LIVR£ PREMIER
il dut perdre ce royaunie ioFsqu'ib tn forent ehassés , et ce d^mieir fût est incontestable. Mais alors comment Ootbam, son fils, fot^il le premier à féliciter le roi des Bretons de s*étte mis en possession de Fhërftage de ses pères ? Ici les faâts avérés ne peirrent se conctfier arec les conjectures.
Je ne puis ni admettre ni discuter lassertion rektire aux monnaies que Gloyis fit frapper dans son nouveait royaume. Je ne do\ite pas que les savants auteurs chez qui je la trouve n'eussent leurs garants; mais comme ils ne les indiquent pas, il m'est impossible d'examiner de quel poids peuvent être ces autorités; et enfin, si 0» admet que les Frisons occupèrent pendant quatre ans quelques villes de ce pays , la fabrication de quel» ques monnaies au nom de ce prince ne prouverait que sa domination momentanée (i).
Mais ce qui arriva en 5i3, c'est-à-dire l'expulsion des Frisons, ne permet pas d'ajouter que ce fot alors que la Bretagne devint province de la France et que h royauté y fut éteinte. Nous avons prouvé que cette province fit pendant plusieurs siècles la guerre à la France, et qu'elle eut une suite de rois reconnus en cette qualité par les papes, par les conciles, et par les rois de France eux-mêmes.
n me reste à examiner la version de Velly. A la ma- L'abbé nière dont il raconte ces événements , on dirait qu'il ^®^*^'
(i) On voit, par une note de l'Histoire de Bretagne de Dom Morice, qu'une de ces pièces de monnaie existait dans le cabinet de M. de Robien.
laO HI2STOIRE DE BRETAGNE.
en a été témoin oculaire. Selon lui, «Clovis, occupé de la réduction des villes armoriques , tenta d'abord de les soumettre par les armes. Cette voie ne lui ayant pas réussi , il eut récours à la négociation. Elle fut si heureuse, que les Bretons consentirent à lui remettre toutes leurs places. » Voilà qui est en effet bien vraisemblable, que des peuples qu'on n'avait pu subjuguer se remissent sous la domination de ceux qu'ils avaient repoussés. L'historiographe, qui apparemment écrivait ceci de mémoire, a évidemment confondu les faits. Veut -il parler de la guerre que les Bretons eurent à soutenir contre les Francs de 490 ^ 497 ' ^^ V^^ ^^ terminée par un traité? Clovis ne se mêla ni de cette guerre ni de la négociation , il était alors dans la Germanie. Et par le traité qui rétablit la paix, les Bretons ne Uvrèrent point leurs places aux Francs , qu'ils avaient battus. Entend-il parler de l'invasion des Frisons.^ Mais alors il ne devait pas dire que la voie des armes n'avait pas réussi à Glovis , puisqu'une partie de la Bretagne fut occupée. Il ne devait pas dire qu'on eut recours à la négociation, puisque l'histoire n'en. fait mention nulle part.
«On fit, poursuit-il, un traité, où il fut stipulé que les Bretons n'auraient plus de rois, mais des comtes bu des ducs , qui relèveraient du monarque français. » Avec qui fit-on ce traité ? Avec les rois apparemment, puisque ces peuples en avaient. Mais comment croire que, sans y être contraints, ces rois outragés renoncèrent à leur titre, et ces peuples victorieux à leur indépendance ?