‹ Histoire de BretagneChapitre 52 sur 192 · LIVRE PREIEIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREIEIER

Les historiens français se plaisent à nous montrer Ceqne tous les trônes tombant à la seule approche de Gloyis. je, «nn^s L'imagination se représente ce conquérant s'avançant ^® cions. dans les Gaules à la tête de toute la population germani(jue: L'histoire étudiée "plus attentivement , nous donne une autre idée de la puissance de ce roi barbare.

Depuis un siècle, il est vrai, FEurope méridionale setait vue envahie par des populations entières. Des multitudes de Cimbres , de Gattes, de Quades , de Marcomans , avaient inondé l'Italie , amenant à leur suite leurs familles et leurs bestiaux, et demandant le partage de la terre et la jouissance d'un beau ciel. Âlaric à la tète des Goths, Attila roi des Huns, Odoacre roi des Hérules , Théodoric roi des Ostrogoths , couvraient le monde romain de leurs armées. Les Francs avaient &it de la Gaule un théâtre de dévastations, en même' temps que les Bourguignons , les Yisigoths et les Âlains ; mais on confondait, sous un même nom, des peuples qui n'avaieiit entre eux aucun rapport ; l'ignorance et la terreur grossissaient ces masses de barbares. Cependant le désordre, le changement de climat, devaient les diminuer, et les partages continuels de l'héritage des chefs avaient réduit leur puissance au commandement de quelques bandes armées. Telle était la condition du Sicainbre Clovis. «Â son avènement à la couronne, et même seize ans après ( c'est-à-dire en 497 ) ' ^^ ^'^'' vait encore sous ses ordres que quatre ou cinq mille combattants qui fussent Francs de nation. La tribu des Saliens , sur laquelle il régnait , ne comprenait en-

taa HISTOIKE DE BRETAGHE.

cote, en 496, que ce nombre d'hommes capables de porter les amm (i). > Grossie des vaiUcos qu'il y incorporat, 9on armée ne s'éleva jamais i plus de quinze mille hommes (a). Elle devait nécessairement rester réunie ; et en traversant le Rhin , la Seine , la L<Mre , k Garonne , elle ne pouvait envoyer à de grandes distances des détachements considérables pour soumettre réellement à la domination du conquérant ime grande province qui n'était pas sur son passage. Ausa ne nous dit-on point que Glovis se soit présenté sur les frontières de la Bretagne , ni même qu'il j ait envoyé une partie àe son armée. C'est par un peuple allié , par l«s Frisons, qu'il fait exécuter cette conquête, et Ton veut qu'il l'ait conservée après l'expulsion de ses aînés.

Les faits postérieurs s'offrent en' foule pour démentir l'asservisBement de la Bretagne; deux seulement ont été cités comme fournissant une preuve indirecte de raut<»ité des rois de France sur ce pays.

^' ^ ^ Clovis , qui voyait les miracles se multiplier en sa

■f™*»*'!''" feveur, convoqua, en 5ii , à Orléans, un concile des

premier Gaules, doot l'objet était de proclamer les immunités

d'Orléans i^t l'inaliénabilité des biens ecclésiastiques.

.kimîiatiou Parmi trente évêqnes , on y compta ceux de Nantes,

de CioTit. jg Rennes et de Vannes ; et comme dans leur adresse :iu roi ces pèreS disent qu'ils se sont assemblés pour

(1) Histoire critique de ia Monarchie française, par Tabbé Uubos, t. a, p. 3oi.

(a) Histoire des Français, par M. Simonde Sismondi , ch. 5.

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