de même de son septième fils Canao, qui itiontasur le trône en 547, au mépris des droits du fils de son frère aîné (2). Pour ce Ganao, ce ne sont pas seulement les histoires qui déposent de sa qualité de roi, ce sont les monuments qui viennent confirmer ce
(i) Mémoires de Gallet, chap. 4, §. 19, où il examine expressément si Hoel fut véritablement roi. Il se décide pour l'affirmative, et il cite pour ses garants la Chronique des rois bretons armoricains, le Catalogue des comtes deComouaille, et les Actes de saint Mélaine.
(2) Chramnus quoque ciun epadere non posset patri Britannos petivit, ubi cum Britannorum rege Cunoberto ipse et uxorej'us etfiliieorum latuerunt,[Gesta Francorum, Bpitome, cap. 28. )
Chramnus cum Conobro rege victus et captus cum uxore et fiiabus vhus in œdibus, ( Chronica Marcelli comitisy citée par Vignier, État de la petite Bretagne, p. lao)
Chramnus ad Conabum Britonum principem ^ alias regem Britonum, confugit : occurrit autem ei Chramnus cum Conabo Britonum rege barbarorum agmen ductante, ( Aivoin, de Gestis FYancorum y lib. a, capiraQ. )
. Cunobert, Conobre, Conabus, sont le même nom que Canao.
q/S . HISTOIRE DE BRETAGNE.
témoignage. On a vu long*temps dans labbaye dé Saint- Germain-des-Prés à Paris, sur le tombeau de Childebert I^, une épitaphe où on vantait ce roi de France d'avoir été la terreur du roi des Bretons; et en effet il avait fait long-temps la guerre à Ganao (i).
Le prince dont Ganao avait usurpé les droits ayant été remis en possession de son héritage vers l'an Syy, gouverna son royaume avec sagesse par les conseils de saint Samson : ce sont les expressions de la Chronique des rois bretons. Uoel III, qui succéda à Alain F** en 594 9 prit aussi le nom de Rioval, c'est-à-dire de roi Hoel. «Il est certain, dit Gallet (2), qu'il a porté ce titre. »
Nous avons parcouru tout l'intervalle qu'il y a entre la mort du roi Qovis et celle de l'historien Grégoire de Tours , et nous avons vu dans ces quatre-vingt-un ans quatre princes en possession du titre de roi. Gomment supposer qu'un écrivain qui habitait une province voisine; que Varchevêque de Tours, que le métropolitain de la Bretagne ait pu ignorer que de son temps ce
(i) Francorum ductor prœclarus in agnûne ductor, Cujus et jiUobroges metuerunt sohere leges, Dticus et Arvernus , Britonum rex, Gothus, Iberus,
Il est vrai qu'il y a des critiques qui prétendent qu'il faut lire Britonum gens.
Cette inscription est rapportée dans la Dissertation de Dom Ruinard sur Tabbaye de Saint-Germain-des-Prés.
( Recueil des Historiens de France, t. 2, p. 72$. )
(a) Chap. 5, §. 24. Voyez aussi V Art de vérifier les dates , t. 2, p. 89a.