‹ Histoire de BretagneChapitre 49 sur 192 · LIVRE PREMIER. Il · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. Il

guerre avait donc duré de 490 ou 491 ^ 497* ^i^ 49^ 9 Clovis, roi de Tournai, était occupé à fiiire la guerre aux Tongriens. « Il n'était encore alors que le chef d une petite bande armée, qui dominait dans un très -petit pays (i). » En 496 , à la fin de décembre , il était occupé à se faire baptiser à Reims. Ainsi les Francs que les Bretons avaient eu à combattre n'étaient point de la tribu dedlovis; et quand Clovis aurait été à leur tête, OD ne pourrait pas dire que cette guerre lui soumit la Bretagne, puisque les Francs y furent repoussés.

On croit, ajoute-t-on, que Glovis se défit, par un meurtre, du roi des Bretons. Clovis, assurément, était bien capable de ce crime ; mais on n*est pas en droit de le lui imputer sur un simple soupçon ; et quand il serait vrai qu'il eût fait empoisonner ou assassiner le roi Budic , serait-ce d'un assassinat que l'on voudrait faire dériver les droits de la France sur la Bretagne.^

On croit qu'il excita les Frisons à se jeter sur ce royaume, dont ils s'emparèrent. Que les Frisons aient attaqué la Bretagne, cela n'est pas douteux; qu'ils l'aient conquise et soumise , cela n'est écrit nulle part ; qu'ils en aient occupé la frontière, voilà ce qui est vrai; qu'ils en aient été chassés au bout de quatre ans d'occupation, voilà ce qui est certain.

Observons que dans le récit que j'examine, les feits

ne s'enchaînent pas très - naturellement. Les Bretons

résistent pendant sept ans aux armes des Francs, et ils

supportent l'outrage que Clovis fait à leur nation , en

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(i) Histoire des Français, par M. Simonde Sismondi, ch.4-

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faisant assassiner leur roi, et ils demeurent les alUés de Clovis après cet attentat. Ils avaient su repousser les Francs , et ils se laissent subjuguer par les Frisons; Les Frisons font la conquête, et c'est Qovis qui en profite; Tout cela , il faut l'avouer, paraît peu vraisemblable : mais du moins dans cette version on ne nous dit pas ,' ce qui serait plus incroyable encore , que la soumission des Bretons fiit volontaire, que ces peuples fiers et belliqueux allèrent d'eux-mêmes se ranger sous le joug d'un étranger, venu de la Germanie, à peine baptisé , et connu pour l'auteur de vingt assassinats ( i). L'attaque de la Bretagne par les Frisons est un fait

(i) Dom Bouquet, dans la préface du a® volume de la collection des historiens de France, après avoir raconté les conquêtes de Clovis dans la Gaule, depuis le Rhin jusqu'à la Loire et à la Garonne, sans dire un mot de la Bretagne, qui, en effet, ne se trouvait pas sur la route du conquérant, ajoute : « Par ce moyen , les Francs lurent maîtres dé toute la Gaule , à la réserve de la Septimanie , qui reste aux Visigoths jusqu'au 8® siècle. Il faut encore en excepter la Bretagne qui, quoique soumise aux Francs, avait ses comtes particuliers. » Mais il ne dit pas conunent elle avait été soumise aux Francs ; et il est évident qu'ici il fait allusion au passage de Grégoire de Tours, sans pouvoir se l'expliquer mieux que nous. Aussi, lorsqu'il en vient à indiquer le partage de la France entre les enfants de Clovis , se contente-t-il de dire , sur la foi du P. Pagi , que Childebert eut dans son lot, Meaux, Paris, Senlis, Beauvais et tout ce qui s'étendait vers rOcéan, la a® Lyonnaise en entier. Rennes, Nantes, ■Vannes j la Bretagne et quelques villes dé l'Aquitaine.

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