‹ Histoire de BretagneChapitre 47 sur 192 · LIVRE PREMIBK. IO · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIBK. IO

€6 peu]^ a été soumis i or, c est œ q«ie GtégcAve de lbui9 ne dit point ; on feuUlederadt toutes' les chro* in^es qui ont été édites depuis la mort de Giotfisjus* qu'à celle de Henri IV, e'est'-à^dire pendant onie $iàdes, sans y trouTçr le moindre mot qui autorisât à dire que Clovis ataît, souinis les Bretons. Ceux qui ont ¥o«hi établir ce système ont été Fruits à des sup» positions que nous allons examiner à leur tour.

L'opposition qu'éprouva Henri IV pour se mertre Examen en possession de la ]^^etag[ne, fut l'origine d» cette ^^ ^^^"^^^ controverse qui se renouvela dans les premières années ^^^^^ du 18^ siècle à Vooeasion de quel^ques mouvements ce»

.* * prétentions.

qm eurent heu dans cette provuiee. Parmi les auteurs qui ont écrit en faveur des prétentioiis de la France, je choisis ceux dont rautorité a le plus de poids ; ee sent Nicolas Vignif^r, historiographe de France sous« Henri- IV, l'abbé de Vertot, le» auteurs de l'Art de vérifier les dates , et l'aMoé VeQy. On pense bien qulfe a ont pas. négligé les argummits qui peuvent appartenir à d'autres défenseurs de la mé«ie cause. Mais j a* rcrûs qu'il um s'agit poÎDkt iei de discuter si la France, an 1^^ siède, avait àes droits sur la Bretagne^ nous traiterona cette question en temps et lieu. Il ne fitut pas oublier queiious ne sommes encore qu'au 6^ sièdè, et qu'ici il s'agit seulement d'estaminer si les droits* de la France remontaient jusqu'à Clovis.

Vignier établit cette proposition , que la Bretagne a Ninoias été a«si]^tti« défiaitiyement à la France soiis. CSovis. ^'^'"'''^ Voici les preuves qu'il en donne : « Il n'est pas vrai-

scoifaUUey sdoD fan (i), qoc ce prince, apiès anmir Taincn le fionain Sîagrins , ^ dilaté Tctendae de son poyannie jnsqaala LoBCyTOÔe josqna la mer Ooéane, se scît retenu, n'oont joindre le pays des Bietons à ses conquêtes : qa on primée qui y poor s*agrandir , xnât à mal tnûlé ses parais , lesquels favaient fidèlement servi , ait bridé sa cupidilé et amhitiim àl'^sdroit des Bretons seulonent. *

Aussi ne conteste-C«on pas que Cloris n'ait pu a^oir l'ambition de joindre la Bretagne à ses antres conquêtes. Personne ne s ariscia de penser qu'il ait été retenu par des scrupules. Mais lautenr argumente en forme , et TiAâ comme il procède.

Si luette conquête a tenté fambition de Cloris^ ila dû l'entreprendre^ à moins qu'il ne Fait pas osé; s'il l'a osé, s'il la entreprise , il a dû y réussir. Noos Tenons devoir que ce n'était pas l'ambition qui lut manquait; il n'a pas non plus manqué d^audace, car il avait bien osé assaillir Sagrins ; donc il a attaqué les Bretons, et il n'a pu manquer de les assujettir, car il avait bien soumis les Thuringiens , les Allemands, les Bavarois , les rois des Bourguignons et des Yis^iotfas ; donc les Bretons ont du devenir aussi sujets de ce prince , encore qu^U ne se trouve expressimeni, escnt qùil ait oncques eu affaire a eux.

Ce silence de tous les écrivains sur le fiât de la con-

(i) Traité de Tancien état de la petite Bretagne, et dn droit de la coaroime de France sur icelle , p. 93.

LITRE PR£MIEB. lOQ

quête est assez embarrassant; Yignier ^explique en supposant que la soumission des Bretons ayant été volontaire, l'histoire n'aura pas daigné en fadre mention; comme si cette soumission n'eût pas été ellemême un fidt important;

Mais il reste à prouver cette soumission volontaire. L'auteur n'y voit rien que de vraisemblable , parce que les Bretons attachés au catholicisme auront préféré le joug de Glovis , qui professait la même religion , à celui des Visigoths qui étaient ariens.

