LIVRE PREMIER. Il
ils Tenaient d avoir affaire à des tribus de Francs et de Frisons. Les premiers avaient été repoussés ; les seconds , <{ui s'étaient établis sur la frontière , venaient (l'en être expulsés au bout de quatre ans.
On voit que ce peuple savait défendre son pays.
Les historiens disent que les Francs étendirent leur domination jusqu'à la Loire. C'est une raison pour croire que si ces conquérants eussent pénétré jusque dans la Bretagne , ces historiens n'auraient pas manqué d'en bire mention. De ce que Clovis avait poussé ses conquêtes depuis le Rhin jusqu'à la Loire , il ne s'ensuivrait nullement qu'il fallût y comprendre la Bretagne, car on ne nomme que les villes d'Orléans et d'Angers , et cette province ne se trouve comprise en dedans d'aucune ligne que l'on puisse tirer de l'un de ces fleuves à l'autre.
L'abbé de Yertot ne cite pas plus d'autorités que son prédécesseur. Gomme lui, il est réduit à des suppositions; seulement il en ajoute une, celle de l'impossibilité de la résistance. C'est sur cette faiblesse des Bretons que tout le système de Tauteur repose. Mais s'ils repoussèrent les Francs pendant sept ans, s'ils parvinrent à chasser les Frisons^ comment admettre qu'immédiatement après on les subjugua sans coup férir ou que leur soumission fut spontanée ?
Les savants auteurs de l'Art de vérifier les dates L'Art confirment ce que je viens de dire , car ils racontent tes dates. qu'en 497 9 ^P^^ ^^P^ ^^^ ^^ guerre, les Francs, lassés de la résistance opiniâtre des Bretons , traitèrent avec eux et les admirent dans leur alliance ; ils ajoutent qu'on 1. 8
Il4 HISTOIAE DE BRCTAONE.
croitque Clovisse défitdeBodic, leur zoî,]^]eiiieiutre, comnie il s'était défait de tantd autres priuces^iia easaite il excita les Frisons à se jeter sur ce royauiiie, dont ils s'emparèrent, et qu'à la faveur de cette invasion, il établit des lieutenants dans le pays, y fit battre monnaie et se fit reconnaître pour souverain.
On ne peut pas analyser phis exactement ce q/ul a été écrit sur ces événements, et il faut reiiiarqpier que ces grares bistoriens ne les rapportent ^'avec une formule dubitative. Ds s'expriment d'une manière pins positive dans ce qm suit. CSe fut alors, disent-âs, que la Bretagne devint une province de France. Cette province , après la mort de Qovis , tomba dans le partage de Childebert, son fils aîné, roi de Paris. La royauté y fut éteinte , et ce pays n*eut plus désormais que des comtes. Les rois de France y exercèrent Fautoril» suprême , témoin Childebert , qui érigea un nouvelÀrêché en Bretagne dans la viUe de Léon.
Quelque respect que méritent les auteurs que je viens de enter, il est permis de faire observer que dans un travail aussi immense qu'une bistoire universelle , il leur était impossible de vérifier tous les détails avec le même soin. Us rapportent souvent l'opinion de leurs devanciers ; leur profonde érudition , leur sagacité n'ont laissé échapper que peu d'erreurs; mais enfin il y ^i a dans leur ouvrage, et nous allons examiner si le passage que nous discutons n'en coAtient pas.
Selon eux, les Francs, après une guerre de sept ans, qui se termina en497, lassés de la résistance des Bretons renoncèrentàles soumettre ets'allièrent avec eux. Cette