D'abord il est. fort douteux, comme nous l'avons indiqué, qu'à cette époque tous les Bretons fussent catholiques, et même chrétiens ; en second lieu, Qovis lui-même était bien nouvellement converti, puisqu'il n'avait reçu le baptême qu'en 496 > ^le christianisme de ce prince était peu propre à faire des prosélytes. Enfin, 6à l'auteur a-t-il pris que les Bretons ne pouvaient échapper au joug des Visigoths qu'en se rangeant sous le sceptre de Glovis ? Les Visigoths mena^ çaient-ils la Bretagne? Nous venons d'apprendre de Vignier lui-même, .que Glovis les avait déjà. rangés sous seis lois.

Cette supposition de la soumission .volontaire des Bretons est fort commode pour expliquer un autre fait qui se conciUe difficilement avec la domination de Glovis , je veux parler de l'existence des rois de Bretagne ; car il est constant que , long-temps après Glovis , ce pays conserva ses princes , ses usages et ses lois. « Cela supposé y dit Vignier ( c'est-à-dire la soumission volontaire), je croy que Glovis, en considération de

ce que lôs Bretons s'estoient sans contmnte rendus à lui , les labas bû gouverner toujours selon Testât au* quel il les trouva, ne changeant rien de leufs an^^ ciennes lois et police, sauf qu'il fit prendre le nom de comtes, au lieu du royal, aux princes et seigneilrB qui leur oommandoîent. »

On voit que Thistoriographe ti^aduit cette dernière phrase de Grégoire de Tours; mais ici se reproduite l'objection ^ fournie par toutes les pages de Thistoine ^ que les souverains de la Bretagne ont conéervé 1» titré de rois pendant tout le règne de Clovis , et plusieurs iièdes aprèâ.

Ainsi Vignier commence par avouer que l'histoire ne dit nulle part que Ciotis ait eu des démêlés aVcC les Bretons ; à défaut de témoignage^ , il argumente pour établir que œ prince a dû convoiter leur pays , l'attaquer et le soumettre; puis il abandonne cette supposition pour lui en substituer une autre encore moins vraisemblable, celle de la soumission volontaire.

L'abbé L'abbé de Vertot, tout ingénieux qu'il est» Aé

de Vertot. . . • , . . . .

. trouve pas de meilleures raisons. « L'histoire ^ dit«il (i), ne nous a point conservé la mémoire de la manière dont cette province fut soumise à la monarôhie. Il y a bien dé lapparenùe que les Bretons suivirent la destinée générale de toutes les Gaules , et qu'ils se soumirent volontairement aux vainqueurs des Romaîna^ ou qu'ils furent subjugués par l'effort de leurs armes*»

[i] Traité histoi*ique de lâ mouvance de la Bretagne.

LJYRB PREMIBR. IfE

Cette dernière phrase est précisément celle de Vigttier. Ce début est modeste « circonspect; maïs dans un ovt* vnge postérieur (i) , récnYain montre plus de eoii« fiance. «Cloyis, disent les plus anciens historiens ( c'est Yertot qui parle ) , étendit sa domination depuis le Rhin jusqu'à la Loire. Il ne paraît point que la con-' quête de rArmorique lui ait coûté ni sièges ni batailles. Les Armoricains y abandonnés des Romains, incapa-» blés de se défendre eux-»mèmes , et plutôt sans maw très qu'en liberté, se soumirent volontairement au roi des Français , ou furent subjugués par Teffort de ses armes* »

Ici ce n'est plus une conjecture que Yertot nous propose , c'est un fait qu'il affirme ; mais qu'affirmet-il? Il nous propose deux solutions du problème ^ il nous en laisse le choix; il n'est donc certain ni de Tune ni de l'autre. La seule chose qui lui paraisse constante , c'est que les Bretons , plutôt sans maîtres qu'en liberté, étaient hors d'état de se défendre. Que veut dire cette phrase ? Qu'ils n'étaient ni sujets ni libres? qu'il y avait anarchie dans leur république? Mais depuis cent ans, c'est-à-dire, depuis que Conan était devenu leur rfti, ils avaient été gouvernés par une succession de princes , qui tous , à l'exception d'un usurpateur, appartenaient à la même famille. Ils n'étaient donc pas sans rois, ni peut-être sans liberté (2). ■ I.. ■■ ■ I ■ ■■■ — ^— , 1 1

(i) Histoire critique de rétablisacmait des Bretons dans les Gaules. .

(1) L'abbé de Yertot fait ici, comme tant d'antres, une

■ est ^poje

les faailfeares«

Is

Altîb, 4S0.

les AlÙBS

contre les Tisî«odks« Bodîc , de 490 à S09 :

contre les Alaîns.

contre les Barinres qw contre les FVancs.

lesFkeQns.

itius.

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